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La succession des théories scientifiques contredit-elle l'idée d'un ordre permanent de la nature ?

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Sujet : La succession des théories scientifiques contredit-elle l'idée d'un ordre permanent de la nature ?

Aperçu du corrigé : La succession des théories scientifiques contredit-elle l'idée d'un ordre permanent de la nature ?



Publié le : 19/1/2004 -Format: Document en format FLASH protégé

La succession des théories scientifiques contredit-elle l'idée d'un ordre permanent de la nature ?
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La succession des théories scientifiques contredit-elle l'idée d'un ordre permanent de la nature ?



  • théorie : Du grec theôria qui signifie procession, spectacle, action d'observer ce spectacle, spéculation. 1- Comme distincte de la pratique : conception rationnelle d'un certain état de faits, d'une activité ou d'une conduite, prenant en considération leur nature essentielle ou leur conformité à un idéal. La théorie pure n'est pas chargée de prendre en compte les applications d'un savoir ou d'un principe, mais elle peut donner naissance à des théories plus spécialement attachées à ces applications et qui trouvent en elle leurs fondements. Il est en général plus pertinent de considérer l'articulation de la théorie et de la pratique que leur coupure. - Spinoza, Traité politique, ch. 1, § 1 à 4. - Leibniz, Nouveaux Essais sur l'entendement humain, livre 4, ch. 6, § 9. - Kant, Théorie et pratique. 2- Du point de vue logique : système hypothético-déductif dans lequel théorèmes et conséquences sont dérivés de prémisses (axiomes, postulats, définitions, hypothèses) d'après des règles strictes et explicites. 3- Comme distincte de l'expérience : construction rationnelle et synthétique permettant de déduire d'un certain nombre de principes des lois qui expriment les propriétés des objets étudiés, ainsi que les relations des phénomènes à leurs causes ou conditions. Système formel pourvu d'une interprétation empirique, et non simple décalque de l'expérience, la théorie d'un ensemble délimité de phénomènes vise à la coordination des lois qui leur sont applicables. Différente d'une doctrine, elle est construite pour être systématiquement mise à l'épreuve, corrigée, complétée. Distincte d'un agrégat d'opinions, elle résulte d'une élaboration méthodique effectuée selon des règles explicites et, dans les sciences exactes, sur la base d'une formalisation mathématique. Sa fécondité est évaluée d'après sa capacité prévisionnelle et explicative. - Bernard, Introduction à l'étude de la médecine expérimentale, 1er partie, ch. 1 / 3e partie, ch. 1, 2e section. - Canguilhem, Leçon sur la méthode. 4- Par appauvrissement : spéculation plus ou moins éloignée des faits.
  • scientifique : Sens 1: Qui concerne la science. Qui est conforme aux procédés de recherche et d'observation des sciences. Sens 2: Personne spécialisée dans une ou plusieurs sciences.
  • idée : Parfois synonyme de représentation mentale, parfois de concept (idée générale et abstraite); dans le platonisme, et avec un I majuscule, les Idées sont les modèles des choses, existant en soi, que l'âme contemplait avant son incarnation. Nous fabriquons les concepts, nous contemplons les Idées.
  • ordre : L'ordre naturel repose sur des lois que la raison est capable de découvrir. L'ordre social repose sur des décrets qui, idéalement, devraient être des décrets de la raison et qui, de fait, dépendent plus des circonstances, d'intérêts politiques, économiques ponctuels.
  • nature : 1° L'inné par opposition à l'acquis (nature opposée à culture, ou chez les anthropologues anglo-saxons nature opposée à nurture); 2° Essence, ensemble des propriétés qui caractérisent un objet ou un être (la nature de l'homme par exemple); 3° L'ensemble des phénomènes matériels, liés entre eux par des lois scientifiques. En ce sens, le naturel peut s'opposer au surnaturel qui désigne une intervention transcendante de la divinité; 4° Spinoza distingue la nature naturante, c'est-à-dire la substance infinie et la nature naturée, les divers modes par lesquels s'exprime cette substance. Le mot nature est ambigu. Le naturalisme du xviiie siècle par exemple est contradictoire. D'une part son épistémologie réduit la nature à un mécanisme (des faits soumis à des lois nécessaires) indifférent aux valeurs humaines. D'autre part, sa morale prétend se fonder sur la nature, c'est-à-dire sur des tendances spontanées, supposées bonnes; la nature devient alors la Mère-Nature, une sorte de providence bienveillante.

L'énoncé et le sens de ce sujet ne sont pas très clairs. Il est évident qu'il serait oiseux de chercher à établir si le caractère permanent ou non de l'ordre de la nature peut dépendre de la succession des théories, même scientifiques, que nous émettons sur lui : cette succession ne saurait rien prouver quant à la permanence de cet ordre. Mais on peut peut-être s'interroger sur le bien-fondé de l'idée même d'un ordre permanent de la nature. On pourrait donc adopter le plan suivant:

  • 1. La succession des théories scientifiques ne contredit pas l'idée d'un ordre permanent de la nature.

a) La science en cherchant à énoncer des lois, postule cet ordre.
b) La succession des théories montre seulement que les théories scientifiques ne rendent pas toujours parfaitement compte de cet ordre, même si elles le cernent de mieux en mieux.

  • 2. Mais la permanence de cet ordre ne saurait être prouvée.

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Corrigé consulté par :
  • Garance (Hors-ligne), le 28/04/2012 à 28H14.
  • paninie (Hors-ligne), le 04/05/2011 à 04H17.
  • Tanguy44704 (Hors-ligne), le 06/04/2010 à 06H20.
  • Allison30378 (Hors-ligne), le 21/04/2009 à 21H19.
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    Problématique

    On peut définir avec Kant la nature comme « l'ensemble des phénomènes, en tant qu'ils sont ordonnés par des lois ». Dès lors, l'idée de nature renvoie immédiatement à l'idée d'une loi qui est la source de la permanence de cette nature, et qui fait que cette nature peut être connue. Dès lors, la succession des théories, qui prétendent nous donner les lois réelles de la nature, loin de mettre en échec cette idée d'une permanence de la nature, ne font que montrer que nous n'avons pas encore atteint la loi véritable. Mais alors, qui nous dit que cette loi existe réellement ? En effet, si pour toute loi posée, on peut supposer qu'elle est susceptible d'être remise en cause par une théorie future, alors cela ne veut-il pas dire que nos lois ne sont et ne seront toujours que des généralisations ? Et si tel est le cas, pourquoi conserver encore cette idée d'une permanence de la nature ?



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