Suffit-il de devenir le maître de ses pensées pour l'être de ses sentiments ?
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Aperçu du corrigé : Suffit-il de devenir le maître de ses pensées pour l'être de ses sentiments ?
Publié le : 7/1/2004 -Format:
- devenir : Du latin devinere « venir en ascendant », « arriver à ». Marque le passage à un autre état et est synonyme de changer. Le devenir exprime aussi le fait d’être soumis au temps.
- maître : Du latin magister, «celui qui est plus » (sous-entendu « que les autres »), « le maître ». Personne qui exerce une autorité, une domination (notamment sur un esclave), un pouvoir. Chez Hegel, la conscience qui, dans la lutte à mort qui l'oppose à une autre conscience, préfère la liberté à la vie et s'affirme dans l'indépendance à l'égard d'autrui (dialectique du maître et de l'esclave). Chez Nietzsche, l'homme vaillant et sans scrupule, qui se moque de la morale du ressentiment.
- être : Du latin esse, « être ». 1) Verbe : exister, se trouver là. En logique, copule exprimant la relation qui unit le prédicat au sujet (exemple : l'homme est mortel). 2) Nom : ce qui est, l'étant. 3) Le fait d'être (par opposition à ce qui est, l'étant). 4) Ce qu'est une chose, son essence (exemple : l'être de l'homme). 5) Avec une majuscule (l'Être), l'être absolu, l'être parfait, Dieu.
- sentiment : État affectif stable et durable lié à des représentations ou des émotions
A propos des passions, une des questions classiques de la philosophie est celle de la maîtrise de soi. Si je suis entièrement maître des pensées qui viennent directement de mon âme, comme ma volonté, comment faire pour être maître de celles qui sont l'effet de l'action des choses sur moi? L'action de l'âme, c'est-à-dire essentiellement la volonté, peut-elle étendre son contrôle et son pouvoir jusqu'aux émotions et aux passions?
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Analyse du sujet :
D'un point de vue conceptuel : «maître» est une expression qui suppose une liberté. Etre maître veut dire décider, choisir. Il faudra donc s'interroger sur la liberté que nous avons par rapport à nos pensées ou à nos sentiments.
«pensées» : Désigne la conscience, à ses différents degrés : conscience du monde (perception, interprétation, réaction) et conscience de la conscience (réflexion). Etre maître de ses pensées, ce n'est pas simplement penser ce qu'on veut, ou être cultivé, c'est être capable de savoir ce qu'on pense, de saisir sa pensée à tout instant.
«sentiments» : Terme vague qui regroupe tout ce qui est affectif : les affects est un mot plus précis, qui correspond à un concept philosophique chez de nombreux auteurs, entre autre chez Spinoza (cf.. les textes supplémentaires pour voir la différence entre affect et passion). On peut également parler des passions (Descartes), des pulsions (psychanalyse), des instincts (éthologie). D'une manière générale, il ne semble pas que nous soyons libres de nos sentiments : peut-on choisir d'aimer telle personne plutôt que telle autre ? L'éthologie (science de l'étude comparée des comportements animaux et humains) nous a montré qu'un instinct ne pouvait pas être supprimé.
D'un point de vue formel : «Suffit-il... pour...» : exprime une condition. Si nous établissons que la maîtrise de la pensée permet la maîtrise des sentiments, nous aurons une réponse au sujet. Noter que cette condition est à sens unique : une maîtrise des sentiments ne serait pas synonyme d'une maîtrise de la pensée.
Problématisation :
Un homme sait ce qu'il doit faire pour faire au mieux (finir ses devoirs au plus vite, et sans aide, par exemple), mais il fait le contraire. Pourtant, ce n'est pas un ignorant, et il ne peut invoquer l'inconscience pour se justifier, seulement la paresse ou quelque autre sentiment qui aura pris le dessus. Suffit-il d'être maître de ses pensées pour l'être de ses sentiments ? Si les deux domaines sont clairement séparés, alors la maîtrise de l'un ne peut influencer sur l'autre. On peut pour autant décider de ce qui est le meilleur : Quelle est la portée de notre maîtrise de soi ? Il est un fait scientifique que certains affects sont inéluctables. La psychologie, puis la psychanalyse, nous apprennent que les affects dominent la plupart de nos actions. Cependant, si les affects ne peuvent être contrôlés, l'esprit peut y réagir de façon simple.
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