Suffit-il d'être le plus fort pour être le plus libre ?
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : Suffit-il d'être le plus fort pour être le plus libre ?
Publié le : 27/2/2005 -Format:
- être : Du latin esse, « être ». 1) Verbe : exister, se trouver là. En logique, copule exprimant la relation qui unit le prédicat au sujet (exemple : l'homme est mortel). 2) Nom : ce qui est, l'étant. 3) Le fait d'être (par opposition à ce qui est, l'étant). 4) Ce qu'est une chose, son essence (exemple : l'être de l'homme). 5) Avec une majuscule (l'Être), l'être absolu, l'être parfait, Dieu.
- plus : d'avantage, un surcroît, un supplément.
- force : a) Principe de puissance ou d'action. b) Par opposition au droit: recours à la contrainte pour faire respect un pouvoir illégitime. c) Droit du plus fort: conception qui fait reposer l'autorité du chef sur sa supériorité physique. d) Fort: qui possède la force au sens fort ou au figuré. Opposé à faible.
- libre : sans entrave, en faisant ce que j'ai décidé de faire, maître de ma vie autant que je le veux.
Remarques sur l’intitulé du sujet :
- Le sujet est de la forme « Suffit-il d’X pour Y » ; or, « Suffit-il » = est-ce la seule condition ? ; une fois, X donné, Y est-il immédiatement donné avec ou bien faut-il autre chose ?
- Donc on veillera à ne pas dissocier d’emblée force et liberté : la force rend possible une certaine liberté )→ = présupposé du sujet ; la question consiste seulement à demander si cela est assez pour être libre.
- Difficulté tient à l’expression « être le plus » : en quoi la liberté est-elle susceptible de degré comme la force ? Comment peut-elle être quantifiée ?
- Si « être le plus fort » ne pose pas de problème a première vue (le maximum de force = le minimum de résistance), qu’est-ce qu’être « le plus libre » : quand atteint-on le plus de liberté ? est-ce quand on ne rencontre aucun obstacle (ce que justement permet la force) ?
- Finalement, le sujet invite à s’interroger sur une certaine conception de la liberté : il n’y a de liberté qu’en acte, qu’au travers de prestations effectives (celles où rien n’arrête mon mouvement). Donc, « être le plus fort suffit-il pour être le plus libre » = le maximum de liberté n’est-il atteint que lorsque un mouvement ou une action n’est pas arrêté (=là où on rencontre le plus de force) ? Il faut donc voir si cette conception n’est pas restreinte : ne faut-il pas que nos actions soient au préalable réfléchies, orientée par la pensée ? La liberté n’est-elle pas aussi dans le but que l’on se fixe avant d’agir ?
- Enjeu : qu’est-ce que pouvoir ? Où est la puissance véritable ?
Problématique : on admet volontiers que la force permet de surmonter toute forme de résistance ou d’obstacle. Ainsi, la force est libératrice : elle nous délivre de toute sorte de contrainte. C’est ce qui s’appelle « pouvoir » : je peux, j’ai la liberté de faire telle chose parce que je ‘en suis pas empêché. Cependant, une telle conception du pouvoir est-elle complète ? Car qu’est-ce que la force si elle n’est pas orientée, dirigée par l’intelligence ? Etre le plus fort suffit-il pour être le plus libre (pour pouvoir au maximum) ou bien la véritable puissance nécessite-t-elle le concours de la pensée ?
A la résistance qu'il faut surmonter, à la peine qu'il en coûte pour arriver en haut. Le type le plus élevé de l'homme libre doit être cherché là où constamment la plus forte résistance doit être vaincue » (Le crépuscule des idoles, §38). Ainsi la liberté est le propre de volontés fortes que Nietzsche appelle « volonté de puissance ». A l'inverse, l'homme faible, pauvre en vie, n'est pas libre puisque sa volonté ne parvient pas à vaincre les résistances. Transition : - On a donc une équation force = liberté où chaque fois que l'une grandit, l'autre aussi : la force mesure ma liberté (ma « marge » d'actions possibles) et la liberté annonce que je suis fort. - Intérêt philosophique : la domination ou la contrainte ne sont pas des fatalités : en principe au moins, je dispose de l'énergie suffisante pour me débarrasser de toute forme d'obstacle ; l'homme qui n'est pas libre, est celui qui n'a pas fourni d'effort pour l'être. - Cependant, notre équation nous met aussi dans une situation où il n'y a de liberté, et donc de droits, que dans l'instant où ma force est avérée. Pour le dire autrement, il n'y a de justice qu'actuelle : est juste tout ce qui est déploiement de la force en acte - Penser que l'accroissement quantitatif de force suffit à me rendre plus libre, implique alors une instabilité politique : le pouvoir revient à celui qui s'impose mais sans être jamais garanti qu'un autre ne va pas le surpasser, et ce dernier peut lui-même être aussi menacé par un autre, lui-même susceptible d'être menacé, etc. - Finalement 2 problèmes liés : à qui revient le pouvoir politique ? Est-on encore libre dans une société où l'on peut être sans cesse être destitué de ses biens ?
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