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Suis-je capable de vouloir du bien à autrui ?

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Sujet : Suis-je capable de vouloir du bien à autrui ?

Aperçu du corrigé : Suis-je capable de vouloir du bien à autrui ?



Publié le : 12/4/2005 -Format: Document en format FLASH protégé

	Suis-je capable de vouloir du bien à autrui ?
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Suis-je capable de vouloir du bien à autrui ?



  • capable : Sens 1 Qui possède les qualités pour, apte à. Sens 2 Qui possède la compétence pour.
  • vouloir : La volonté se définit comme la faculté de choix : pouvoir de se déterminer librement à agir ou à s'abstenir d'agir, en vertu de motifs. La volonté implique une délibération consciente : par ce trait, l'acte volontaire s'oppose à l'acte qui procède de l'instinct, de l'impulsion, d'un réflexe ou d'une habitude. Vouloir, c'est donc poursuivre une fin déterminée et conscient. On peut déjà noter que la volonté inclue également une faculté de représentation.
  • bien : Ce qui est avantageux ou utile à une fin donnée. Ce qui possède une valeur morale, ce qui est juste, honnête, louable. Souverain Bien : norme suprême de l'ordre éthique, que l'homme poursuit en vue de lui-même, et non en vue d'obtenir un autre bien. En économie, toute chose qui possède une valeur d'échange et qui est susceptible d'appropriation (exemple : biens de consommation).
  • autrui : Un autre homme, une autre personne. En philosophie, "autrui" est ce qui est différent de moi et que l'appréhende par ma subjectivité. L'homme est ce que j'ai en commun avec les autres, tandis qu' "autrui" est ce qui me différencie des autres, ce que je ne peux connaître totalement, à cause de ma subjectivité.

Analyse du sujet :

  • Les notions les plus importantes du sujet sont le bien et autrui
  • Le bien, comme le bon et le beau, est un concept d'appréciation positive.
  • Le bien ou le bon n'ont, dans l'emploi courant de ces termes, pas de contenus indépendamment d'une norme. Un bon couteau est un couteau qui remplit sa fonction : couper. Une action n'est pas bonne en-soi mais seulement au regard de normes éthiques. Aussi le bien peut-il désigner la perfection, le bonheur, etc.
  • Les champs dans lesquelles la notion joue sont donc en premier lieu l'éthique, la morale, la politique.
  • Si le bien varie avec les normes auxquelles les communautés humaines, ou même chaque homme, se réfèrent, il définit alors un certain mode de vie, une conception de l'existence.
  • Autrui se caractérise par son altérité : il est l'autre que je ne suis pas. Pourtant, il est mon semblable et ne m'est par conséquent pas absolument différent.
  • Le rapport à autrui prend diverses formes : partage d'un même monde, pratique en commun d'activités, dialogue, etc.
  • La notion prend sens dans les champs éthiques et politique, mais également en philosophie du langage, dans la mesure où le problème de la communication ne se pose précisément que parce qu'autrui est autre que moi.

Problématisation :

Nous avons dit, d'une part qu'autrui était autre que moi-même, d'autre part que le bien supposait une norme à laquelle se référer. Autrui peut donc se donner une norme différente de la mienne et vouloir un bien pour moi qui n'est pas le même que celui que je veux pour lui. Nos conceptions du bien peuvent donc entrer en conflit : autrui pourra même dire que le bien que je lui veux est pour lui un mal. Mais y a-t-il alors un bien ? Le problème peut se formuler ainsi :

I – Comment s'assurer que c'est le bien d'autrui que je veux ?

Le second problème concerne le fait même de vouloir le bien pour autrui : il présuppose que nous n'agissions pas par intérêt propre mais justement dans l'intérêt d'autrui. Est-ce seulement possible ?

II – Puis-je vouloir le bien d'autrui de manière désintéressée ?

 



  Kant, dans la Critique de la raison pratique, apporte une réponse à la question « que dois-je faire ? ». Le problème est celui de la fondation du devoir. Il affirme alors que la raison pure est pratique par elle seule et nous donne la loi morale. Celle-ci nous est donnée sous la forme d'un impératif, puisque nous sommes des êtres finis, c'est-à-dire imparfaits : « Agis de telle sorte que la maxime de ta volonté puisse en même temps toujours valoir comme principe d'une législation universelle ». L'impératif ne nous dit pas ce qu'est le bien universel. Il ne nous dit même pas quel doit être le contenu de notre action, mais nous dit quelle forme doit prendre la maxime de notre action : le critère ici donné est la possibilité d'universaliser la maxime. Autrement dit, notre action à l'égard d'autrui doit prendre la forme de l'universel. L'universalité est formelle. Dans notre perspective, l'universalité de la norme ne sera donc pas l'universalité d'un contenu de la norme, universalité qui est en réalité impossible à atteindre, comme nous l'avons montré.
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Textes / Ouvrages de référence

KANT : le devoir comme impératif catégorique

Selon Kant, la volonté n'obéit pas toujours naturellement à la raison. Dans ce cas la raison exerce une contrainte sur la volonté. Cette contrainte
s'appelle un impératif. Les impératifs sont de deux sortes :
— les impératifs hypothétiques expriment la nécessité pratique de certaines actions considérées non en elles-mêmes mais pour leurs résultats, c'est-à-dire comme des moyens subordonnés à une fin (par exemple, je dois prendre ce médicament pour guérir, si je veux guérir). Les impératifs hypothétiques se
rattachent à la prudence et visent le bonheur de l'individu ;
— les impératifs catégoriques, en revanche, commandent les actions non pour leurs résultats, mais pour elles-mêmes. Ils ordonnent sans condition et sont d'une évidence immédiate : dès qu'ils sont aperçus, la volonté sait qu'elle doit s'y soumettre. En outre, étant indépendants de toute fin, les impératifs catégoriques s'imposeront à n'importe quelle volonté particulière. Ils se caractérisent donc par leur universalité. C'est pourquoi il n'y a au fond qu'un seul impératif catégorique d'où tous les impératifs du devoir peuvent être dérivés et que Kant énonce ainsi : « Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle ». De cette formule, Kant en déduit trois autres :
• « Agis comme si la maxime de ton action devait être érigée par ta volonté en loi universelle de la nature. »
• « Agis de telle sorte que tu traites l'humanité, aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen. »
• « Agis toujours de telle sorte que tu puisses te considérer comme législateur et comme sujet dans un règne des fins rendu possible par la liberté de la volonté. »



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