Suis-je l'esclave de mon corps ? *
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Aperçu du corrigé : Suis-je l'esclave de mon corps ?
Un esclave se caractérise par deux aspects : - l’absence de liberté et la dépendance absolue d'un maître dont il est la propriété ; - une liberté dans un état de dépendance totale vis-à-vis de quelqu'un ou de quelque chose et ne dispose pas librement de soi. Mais parler en ces termes reviendrait à caractériser l’âme et le corps, ou l’esprit et le corps, comme deux entités indépendantes ou autonomes, et dont l’une serait la propriété de l’autre. Si le corps gouverne entièrement seul, ce n’est là la preuve de l’existence du monisme. Cela traduit plutôt des troubles neurologiques : une personne souffrant de la maladie neuro-dégénérative de Parkinson est l’esclave de son corps. À l’opposé, si l’esprit seul gouverne, son unique terrain d’action entièrement indépendant par rapport au corps est le domaine des idées. Mais penser requiert le corps. Il peut aussi y avoir des raisons médicales : une personne atteinte de la maladie de Charcot est l’esclave de son esprit.
Problématique : Caractériser le rapport au corps comme un asservissement, cela décrit-il la domination néfaste du corps indépendant de l’esprit, qui semble difficilement efficiente, ou au contraire traduit-il implicitement une haine originaire du corps ?
La mort est ainsi conçue comme une libération de l'âme qui se défait de son corps et peut alors graviter dans les sphères intelligibles du monde des Idées. Le corps est périssable et l'âme immortelle. Le corps est tyrannique parce que périssable : il a des besoins nécessaires comme il a des caprices. La domination du corps passe par une haine du corps, simple enveloppe corporelle temporaire. - Selon saint Augustin, il y a une dualité originaire entre corps et esprit qui remonte au péché originel, une vérité de foi. La notion de péché originel désigne la faute du patriarche de l'humanité dont les conséquences pèsent sur tous ses descendants. « De l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n'en mangeras pas », voilà en quoi consiste la faute d'Adam. Le péché originel n'est autre que la désobéissance à ce commandement commis par le premier homme qui s'est préféré lui-même à Dieu, il a voulu devenir Dieu à la place de Dieu. Ayant péché, il perd cette grâce, sa nature se trouve donc déchue et son corps à jamais souillé. De plus, saint Augustin assimila le péché originel à un péché de la chaire.
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Suis-je l'esclave de mon corps ?