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Suis-je le mieux placé pour savoir qui je suis?

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Sujet : Suis-je le mieux placé pour savoir qui je suis?

Aperçu du corrigé : Suis-je le mieux placé pour savoir qui je suis?



Publié le : 10/2/2005 -Format: Document en format FLASH protégé

	Suis-je le mieux placé pour savoir qui je suis?
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  • place : Lieu, endroit, position, importance.
  • savoir : a) Comme nom, ensemble de connaissances acquises par l'apprentissage ou l'expérience. b) Comme verbe, avoir appris quelque chose, et pouvoir le dire, le connaître, le répéter.

Je suis intériorité et liberté. Voilà pourquoi je suis mieux placé que les autres pour savoir ce que je suis. Mais, une partie de nous-même nous reste cachée, inconnue. Les autres sont mieux placés pour nous dire ce que nous sommes.



Au premier abord, je semble le mieux placé pour me connaître et donc pour dire qui je suis. En effet rares peuvent être ceux qui ont accompagné tous les épisodes de mon existence...et il peut me semble que je sais mieux que les autres ce que je pense, ce que je ressens, ce qui me définit et ce qui m'est arrivé...Mais une telle affirmation ne revient-elle pas à affirmer que la conscience que j'ai de moi-même est totale et transparente, de même que mon existence est d'emblée définie, capable d'être résumée et appréhendée par un discours ? En effet, une partie inconsciente de ce que je suis peut échapper à ma conscience et nous vous conseillons d'utiliser par ailleurs notre moteur de recherche de la rubrique FAQ pour approfondir ce point (mots clés : inconscient , conscience). De même, certaines passions peuvent fausser l'image que j'ai de moi- même, comme l'amour-propre ou l'orgueil. Enfin et surtout, je suis un être relationnel, inséré dans des liens intersubjectifs qui font que je suis avec les autres. N'est-ce pas à eux de dire qui je suis, si être, c'est avant tout être avec les autres. Autrui aurait alors " le dernier mot ", avec le risque certain qu'en parlant de moi, il me rende comme un objet qu'il suffirait de décrire pour l'appréhender. Dès lors, ce que je suis, c'est toujours plus que tout ce que moi et les autres peuvent en dire.


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Corrigé consulté par :
  • clogggg (Hors-ligne), le 08/01/2012 à 08H14.
  • akhenaton1992 (Hors-ligne), le 14/11/2011 à 14H21.
  • antoinesimon123 (Hors-ligne), le 11/11/2011 à 11H21.
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    Problématique

    Suis-je le mieux placé pour savoir qui je suis? Tout homme naît avec une conscience. Il réfléchit donc et en même temps prend petit à petit conscience de soi. On est donc face à l'introspection qui est une observation de la conscience par elle-même. Le sujet est désigné par le "je", celui-ci prend conscience de lui-même, de son existence personnelle en même temps qu'il pense. Il demeure à l'homme de se définir, de savoir si ses actes, ses pensées, ses goûts viennent strictement de lui ou d'autres personne et donc si c'est lui qui se connaît mieux qu'autrui. Cela nous amène à la problématique : l'homme  a-t-il besoin d'autrui pour savoir qui il est? Pour y répondre nous montrerons dans une première partie que c'est le sujet qui est le mieux placé pour savoir qui il est, puis dans un second temps que c'est autrui qui nous permet de savoir réellement qui nous sommes en tant que sujet et nous finirons par dire que nous avons besoin d'autrui et de nous même pour savoir qui l'on es.      L'homme est le mieux placé pour savoir qui il est car il est le seul maître de ses pensées. Lui seul peut connaître ses pensées s'il ne les partage pas avec autrui. Il prend donc conscience de ce qu'il est par le fait qu'il sait ce qu'il pense. Il est donc sûr de ce connaître soi-même car s'il ne le faisait pas, cela serait pour lui se mentir. Par exemple chaque sujet garde en lui une sorte de jardin secret qu'il ne dévoilera pas dans le but de se préserver par peur de ne pas être accepté ou d'être mal jugé dans la société. Cela se caractérise par l'amour propre c'est-à-dire par ce que le sujet détient de plus précieux en lui même. De plus, chacun à une vision personnelle d'un sujet, lequel est le seul capable de savoir qui il est. Par exemple lorsque l'on voit une vedette de cinéma, un sportif de haut niveau, un homme politique, on ne les connaît qu'à travers le rôle public de leur profession, ainsi que par la presse qui s'investit à révéler le moindre de leur geste. Cela ne nous donne qu'une image extérieure de ce qu'ils sont peut être réellement, mais sans vraiment les connaître, car nous laissons place aux préjugés et à ce que nous croyons qu'ils sont.    Nous retrouvons l'idée que l'homme est le mieux placé pour savoir qui il est dans ce qu'explique Descartes avec : "Je pense donc je suis" car si je pense c'est que j'existe. Étant donné que la pensée est quelque chose qui se fait en nous de telle sorte que nous l'apercevons immédiatement par nous-même, nous en prenons donc conscience. L'altérité d'autrui est donc inessentielle car ce par quoi nous sommes semblables, notre raison, importe d'avantage que ce par quoi nous différons c'est-à-dire notre corps, notre affectivité, nos expériences… Pour lui, autrui n'apparaît qu'au second plan car la certitude de l'existence et de la vie du sujet est première. Descartes  appuie son modèle sur le fait que c'est le sujet qui construit l'objet; c'est-à-dire ce qui l'entoure; qui est devant lui par le biais de sa conscience. Dans le "je" qu'exprime Descartes on peut parler de conscience réfléchie où le "je" définis le moi, ce que je suis. Cette conscience réfléchie nécessite  un esprit critique car le sujet doit se placer au dessus de lui et donc à besoin d'un effort pour pouvoir se distancer du moi, c'est-à-dire de la conscience psychologique. Celle-ci définit qui est le sujet par l'ensemble de son bagage personnel et de la mémoire auquel il est identifié. La conscience psychologique est donc une attitude naturelle, naïve et continue ne nécessitant aucun effort alors que la conscience réfléchie amène une autocritique, un jugement personnel et permet de se remettre en cause.    De plus, le "je" critique de la conscience réfléchie constitue le travail de toute une vie qui tend à rester près de soi. C'est une conscience d'un mieux faire mais surtout d'un mieux être, proche du ressenti des émotions où seul le "je" peut l'exprimer. Ici le regard des autres n'est pas nécessaire, ni souhaitable. Par exemple lorsqu'à un certain stade de sa vie le sujet fait un bilan de sa propre existence passée, il développe un questionnement sur son être, sur sa personne, tel que : où suis-je avec moi-même? Qui suis-je dans ce que je suis? Vers quoi je veux tendre? Le sujet est alors le mieux placé pour savoir qui il est, dans ce cas il doit rester proche de lui-même, collé à lui-même afin de se définir pour avancer dans sa vie.      Nous venons de voir d'après le point de vue de Descartes que nous n'avons pas besoin d'autrui pour savoir qui nous sommes. Cependant d'autres réflexions rentrent en compte qui nous démontrent qu'autrui est mieux placé pour nous définir.      Si autrui est bien une conscience différente de celle du sujet c'est donc qu'il doit l'appréhender en temps que sujet et non comme objet! Pour Sartre le fait qu'autrui soit comme un sujet ne peut s‘éprouver qu'à travers le sentiment que le sujet doit lui-même s'exposer sous un regard qui le fige. Sartre dit : "autrui est d'abord l'être pour qui je suis objet". De plus, pour lui, autrui est un médiateur qui est indispensable entre le sujet et lui-même. Autrui est donc une image spéculaire qui me renvoie le sujet à lui-même ce qui laissera place à une révélation qui n'a rien d'agréable car il sera jugé. Prenons pour exemple un élève qui se fait prendre à tricher à un examen par son professeur, l'élève rougira de honte lorsqu'il croisera le regard de l'enseignant car il saura que ce qu'il a fait n'est pas moral. Il aura donc eu besoin d'une tierce personne pour se rendre compte de son acte. Si celui-ci n'était pas en train de tricher il n'aurait pas rougi et se serait défendu car ce qu'il faisait n'avait rien de honteux. Le sujet est donc prisonnier de sa conscience jusqu'à ce qu'autrui lui fasse prendre conscience. Cela signifie donc qu'autrui est précieux car c'est lui qui reconnaît le sujet comme il est. Le sujet ne pourrait être intelligent que si autrui ne le reconnaissait comme tel. Il a donc besoin d'autrui pour être, dans l'exigence, de sa conscience d'être et de même autrui a besoin de lui. De plus depuis nos origines l'Homme a survécu grâce au groupe et a donc su se définir garce à autrui. C'est ainsi qu'il a pu évoluer, se développer sans courir à sa perte. Autrui est donc indiscutablement nécessaire car aucun homme ne vit sans la présence d'autrui, c'est une relation permanente, elle fait donc partie de la condition humaine impliquant l'intersubjectivité.      En effet l'intersubjectivité, qui est la reconnaissance d'autrui, s'acquiert cher le petit enfant au fur et à mesure de sa croissance par lequel il arrive à se différencier de sa mère pour s'individualiser. L'intersubjectivité est donc la première conscience de l'enfant qu'il va utiliser pour s'opposer à ses parents, et ainsi à autrui. Il en découle que le sujet n'a pas d'origine solitaire puisqu'il a besoin de ses parents pour s'affirmer et prendre conscience de son "je". En grandissant l'enfant est le sujet d'un processus d'indentification par lequel il assimile des aspects et des caractéristiques des modèles qui l'entourent. Autrui est donc nécessaire pour le développement de la personnalité de l'enfant car sans lui il n'y aurait pas d'interactions et donc aucune évolution. C'est la raison pour laquelle autrui est plus apte à nous définir puisque c'est par lui que la conscience et les perceptions se développent. Par exemple, pour que l'enfant apprenne à parler il lui faut un contact extérieur pour que celui-ci assimile le langage. De  même avant de dire "tu" à un enfant et avant qu'il ne dise "je", le nouveau né bien qu'il n'ait pas conscience de ce qu'il est, a déjà un nom auquel il s'identifiera plus tard en utilisant le "je". C'est donc autrui qui dit au sujet qui il est en le nommant.       Cela confirmerait d'après le point de vue de Sartre qu'autrui est le mieux placé pour savoir qui est le sujet. Seulement ce propos peut être nuancé avec ce que pense Descartes. Il y a donc une évidence qui nous conduit à penser que pour se connaître soit même nous avons besoins de l'interaction avec notre conscience et avec celle d'autrui.      En effet pour réellement savoir qui nous sommes, c'est-à-dire "qui je suis", nous avons besoin du regard d'autrui mais aussi de tout le bagage que détient sujet sur son existence. On ne peut se reconnaître soi même, si par exemple, un sujet était seul sur terre, celui-ci ne pourrait savoir qui il est car personne ne lui aurait parlé, appris les bases de la société actuelle, il n'aurait jamais croisé le regard d'autrui et ne saurait à quoi il ressemble. Mais il aurait lui-même construit une méthode de réflexion en se connaissant soi même comme le disait Socrate avec le "connais toi toi même" qui lui indiquerait ce qu'il est en son fond sans que personne ne le lui dise. C'est le début de la conscience. Le sujet a donc besoin de soi même et d'autrui pour savoir qui il est. C'est comme un rééquilibrage,  nous n'avons pas besoin d'autrui de la même façon tout au long de notre vie. Quand un enfant est petit, il à besoin de ses parents et donc d'autrui. Pour se définir et se développer il sera donc dépendant d'eux, ainsi lorsqu'il grandira son caractère se transformera laissant place à un libre arbitre de sa pensée. En grandissant il sera moins dépendant des autres car il se connaîtra de mieux en mieux, étant le seul à avoir vécu les passages de sa vie. Il gagnera en autonomie et en affirmation de soi. Malgré cette prise de conscience il aura néanmoins besoin d'autrui pour que celui-ci confirme ce qu'il est. Cependant cette interaction sera nuancée car chacun d'entre nous possède un filtre personnel qui fait que nous n'acceptons pas toujours ce que les autres pensent de nous.     Le sujet a besoin de se voir lui même grâce à sa conscience et à travers le regard qu'autrui lui porte. L'expérience de l'amitié et de l'amour montre à quel point le regard de l'autre sur soit est important et peut nous transformer en changeant les bases que nous croyons inébranlables. Ainsi nous nous redécouvrons sous un autre aspect au point de ne plus nous reconnaître et de paraître étranger à soi, en nous faisant découvrir une facette de notre personnalité alors inconnue.     Ainsi nous venons de voir que seul le sujet est apte à se définir lui-même et à savoir qui il est par l'ensemble de son vécu que seul lui connaît. C'est d'ailleurs se qu'appuie Descartes. En opposition Sartre pense que c'est le rôle d'autrui de nous définir car nous nous reconnaissons que par le regard qu'il nous porte. Cela étant contradictoire, il n'en demeure pas moins que c'est aussi complémentaire. Le sujet est et n'est pas le mieux placé pour savoir qui il est. Ce qui nous amène à dire qu'il a besoin de sa propre conscience et du regard d'autrui pour pouvoir se définir, car sans cela il ne serait rien et sans son vécu il n'existerait pas.

    Ajouté par Kjnbhg20815

    Citations

    • Jules RENARD: "Nous nous connaissons mieux qu'il n'y paraît, et nous nous gardons de reprocher à autrui les défauts que nous sommes sûrs d'avoir." (Journal).
    • NIETZSCHE: "Vient un jour où surgit dans notre mémoire ce que savent (ou croient savoir) les autres de nous; nous nous apercevons alors que leur opinion est plus puissante." (Le Gai Savoir).
    • FREUD: "L'inconscient est le psychique lui-même et son essentielle réalité. Sa nature intime nous est aussi inconnue que la réalité du monde extérieur." (L'Interprétation des rêves)


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