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Extrait du corrigé : Ainsi « un enfant devient un homme, et il est tantôt gras, tantôt maigre, sans que change son identité » remarque Hume (Traité de la nature humaine, Livre I, partie IV, section VI). - L'esprit en fait de même pour ce qui concerne le moi, et ne s'apercevant pas des changements, il croit qu'il y a constance et que le moi est stable. - En vérité, l'esprit se modifie continuellement, et il y a autant d'individus qu'il y a d'instants. Nous avons le sentiment intime de notre identité, mais celui-ci n'est qu'une illusion. Dans les faits, nous n'avons d'unité que pour un instant, et celle-ci disparaît pour une autre identité à l'instant suivant. - L'on pourrait donc affirmer alors qu'en dépit de la croyance cartésienne à l'âme, tout individu se modifie perpétuellement avec le temps, si bien qu'à l'échelle d'une vie, nous sommes tous « plusieurs ». En moi s'opère une lutte de plusieurs instincts. - Ces considérations doivent elles-mêmes être renforcées par le fait que, loin d'être à chaque instant un tout homogène et cohérent, notre esprit est le résultat d'un conflit entre plusieurs désirs contradictoires. - Ce que nous croyons percevoir de nous-mêmes n'est en effet jamais qu'un résultat, il n'est que le produit du corps, ou plus exactement, de l'inconscient. - Notre conscience nous fait ainsi parvenir l'illusion que notre moi est un, mais notre conscience ne représente que la partie émergée de l'iceberg.
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Le corrigé du sujet " Suis-je un ou plusieurs? " a obtenu la note de : aucune note
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Analyse du sujet :
- La question, prise littéralement, semble absurde : en effet, si je dis « je », c’est que je parle de moi, or, je ne peux être à la fois moi et quelqu’un d’autre.
- Toutefois, il faut accepter le jeu de l’intitulé et tâcher de prendre au sérieux la question : qu’est-ce que cela signifierait que de dire « je suis plusieurs » ?
- Ce ne peut être, de toute évidence, que je sois à la fois « Jules », « Marie » et « Médor ». Cela voudrait plutôt dire, par exemple, que j’ai plusieurs personnalités.
- On a d’ailleurs tous déjà entendu dire que quelqu’un qu’il « n’est plus le même homme » lorsqu’il est mis dans certaines situations particulières.
- Si « ce n’est plus le même homme », ce n’est peut-être pas parce qu’il est devenu autre, mais parce qu’il a toujours eu une personnalité multiple, et que c’est un trait bien particulier de cette personnalité qui s’exprime alors.
- On devrait alors considérer que « être plusieurs », cela signifie qu’on est doué de diverses personnalités, et que celles-ci s’expriment tour à tour selon les circonstances.
- Toutefois, une telle supposition pose problème, car si tel était le cas, qu’est-ce qui nous permettrait encore de croire que nous possédons un moi et une identité propre ?
- Pour que tel soit le cas, ne faudrait-il pas que quelque chose subsiste en nous, qui permette que nous soyons toujours le même en dépit de nos changements ?
Problématisation :
Affirmer que « je suis un » semble bien légitime, et néanmoins fort problématique : car cela signifie-t-il que je suis toujours le même qu’il y a dix ans ? Par ailleurs, affirmer que « je suis plusieurs » c’est renier le sens même du terme « je » : car à quoi se réfère encore ce « je » s’il n’incarne plus une identité mais plutôt une pluralité d’individus ? Il faudrait ainsi trouver un élément auquel raccrocher ce « je », un élément qui permette de considérer qu’en dépit de toutes ces velléités variées qui s’expriment en moi, il existe bien toujours un moi. Mais cela relance alors le problème : quel crédit accorder à un tel moi si l’expérience le contredit ?
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