Suis-je victime ou coupable de mes fautes ?
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Aperçu du corrigé : Suis-je victime ou coupable de mes fautes ?
La culpabilité et la faute ne font qu’un : je commet une faute, je suis coupable et je suis coupable parce que j’ai commis une faute. Pourtant, peut-on réellement vouloir mal agir, commettre sciemment des fautes ? auquel, cas, comment être tenu pour coupable de ce que l’on a pas voulu ? Ne serais-je pas plutôt victime de mes fautes au sens où je serais dans l’erreur et non auteur d’un mal volontaire ?
Il est donc impossible d'être victime de ses fautes. La mauvaise conscience me pose à la fois en juge et partie ; et en ce cas, je subis une peine mais que je ne nie pas avoir mérité - autrement je suis de mauvaise foi (dans ce cas, le dédoublement de la conscience ne consiste pas à se condamner, à agir et pâtir au sein d'une accusation, mais à se cacher ce que l'on sait être une faute). Au contraire, d'un tribunal concret où je peux très bien être accusé d'un crime que je n'ai pas commis, la mauvaise conscience ne se trompe pas : lors d'un procès, je suis coupable désigné, et je peux ainsi, du fait de cette extériorité de l'attribution, être victime si celle-ci est infondée ; alors que dans mon « for intérieur » nul dissimulation n'est possible (sauf, une nouvelle fois, à vouloir être de mauvaise foi) . Transition : · Etre coupable signifie être fautif, et réciproquement, la faute fonde la culpabilité. Je suis donc bien coupable et non victime de mes fautes, sauf si je suis accusé d'une faute que je n'ai pas commise. · Mais justement, cette structure d'attribution propre aux erreurs judiciaires, aux jugements moraux infondés, ne pourrait-elle pas être valable dans le cas de la mauvaise conscience voire même dans le cas de tout verdict en général ? Cette hypothèse pour deux raisons : Ø Lorsque je me donne tort à moi-même, il se pourrait que ce juge ne soit rien d'autres que la version intériorisée de normes qui me sont extérieures [Freud définit d'ailleurs le surmoi, instance de la censure et générateur de la mauvaise conscience par l'intériorisation des interdits sociaux et parentaux depuis la petite enfance]. Ø Les déterminations, que Kant exclut pour fonder la morale et la possibilité de la justice via l'attribution des actes à un acteur unique (ma spontanéité), n'ont-elles aucun poids ? De quel droit rejeter ainsi l'inscription dans l'ordre phénoménal de mes actions ? · En somme, la faute dont je suis déclaré coupable (que ce soit par des lois ou par moi-même) pourrait très bien être la mienne seulement au sens où je l'aurai accompli mais non au sens où je l'aurais pleinement voulu, planifié.
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