La technique nous permet-elle de maîtriser la nature ?
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Publié le : 15/10/2005 -Format:
- technique : Du grec "tecknè", "art, métier". Procédés de travail ou de production qui supposent un savoir-faire. La technique désigne aussi les applications de la science proprement dite.
- maîtriser : Contrôler, soumettre, dominer.
- nature : 1° L'inné par opposition à l'acquis (nature opposée à culture, ou chez les anthropologues anglo-saxons nature opposée à nurture); 2° Essence, ensemble des propriétés qui caractérisent un objet ou un être (la nature de l'homme par exemple); 3° L'ensemble des phénomènes matériels, liés entre eux par des lois scientifiques. En ce sens, le naturel peut s'opposer au surnaturel qui désigne une intervention transcendante de la divinité; 4° Spinoza distingue la nature naturante, c'est-à-dire la substance infinie et la nature naturée, les divers modes par lesquels s'exprime cette substance. Le mot nature est ambigu. Le naturalisme du xviiie siècle par exemple est contradictoire. D'une part son épistémologie réduit la nature à un mécanisme (des faits soumis à des lois nécessaires) indifférent aux valeurs humaines. D'autre part, sa morale prétend se fonder sur la nature, c'est-à-dire sur des tendances spontanées, supposées bonnes; la nature devient alors la Mère-Nature, une sorte de providence bienveillante.
La technique :
C’est l’ensemble des procédés, éprouvés par la pratique et fondés sur le savoir, par lesquels une civilisation utilise un outillage pour produire un résultat.
La nature :
Lorsqu'on parle de la nature, on veut parler du monde dans son ensemble, mais abstraction faite de ce que l’homme y a mis et des transformations qu’il y a faites. En somme, la nature, c'est l’ensemble du réel, mais ôté de tout ce que l’homme y a fait ou ajouté, c’est-à-dire ôté de tout ce qui est artificiel. La nature, c’est le réel moins l’artificiel. La nature est donc tout ce qui existe indépendamment de l'homme et de ses interventions tandis que l'artificiel est tout ce qui existe par l'homme, ce qui n'aurait jamais vu le jour sans ses interventions.
C’est un sujet qui interroge la relation que l’homme entretient avec la nature. C’est donc surtout un sujet éthique.
Ce vouloir apparaît sous nos yeux objectivé dans l'omniprésence des objets techniques et des machines, comme la libération d'une formidable volonté de puissance sur la Nature. Ce n'est plus ce qu'entrevoyait Descartes, un vouloir modéré et sage qui ne cherchait que « l'invention d'une infinité d'artifice, qui feraient qu'on jouirait, sans aucune peine, des fruits de la terre et de toutes les commodités qui s'y trouvent, mais principalement aussi pour la santé, laquelle est sans doute le premier bien et le fondement de tous les autres biens de cette vie ». Il faut même dire qu'il y a un empire de la technique, puisque celle-ci est imbriquée dans le champ économique et industriel et s'étend ainsi, à quasiment tous les domaines de la vie. Il n'est plus beaucoup de lieux où l'homme n'a pas encore été et où il n'a pas cherché à imprimer sa marque. La technique nous permet non seulement de nous faire une place dans la nature mais aussi de l'absorber dans le monde culturel. II. C'est la praxis qui fait de la technique un concept ambivalent Face aux dérives du projet techniciste, se dresse une critique de la technique, mais surtout, de l'utilisation qu'on en fait : c'est donc surtout l'homme qui est l'objet de la critique. C'est pourquoi il y a un lien récurrent entre technique et religion, dans lequel la technique prend les traits de la transgression. Par exemple, dans nombre de sociétés traditionnelles (ou "primitives"), la chasse exige-t-elle toujours d'être précédée de rituels destinées à se concilier l'esprit des espèces animales dont on s'apprête à tuer l'un des représentants. De même, les forgerons et les alchimistes ont-ils fréquemment été perçus comme des individus "sacrés", c'est-à-dire à la fois respectables et dangereux, précisément parce qu'ils sont en contact avec les forces secrètes du feu et du sous-sol.
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Sitôt que j'ai eu acquis quelques notions générales touchant la physique, et que, commençant à les éprouver en diverses difficultés particulières, j'ai remarqué jusques où elles peuvent conduire et combien elles diffèrent des principes dont on s'est servi jusqu'à présent, j'ai cru que je ne pouvais les tenir cachées sans pécher grandement contre la loi qui nous oblige à procurer autant qu'il est en nous le bien général de tous les hommes. Car elles m'ont fait voir qu'il est possible de parvenir à des connaissances qui sont fort utiles à la vie, et qu'au lieu de cette philosophie spéculative qu'on enseigne dans les écoles, on en peut trouver une pratique, par laquelle, connaissant la force et les actions du feu, de l'eau, de l'air, des astres, des cieux et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature.
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