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Le développement technique peut-il être un facteur d'esclavage ?

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Sujet : Le développement technique peut-il être un facteur d'esclavage ?

Aperçu du corrigé : Le développement technique peut-il être un facteur d'esclavage ?



Publié le : 11/2/2005 -Format: Document en format FLASH protégé

	Le développement technique peut-il être un facteur d'esclavage ?
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Le développement technique peut-il être un facteur d'esclavage ?



  • développement : Extension, progrès, croissance.
  • technique : Du grec "tecknè", "art, métier". Procédés de travail ou de production qui supposent un savoir-faire. La technique désigne aussi les applications de la science proprement dite.
  • peut : Est-il possible, est-il légitime.
  • être : Du latin esse, « être ». 1) Verbe : exister, se trouver là. En logique, copule exprimant la relation qui unit le prédicat au sujet (exemple : l'homme est mortel). 2) Nom : ce qui est, l'étant. 3) Le fait d'être (par opposition à ce qui est, l'étant). 4) Ce qu'est une chose, son essence (exemple : l'être de l'homme). 5) Avec une majuscule (l'Être), l'être absolu, l'être parfait, Dieu.
  • facteur : 1) En mathématique, terme d'un produit. 2) Élément entrant dans la composition ou la détermination d'un phénomène.
  • esclavage : Sens 1 Etat, condition d'esclave. Sens 2 Asservissement, position de soumission.

Cette question prend le contre-pied de ce que l’on pense habituellement du progrès technique, en général, on imagine que ce même progrès tend à réduire les possibilités d’esclavage car la technique seule pourrait réduire la charge de travail. Or c’est la pénibilité et non l’esclavage qui serait réduite. L’esclavage serait bien plutôt la réduction de l’homme à une chose, à un simple adjuvant, et dans le cadre du développement technique, ce serait l’homme qui serait le véritable esclave de la machine et non l’inverse. Il serait asservi justement à ce développement, et ne pourrait s’en défaire.

Il est paradoxal que l'homme se soit mis à juger aliénant le tour pris par le développement technique à l'heure de son apogée, au XXe siècle. En effet le perfectionnement des moyens par lesquels l'homme conjure les maux naturels comme la faim, la maladie et la mort; s'approprie l'espace et maîtrise le temps ; exerce, enfin, sa transcendance de sujet sur la nature, en créant un monde seul à même de satisfaire ses désirs..., un tel perfectionnement ne peut être facteur d'esclavage : il consacre, tout au contraire, la libération de l'homme et le rend plus humain puisqu'il lui permet d'opérer plus efficacement et donc plus pleinement en homme. En effet, si l'homme ne se réduit pas à ce rôle de technicien, ce rôle lui est essentiel et ses progrès dans ce domaine conditionnent les autres. Voilà ce que la raison comprend de la logique du développement technique.
 Ce qu'elle constate, en revanche, c'est que cette dynamique libératrice s'est non seulement accompagnée de maux nouveaux mais s'est commuée en servitude. Non seulement les retombées de la technique ont saccagé le paysage, détruit des espèces, pollué l'atmosphère, mais elles ont affecté l'homme lui-même dans son corps et dans son âme en induisant une vie et une philosophie de la vie que les tristes formules «métro, boulot, dodo, loto» et «on n'arrête pas le progrès» résument assez bien. Le caractère mécanique et fatal de l'existence que dénoncent ces slogans évoque bien celle de l'esclave. Qu'est-ce que l'esclavage, en effet, sinon l'état de celui qui, rendu étranger à lui-même, est démis du soin de diriger sa vie pour devenir l'instrument de puissances supérieures, hommes, choses ou système? Si le développement technique n'engendre pas que des méfaits, s'ils ne sont pas tous sensibles et que d'aucuns s'en accommodent fort bien compte tenu des avantages qu'ils procurent, il reste insensé que ce dont la fonction est de libérer l'homme puisse l'asservir.
 Comment la technique peut-elle échapper à celui qui en est l'auteur, telle une Galatée révoltée des mains de Pygmalion? Comment l'homme peut-il subir à ses dépens une puissance qu'il a suscitée pour son bien? Comment, enfin, ce qui n'est qu'un moyen peut-il s'arroger le statut de fin et mettre l'homme à sa merci ?



Il doit reformater son discours pour l'adapter à l'objet de communication, et il ne peut plus procéder autrement. Par la technique de communication, l'homme est provoqué à découvrir et créer plus radicalement son existence sociale. De plus, la valeur de l'espace et du temps ont changé quand la commande à distance annule l'éloignement et quand l'origine et l'ultime sont l'un dans l'autre. Cela ne va pas évidemment sans que l'homme soit modifié. La technique informationnelle qui implique communications, échanges et langage, manifeste encore plus clairement que tout autre technique combien ce phénomène est lié à l'existence sociale et à la pensée. Mais la pensée n'est « humaine » que si elle est créatrice et non pas asservie ou répétitive, que si elle est poétique L'homme ne vit pas seulement de pain, une société technocratique peut devenir étouffante, mais aussi libérer des énergies pour l'art. Le progrès technique peut engendrer du positif et libérer véritablement l'homme. 3) le développement technique au contraire libère l'homme.   Condorcet dans Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain en 1795 décrit l'histoire humaine en 10 étapes.  Les trois premières époques retracent les débuts conjecturaux des sociétés humaines, simples familles ou peuplades isolées qui, passant de la pratique de la chasse et de la pêche à une économie pastorale puis à la sédentarisation agricole, s'acheminent lentement, à travers le développement des arts et des langues et les formes successives d'organisation sociale et morale, vers un état de civilisation toujours plus complexe.


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