La tolérance est-elle indifférente a la vérité ? *
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : La tolérance est-elle indifférente a la vérité ?
• Le terme a été créé au XVIe siècle lors des guerres de Religion : les catholiques ont fini par « tolérer » les protestants et vice versa. On peut appréhender ici, que du moins à l'origine, la tolérance constituait une sorte de « pis-aller », une attitude consistant à supporter l'expression d'idées que l'on appréhendait comme parfaitement erronées.
Remarquer que cette tolérance n'impliquait nullement une indifférence vis-à-vis de ce que catholiques ou protestants considéraient comme « la vérité ».
• En fait, cette tolérance s'adressait fondamentalement aux personnes, non aux idées en tant que telles. On peut d'ailleurs se demander si — en toute rigueur — l'idée de « tolérer » n'implique pas que l'on se situe soi-même sur un plan de supériorité par rapport aux autres et qu'en ce qui concerne la « possession de la vérité » on se situe également sur un plan de supériorité : une telle attitude pourrait-elle être fondée sur une indifférence à la vérité ?
• On peut certes concevoir une forme de « tolérance » fondée sur un certain scepticisme, sur une certaine indifférence à la vérité, sur une certaine « lassitude » : mais peut-on encore, à proprement parler, parler ici de « tolérance », que l'on « tolère » ?La première réponse, celle que nous proposent les "philosophes" de l'Aufklarung et leurs émules pragmatistes, est une réponse sceptique. Il n'y a pas de Vérité et c'est pour cela que liberté et tolérance doivent être garanties. Lessing, par exemple, dans un conte célèbre, Nathan le Sage, donne en exemple l'amitié de l'israélite Nathan, du chrétien grand maître du temple et du musulman Saladin. Mais cette tolérance nous apparaît dérisoire quand nous apprenons que ces trois personnages sont en réalité détachés des croyances de leurs communautés respectives. Ils ne sont au fond que trois sceptiques qui s'accordent sur le scepticisme. Dans le même esprit Voltaire écrivait : « Nous devons nous tolérer mutuellement parce que nous sommes faibles, inconséquents, sujets à l'erreur. Un roseau couché par le vent dans la fange dira-t-il au roseau voisin couché dans le sens contraire : rampe à ma façon misérable ou je présenterai requête pour qu'on t'arrache et te brûle ? u En définitive, si toutes les opinions sont permises, c'est que toutes les opinions se valent et si toutes les opinions se valent c'est parce que toutes valent aussi peu. N'est-il pas paradoxal de fonder sur l'infirmité de la pensée les droits souverains qu'on lui .reconnaît ?
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