La tolérance suppose-t-elle que toutes les opinions soient d'égale valeur ? *

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Sujet : La tolérance suppose-t-elle que toutes les opinions soient d'égale valeur ?

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tolérance suppose elle

La tolérance est une vertu que les régimes démocratiques ont souci de toujours préserver. Elle est l'une des expressions possibles de la Liberté, qui est la valeur suprême de l'État républicain, comme le rappelle par exemple la devise de la République française « Liberté, égalité, fraternité ». Mais qu'appelle-t-on exactement « tolérance » ? Au sens le plus général du terme, tolérer, c'est accepter ce qui, en principe est contraire à une certaine loi ou règle morale. Lorsqu'on tolère de la part d'autrui une certaine conduite, on accepte ce qui en principe ne devrait pas l'être. La tolérance est donc une forme de souplesse dans l'application de la loi, un choix pour préserver la liberté du citoyen plutôt que la rigueur des règlements.
 Toutefois le sujet proposé concerne le fait de savoir si la tolérance peut se définir comme le respect de toutes les opinions. C'est ce « toutes » qui pose ici problème. En effet, indirectement il nous est demandé s'il peut exister ou non des opinions intolérables, qu'un État démocratique lui-même ne pourrait accepter d'entendre, malgré toute sa souplesse. Notre réflexion comportera donc deux moments distincts. Dans un premier temps, nous nous demanderons sur quels fondements repose le principe de tolérance et pourquoi il est suivi par la Démocratie. Puis, il nous faudra nous demander où se situe exactement la frontière entre le tolérable et l'intolérable, et surtout si cette frontière est toujours facile à déterminer.

toutes opinions soient Lorsqu'on tolère de la part d'autrui une certaine conduite, on accepte ce qui en principe ne devrait pas l'être. La tolérance est donc une forme de souplesse dans l'application de la loi, un choix pour préserver la liberté du citoyen plutôt que la rigueur des règlements.Toutefois le sujet proposé concerne le fait de savoir si la tolérance peut se définir comme le respect de toutes les opinions. C'est ce « toutes » qui pose ici problème. En effet, indirectement il nous est demandé s'il peut exister ou non des opinions intolérables, qu'un État démocratique lui-même ne pourrait accepter d'entendre, malgré toute sa souplesse. Notre réflexion comportera donc deux moments distincts. Dans un premier temps, nous nous demanderons sur quels fondements repose le principe de tolérance et pourquoi il est suivi par la Démocratie. Puis, il nous faudra nous demander où se situe exactement la frontière entre le tolérable et l'intolérable, et surtout si cette frontière est toujours facile à déterminer. Première partie : Pourquoi être tolérant ?« Liberté, Égalité, Fraternité » : cette devise républicaine, que nous évoquions en introduction, semble expliquer à elle seule pourquoi les démocraties ont toujours souci d'être tolérantes.

	La tolérance suppose-t-elle que toutes les opinions soient d'égale valeur	?

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Citations

  • « Le fanatisme n'est pas une erreur, mais une fureur aveugle et stupide que la raison ne retient jamais. » Rousseau, Lettre à d'Alembert, 1758.
  • « Je suppose que l'ordre fanatique, par sa perfection même, s'est trouvé la source des plus grands maux. [...] La seule idée qu'il y a des dissidents quelque part, la seule idée que le monde entier des hommes n'est pas encore converti, jette aussitôt le fanatisme en la plus folle des entreprises, la guerre. » Alain, Propos du 1er octobre 1934.
  • « Combien de fois n'ai-je pas observé avec étonnement des hommes, qui se vantent de professer la religion chrétienne, c'est-à-dire l'amour, la joie, la paix [...], se combattre avec la plus incroyable malveillance et se témoigner quotidiennement la haine la plus vive; si bien que leur foi se faisait connaître plus à la fureur de leur attitude, qu'à leur pratique des vertus. » Spinoza, Traité théologico-politique, 1670.

 

  • « Je vous dis qu'il faut regarder tous les hommes comme nos frères. Quoi ! mon frère le Turc ? mon frère le Chinois? le Juif? le Siamois? Oui, sans doute; ne sommes-nous pas tous enfants du même père, et créatures du même Dieu ? »

 

Voltaire, Traité sur la tolérance, 1763.

 



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