Tous les désirs sont-ils dans la nature humaine ?
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On se rappelle l’idée fondamentale de Spinoza selon laquelle le désir est l’essence de l’homme : « Toute chose s’efforce (autant qu’il est en son pouvoir) de persévérer dans son être » (Ethique, L. III). On comprend par là même que le désir constitue fondamentalement l’être de toute chose. Cependant, on verra dans le désir une marque véritablement humaine, en ce sens que seul l’homme est conscient de ses désirs, à la différence de l’animal par exemple dont l’appétit n’a pas conscience de lui-même. Ainsi l’homme est un être de désir. Par lui, il s’ouvre au possible, à la réalité en tant qu’il y prend part de manière partielle ou totale. Il est par conséquent de l’ordre de la nature humaine d’être en perpétuel dialogue avec le désir, inhérent à l’existence qui ne souffre que pour autant qu’elle reste en quête de sa satisfaction. Ainsi, le désir est-il le moteur essentiel en l’homme vers une compréhension toujours plus claire de l’essence absolue, ou l’ancre-t-il à jamais au point douloureux de sa misérable condition ?
Il n'y a pas d'expérience du bonheur, il ne peut y en avoir. C'est que le bonheur, explique Schopenhauer, n'est rien de positif, rien de réel : il n'est que l'absence de la souffrance, et une absence n'est rien : « La satisfaction, le bonheur, comme l'appellent les hommes, n'est au propre et dans son essence rien que de négatif... Le désir, en effet, la privation, est la condition préliminaire de toute jouissance. Or avec la satisfaction cesse le désir, et par conséquent la jouissance aussi » (IV, 58). Le désir s'abolit dans sa satisfaction, et le bonheur se perd dans ce plaisir. Il manque donc toujours (souffrance), même quand il ne manque plus (ennui). Il n'existe qu'en imagination : tout bonheur est d'espérance ; toute vie, de déception. Ainsi « l'inquiétude d'une volonté toujours exigeante, sous quelque forme qu'elle se manifeste, emplit et trouble sans cesse la conscience ; or sans repos le véritable bonheur est impossible. Ainsi le sujet du vouloir ressemble à Ixion, attaché sur une roue qui ne cesse de tourner, aux Danaïdes qui puisent toujours pour emplir leur tonneau, à Tantale éternellement altéré » (Schopenhauer, Le monde). Conclusion Mis à l'écart des conceptions inessentielles, le désir reste la trace en l'homme d'une possibilité d'ouverture fondamentale à l'être pur.
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