Tous les désirs sont-ils dans la nature humaine ?
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : Tous les désirs sont-ils dans la nature humaine ?
Publié le : 27/2/2005 -Format:
- tout : La totalité sans exception.
- désir : Ensemble des phénomènes organiques et psychologiques qui me poussent à posséder un objet en vue d'en tirer plaisir. Cet objet peut être matériel ou non.
- nature : 1° L'inné par opposition à l'acquis (nature opposée à culture, ou chez les anthropologues anglo-saxons nature opposée à nurture); 2° Essence, ensemble des propriétés qui caractérisent un objet ou un être (la nature de l'homme par exemple); 3° L'ensemble des phénomènes matériels, liés entre eux par des lois scientifiques. En ce sens, le naturel peut s'opposer au surnaturel qui désigne une intervention transcendante de la divinité; 4° Spinoza distingue la nature naturante, c'est-à-dire la substance infinie et la nature naturée, les divers modes par lesquels s'exprime cette substance. Le mot nature est ambigu. Le naturalisme du xviiie siècle par exemple est contradictoire. D'une part son épistémologie réduit la nature à un mécanisme (des faits soumis à des lois nécessaires) indifférent aux valeurs humaines. D'autre part, sa morale prétend se fonder sur la nature, c'est-à-dire sur des tendances spontanées, supposées bonnes; la nature devient alors la Mère-Nature, une sorte de providence bienveillante.
- humain : Sens 1: Personne humaine. Synonyme: individu. Sens 2: Qui a trait à l'homme. Sens 3: Sensible, compréhensif. Synonyme: accessible.
On se rappelle l’idée fondamentale de Spinoza selon laquelle le désir est l’essence de l’homme : « Toute chose s’efforce (autant qu’il est en son pouvoir) de persévérer dans son être » (Ethique, L. III). On comprend par là même que le désir constitue fondamentalement l’être de toute chose. Cependant, on verra dans le désir une marque véritablement humaine, en ce sens que seul l’homme est conscient de ses désirs, à la différence de l’animal par exemple dont l’appétit n’a pas conscience de lui-même. Ainsi l’homme est un être de désir. Par lui, il s’ouvre au possible, à la réalité en tant qu’il y prend part de manière partielle ou totale. Il est par conséquent de l’ordre de la nature humaine d’être en perpétuel dialogue avec le désir, inhérent à l’existence qui ne souffre que pour autant qu’elle reste en quête de sa satisfaction. Ainsi, le désir est-il le moteur essentiel en l’homme vers une compréhension toujours plus claire de l’essence absolue, ou l’ancre-t-il à jamais au point douloureux de sa misérable condition ?
Il n'y a pas d'expérience du bonheur, il ne peut y en avoir. C'est que le bonheur, explique Schopenhauer, n'est rien de positif, rien de réel : il n'est que l'absence de la souffrance, et une absence n'est rien : « La satisfaction, le bonheur, comme l'appellent les hommes, n'est au propre et dans son essence rien que de négatif... Le désir, en effet, la privation, est la condition préliminaire de toute jouissance. Or avec la satisfaction cesse le désir, et par conséquent la jouissance aussi » (IV, 58). Le désir s'abolit dans sa satisfaction, et le bonheur se perd dans ce plaisir. Il manque donc toujours (souffrance), même quand il ne manque plus (ennui). Il n'existe qu'en imagination : tout bonheur est d'espérance ; toute vie, de déception. Ainsi « l'inquiétude d'une volonté toujours exigeante, sous quelque forme qu'elle se manifeste, emplit et trouble sans cesse la conscience ; or sans repos le véritable bonheur est impossible. Ainsi le sujet du vouloir ressemble à Ixion, attaché sur une roue qui ne cesse de tourner, aux Danaïdes qui puisent toujours pour emplir leur tonneau, à Tantale éternellement altéré » (Schopenhauer, Le monde). Conclusion Mis à l'écart des conceptions inessentielles, le désir reste la trace en l'homme d'une possibilité d'ouverture fondamentale à l'être pur.
Corrigé de 1479 mots (soit 3 pages) directement accessible
Le corrigé du sujet " Tous les désirs sont-ils dans la nature humaine ?" a obtenu la note de : aucune note
Tous les désirs sont-ils dans la nature humaine ?