Tout est-il sexuel ? Tout est-il réductible à la sexualité ?
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : Tout est-il sexuel ? Tout est-il réductible à la sexualité ?
Analyse du sujet
- La sexualité peut se définir comme l’ensemble des phénomènes organiques et psychiques liés aux processus de reproduction sexuée et à la recherche du plaisir sexuel. Or, en ce sens générique, il apparaît difficile de concevoir rationnellement que l’ensemble du comportement humain et de la nature humaine soit réductible à ce type de sexualité. Car si en effet la sexualité, ou en tout cas la recherche du plaisir sexuel, oriente pour une part notre conduite, on a du mal à imaginer en quoi, comment et pourquoi non seulement elle orienterait mais encore elle serait à l’origine de toutes nos conduites.
- Comprenons ici qu’il faut entendre sexualité en son sens psychanalytique : il s’agit, dans cette perspective, de plaisirs de type génital mais aussi d’activités présentes dès l’enfance et procurant un plaisir irréductible à l’assouvissement d’un besoin physiologique.
- D’où l’on comprend que la question de savoir si tout est réductible à la sexualité doit en réalité s’entendre et s’analyser du point de vue justement psychanalytique : il s’agit par là d’éprouver la théorie freudienne qui tend à faire de la sexualité l’origine et le fondement de tout comportement humain.
- C’est en effet ce qu’il faut comprendre par « être réductible » : en dernière instance, il semble que, pour Freud en tout cas, la sexualité – au sens psychanalytique – soit un modèle explicatif englobant, c’est-à-dire apte à expliquer l’ensemble des comportements humains : bref, tout comportement, action, pensée, etc., devrait être ramené, pour être comprise, à la pulsion sexuelle ainsi définie – et qui en serait tout à la fois l’origine et le fondement. Or, c’est précisément cette réduction, et, plus profondément sa légitimité, qui est ici mise à la question. Car, s’il est vrai qu’un tel schéma explicatif peut s’avérer fécond pour l’analyse psychanalytique du comportement humain – a fortiori de la nature humaine – la prétention d’un tel schéma à être ce sur quoi, en dernière instance, tout est fondé, est-elle légitime ?
Problématique
S’il apparaît que la sexualité, au sens psychanalytique, est un mode d’explication fécond pour l’analyse du comportement humain, en ce sens qu’une fois décomposé, il semble s’y réduire, c’est-à-dire y trouver leur fondement et origine ultime, est-il pour autant légitime d’affirmer une telle réduction ? Y a-t-il donc nécessairement assimilation de tout comportement, pensée, etc., à la pulsion sexuelle ? Qu’est-ce qu’une telle définition a comme conséquences, notamment en ce qui concerne la nature du désir ? N’est-ce pas nier les contradictions inhérentes de la nature humaine qui doit concilier principe de plaisir et pulsion de mort ?
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