En quel sens peut-on dire que nos paroles nous trahissent ? *
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : En quel sens peut-on dire que nos paroles nous trahissent ?
- Nos paroles nous trahiraient en ce sens qu'elles n'accomplissent pas, ou pas parfaitement, la mission dont on les charge. On s'intéressera alors aux origines de cet écart. La problématique du sujet est la suivante : le langage trahit nos pensées mais les exprime en même temps.
- Nos paroles peuvent aussi nous trahir au sens où elles nous dénonceraient, révéleraient à notre insu ce que nous sommes (cf. le lapsus dans la psychanalyse).
Il n'est pas nécessairement facile de concilier ces deux sens. Mieux vaut rester cohérent plutôt que de se livrer à des acrobaties pour raccorder les deux interprétations. Dans notre corrigé, nous avons volontairement laissé de côté la seconde interprétation qui nous paraissait moins féconde.
Pensons-nous distinctement avant de traduire cette pensée par les mots ? Ou bien ne pouvons-nous penser qu'avec les mots ? Contre les philosophes rationalistes, les théoriciens contemporains du langage soutiennent que nous ne pouvons penser qu'avec les mots. L'homme pourrait-il penser sans le secours des mots ? Non. (cf. Merleau-Ponty par exemple). Sans le langage, la pensée n'est pas logique.
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III - La parole et le désir
L'idée que la parole n'est là que pour exprimer nos idées conscientes repose sur une certaine conception de la conscience héritée de
Descartes. Selon lui, la pensée se fonde sur des idées claires et distinctes, en sorte que rien de ce qui est présent à l'esprit ne lui demeure caché. Or, depuis Freud et la psychanalyse, nous pouvons tenir que la conscience, c'est-à-dire la pensée vigile, proprement consciente, n'est qu'une partie de l'esprit, soumis de manière fondamentale à l'inconscient. Si celui-ci s'exprime souvent dans le rêve, la parole en est un lieu de manifestation privilégié. C'est pour cela que la parole peut-être tenue pour un excès de sens : elle dit toujours plus que ce qu'elle semble dire ou que ce que nous croyons qu'elle dit. Désormais, nous comprenons comment le sens peut excéder les paroles elles-mêmes : il y a un décalage entre ce que nous disons (les mots, les paroles que nous prononçons) et leur sens. C'est de ce point de vue-là que nos paroles peuvent nous trahir, c'est-à-dire révéler un sens « caché » ou inconscient. Cet excès est clairement mis en lien avec le désir par Freud. En effet, celui-ci répond au principe de plaisir, c'est-à-dire à la satisfaction immédiate. Or, la vie sociale et l'éducation tendent à refouler les désirs : l'enfant qui veut regarder la télévision, mais qui subit une interdiction de la part de ses parents, intériorise et refoule son désir.
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