Travail et liberté ?
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Aperçu du corrigé : Travail et liberté ?
Publié le : 9/4/2004 -Format:
- travail : Du latin populaire tripalium, «machine à trois pieux » destinée à immobiliser les chevaux pour les ferrer, d'où « instrument de torture ». Toute activité visant à la production d'une oeuvre utile. Spécialement, ensemble des activités accomplies par l'homme pour produire des biens et des services en contrepartie desquels il est rémunéré. * Le travail est souvent associe a la peine et a la souffrance. Dans la Bible d'ailleurs, Dieu punit le premier péché en chassant Adam du jardin d'Eden et en l'obligeant à cultiver désormais une terre stérile : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ». * Pour Marx, le travail humain contribue à transformer l'homme tout autant que la nature. En effet, contrairement à l'animal, qui agit par pur instinct, l'homme détermine dans sa conscience le but qu'il veut atteindre avant de le réaliser. « Ce qui distingue dès l'abord le plus mauvais architecte de l'abeille la plus experte, écrit Marx, c'est qu'il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. » * Le travail salarié constitue, selon Nietzsche, « la meilleure des polices » : « il tient chacun en bride et s'entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance ».
- liberté : Ce mot, en philosophie a trois sens : 1° Libre arbitre. Pouvoir mystérieux de choisir entre les motifs qui me sollicitent sans être déterminé par aucun d'eux. 2° Liberté de spontanéité. S'oppose non plus au déterminisme mais à la contrainte : état de celui qui agit sans être contraint par une force extérieure. 3° Liberté du sage. État de celui qui est délivré des passions et agit à la lumière de la raison.
Demander si travail et liberté sont compatibles, c'est demander s'ils peuvent coexister, ou si l'un n'exclut pas l'autre par définition.
Or la liberté est d'abord l'absence de contraintes extérieures, mais le travail n'est-il pas en lui-même une contrainte, une servitude?
Pourquoi, alors? Ou bien les contraintes ne tiennent-elles qu'aux conditions concrètes du travail? N'est-il pas en fait impossible de s'y soustraire?
Dans l'hypothèse inverse, le travail serait une activité témoignant d'un pouvoir de l'homme, voire ajoutant à son pouvoir. De quel pouvoir
s'agirait-il alors?
Le profit, c'est la différence entre la valeur d'usage et la valeur d'échange.Le travail que produit l'ouvrier est un travail concret, au sens où il produit des biens dont on peut se servir : son travail, comme travail concret, est donc créateur de valeur d'usage. Mais, ce n'est pas sous ce rapport que son travail est pris en compte : l'objet intéresse le capitaliste en ce qu'il a une valeur d'échange : la division du travail et le salariat transforment donc le travail du salarié de travail concret en travail abstrait. Le travailleur est donc aliéné d'abord en ce qu'il est dépossédé de l'objet de son travail, et de ce qui lui permet l'objectivation : privé de l'effet en retour de son travail sur lui-même, le travailleur n'est plus libéré par son travail, mais au contraire son travail l'aliène.Mais le travailleur est aliéné en un second sens : le passage de l'outil à la machine lui fait perdre la maîtrise de la technique. De moyen de ruser avec la nature pour se libérer, la technique devient ici un facteur d'aliénation, de perte de liberté. Dans le passage des métiers, des ateliers, du compagnonnage et des confréries au machinisme industriel, le travailleur perd la maîtrise de l'ensemble du processus et de l'ensemble des moyens techniques : devenu parcellaire, son travail ne maîtrise plus la machine mais au contraire se trouve maîtrisé par elle : « Dans la manufacture et le métier, l'ouvrier se sert de son outil ; dans la fabrique il sert la machine », ajoute Marx.Dans le travail social, la technique prive l'homme de la jouissance de la communication et du choc en retour, cad des moyens de sa libération. Pourtant, la machine sans sa valorisation par l'homme n'est que du « travail mort » : mais le travail vivant auquel sa valorisation par l'homme donne lieu n'a plus rien de libérateur. Hegel le prophétisait déjà en quelque sorte : « enfin l'abstraction de la production fait le travail toujours plus mécanique et à la fin, il est possible que l'homme en soit exclu et que la machine remplace l'homme » ( « PPD » $198).
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