Le travail n'est-il pour l'homme qu'un moyen de subvenir à ses besoins ?
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Publié le : 4/1/2004 -Format:
- travail : Du latin populaire tripalium, «machine à trois pieux » destinée à immobiliser les chevaux pour les ferrer, d'où « instrument de torture ». Toute activité visant à la production d'une oeuvre utile. Spécialement, ensemble des activités accomplies par l'homme pour produire des biens et des services en contrepartie desquels il est rémunéré. * Le travail est souvent associe a la peine et a la souffrance. Dans la Bible d'ailleurs, Dieu punit le premier péché en chassant Adam du jardin d'Eden et en l'obligeant à cultiver désormais une terre stérile : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ». * Pour Marx, le travail humain contribue à transformer l'homme tout autant que la nature. En effet, contrairement à l'animal, qui agit par pur instinct, l'homme détermine dans sa conscience le but qu'il veut atteindre avant de le réaliser. « Ce qui distingue dès l'abord le plus mauvais architecte de l'abeille la plus experte, écrit Marx, c'est qu'il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. » * Le travail salarié constitue, selon Nietzsche, « la meilleure des polices » : « il tient chacun en bride et s'entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance ».
- homme : Le plus évolué des êtres vivants, appartenant à la famille des hominidés et à l'espèce Homo sapiens (« homme sage »). Traditionnellement défini comme « animal doué de raison », l'homme est aussi, selon Aristote, un « animal politique ». Ce serait en effet pour qu'il puisse s'entendre avec ses semblables sur le bon, l'utile et le juste que la nature l'aurait pourvu du langage.
- moyen : Ce qui sert à la réalisation d'une fin: "La fin justifie les moyens."
- subvenir : Subvenir à : fournir le nécessaire afin de satisfaire (quelque chose), pourvoir à.
- besoin : Ce qui est nécessaire à l'existence, à la conservation ou au développement d'un être vivant. En dehors des besoins strictement vitaux (boire, manger, dormir), on peut identifier chez l'homme des besoins spirituels et moraux (aimer, être aimé, être reconnu, etc.) dont semble dépendre son épanouissement.
Les philosophes se sont intéressés au travail d'un certain point de vue. En fait, la question du travail est abordée à l'intérieur d'une anthropologie, c'est-à-dire d'une étude plus générale de l'homme et ses rapports avec la nature. L'intitulé du sujet se place d'emblée dans ce cadre (« Le travail n'est-il pour l'homme qu'un moyen de subvenir à ses besoins ? »). Il s'agit, pour bien en prendre la mesure, de réfléchir sur le travail dans cette « optique » : en quoi le travail est-il propre aux hommes ? Qu'est-ce qui caractérise le travail humain? L'homme se définit-il par son travail ?
La question se précise dans la suite : à quoi sert le travail ? Est-ce seulement le moyen de satisfaire des besoins? Il faut s'appuyer sur la formulation du sujet, qui invite à répondre: «non, le travail n'est pas seulement un moyen de satisfaire nos besoins » Que peut-il être d'autre ? Un moyen de se réaliser, de « s'épanouir» dans une profession que l'on a choisie, de créer, de se faire reconnaître par les autres, de s'intégrer dans la société, etc. Toutes ces réponses sont justes. Mais si l'on veut donner au sujet un tour plus philosophique, on devra aller plus loin : faire l'analyse des concepts. Ici, moyen s'oppose à fin. D'autre part, le besoin est une nécessité d'ordre naturel ; dès lors, on doit pouvoir lire en creux, dans le sujet : l'homme n'est-il qu'un être de nature? Son travail est-il aussi naturel que le travail de l'araignée tissant sa toile? Enfin, qu'est-ce qui distingue le travail d'une activité en général? Si vous faites cette analyse, vous définirez la problématique la plus conforme à ce sujet et à ses attendus.
Si le travail est un moyen de subvenir à nos besoins, et que par ailleurs, nous reconnaissons que nous avons des besoins et ne pouvons pas y échapper, n’est-il pas alors plutôt une nécessité ? Prétendre qu’il est un moyen laisse en effet entendre qu’il serait un moyen parmi d’autres. Or l’expérience quotidienne tend à montrer le contraire. Mais dira t-on du travail qu’il est encore un moyen s’il est le seul moyen ? Ce qui s’impose à nous n’est plus un moyen mais devient au contraire une nécessité.
- I – Le travail est-il un moyen ou une nécessité ?
S’il n’est que simple nécessité, alors nous aurons répondu à la question de notre sujet. En revanche, s’il est moyen et non nécessité, c’est qu’il est moyen d’autre chose que de nos besoins. D’où cette seconde question :
- II – De quoi est-il le moyen (s’il l’est) ?
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