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Sujet : Est-il valable de justifier une chose en utilisant la formule: "c'est naturel" ?

Définitions des termes :
  • chose : 1. Désigne la réalité (res en latin : chose) en gén. ; cf. DESCARTES : « chose pensante » (âme), « chose étendue » (matière). 2. Désigne la réalité, envisagée comme déterminée et statique, existant hors de la représentation ; en ce sens, KANT utilise l'expression « chose en soi ». 3. (Par ext.) À partir du sens 2, désigne la réalité inanimée, hors de son rapport à la pensée (le monde des choses). Rem. : la chose se distingue de l'objet en ce que ce dernier est construit ; cela n'implique pas que la chose soit chose en soi ; ce qui est chose se constitue comme ce qui est maniable, ce qui est disponible ; autrement dit, l'objet se réfère à la pensée, la chose à l'action ; le monde des choses, c'est le monde qui se détermine dans la pratique, et y résiste ; à partir du sens 3, le réaliste confond volontiers la chose et l'objet (cf. DURKHEIM : « Il faut considérer les faits sociaux comme des choses »). 4. Chosisme : attitude qui consiste à considérer la réalité comme une chose au sens 2.

Extrait du corrigé :   Mais la nature est hostile.   a) Un problème survient car Aristote croit que sa doctrine permet d'affirmer que la tendance naturelle pousse l'homme à la moralité, prétextant que là est la fonction que la nature a attribué à l'homme. Mais Aristote affirme cela de la nature en se basant sur ce qu'il voit. Or, peut-on affirmer que ce qu'Aristote voit, c'est bien la nature ? Ainsi que l'écrit Hobbes : « si les hommes s'aimaient naturellement, c'est-à-dire, en tant qu'homme, il n'y a aucune raison pourquoi chacun n'aimerait pas le premier venu, comme étant autant homme qu'un autre » (Du citoyen, I, 1) Aristote aurait ainsi confondu des corps politiques et de simples rassemblements, en faisant de manière erronée l'amalgame entre l'organisation humaine et l'instinct animal. Si les abeilles se rassemblent par instinct, il n'en est pas de même chez les hommes, car pour eux, il n'y a pas d'accord spontané, pas de consensus qui ne soit remis en question, mais uniquement le pouvoir d'un gouvernement, toujours instable et critiqué. On ne peut donc considérer que l'homme est un être que la nature pousse à la moralité, car instinctivement, l'accord entre les concitoyens n'a pas lieu : ne constate-t-on pas que chaque homme cherche à prendre le dessus sur son voisin et qu'une concurrence sans relâche existe entre les individus ? b) La réalité semble beaucoup moins sympathique. Reprenant les mots de Plaute, Hobbes nous rappelle que « l'homme est un loup pour l'homme » (Du citoyen, dédicace). A l'état naturel, l'humanité en est réduite à la guerre de tous contre tous et la compétition ainsi que la rivalité pour s'approprier toujours plus de pouvoir sont poussées jusqu'à leur degré le plus extrême.

	Est-il valable de justifier une chose en utilisant la formule: "c'est naturel" ?

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