Vaut-il mieux changer nos désirs plutôt que l'ordre du monde ? *
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Aperçu du corrigé : Vaut-il mieux changer nos désirs plutôt que l'ordre du monde ?
Il s'agit d'une question morale qui se fonde essentiellement sur une conception du sujet, de la condition humaine et de ses pouvoirs. Le choix est nécessaire car il y a une alternative entre des termes qui s'opposent: mes désirs s'opposent à l'ordre du monde. C'est parce que l'ordre du monde rend impossible la réalisation de mes désirs que la question se pose. Soit je cherche à changer l'ordre du monde pour réaliser mes désirs, soit je change mes désirs et accepte l'ordre du monde. C'est donc une alternative entre un pessimisme qui tend à la résignation, voire au quiétisme, et un optimisme qui tend à une action volontariste. L'ordre du monde, c'est la situation de l'homme dans la nature, sa nécessaire condition humaine: vieillesse et mort, travail mais c'est aussi sa situation dans la société: le travail est social, les obligations sociales s'imposent aux individus, les autres s'opposent à la réalisation de mes désirs, etc. Si la question se présente sous la forme d'une alternative, le fait que notre pouvoir ne soit pas infini (ce que suppose la solution optimiste en voulant accorder le monde à nos désirs) mais qu'il ne soit pas nul (ce que suppose la solution pessimiste qui se résigne à accepter le monde tel qu'il est par désespoir de pouvoir le changer) montre que l'enjeu n'est pas de choisir l'une ou l'autre solution, selon la confiance que nous avons en nous-même, mais de déterminer les limites de notre pouvoir et de ce que l'on peut espérer dans cette vie.
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L'homme n'a jamais laissé faire la nature. L'homme comme maître et possesseur de la nature Dans la sixième partie du « Discours de la méthode » (1637), Descartes met au jour un projet dont nous sommes les héritiers. Il s'agit de promouvoir une nouvelle conception de la science, de la technique et de leurs rapports, apte à nous rendre « comme maître et possesseurs de la nature ». Descartes n'inaugure pas seulement l'ère du mécanisme, mais aussi celle du machinisme, de la domination technicienne du monde. Si Descartes marque une étape essentielle dans l'histoire de la philosophie, c'est qu'il rompt de façon radicale et essentielle avec sa compréhension antérieure. Dans le « Discours de la méthode », Descartes polémique avec la philosophie de son temps et des siècles passés : la scolastique, que l'on peut définir comme une réappropriation chrétienne de la doctrine d'Aristote. Plus précisément, il s'agit dans notre passage de substituer « à la philosophie spéculative qu'on enseigne dans les écoles » une « philosophie pratique ». La philosophie spéculative désigne la scolastique, qui fait prédominer la contemplation sur l'action, le voir sur l'agir. Aristote et la tradition grecque faisaient de la science une activité libre et désintéressée, n'ayant d'autre but que de comprendre le monde, d'en admirer la beauté. La vie active est conçue comme coupée de la vie spéculative, seule digne non seulement des hommes, mais des dieux.
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