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Sujet : La vérité est-elle éternelle ?

Extrait du corrigé :   II.                  Critique de l'induction   Est-on absolument sûr que si l'on observe cent fois cent cygnes différents, est-on sûr pour autant que tous les cygnes seront blancs jusqu'à la fin des temps ? En d'autres termes, peut-on l'induction mène-t-elle indubitablement à des propositions de vérité générale ? C'est là la critique que formule Popper contre la science inductive. Toutes les sciences sont basées sur l'observation du monde. Comme cette observation est par nature partielle, la seule approche possible consiste à tirer des lois générales de ces observations (remarquons que c'est l'approche générale et fondamentale de tout organisme vivant qui apprend de son milieu). Si cette démarche permet d'avancer, elle ne garantit en aucun cas la justesse des conclusions. Pour Popper, il faut donc prendre au sérieux l'analyse de Hume qui montre l'invalidité fréquente de l'induction. Cette critique de l'induction conduit donc Popper à remettre en cause l'idée (chère aux positivistes) de vérification. Plutôt que de parler de « vérification » d'une hypothèse, Popper parlera de « corroboration », c'est-à-dire d'observation qui va dans le sens prévu par la théorie.

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Définitions

  • vérité : La vérité concerne l'ordre du discours, et il faut en cela la distinguer de la réalité. Elle se définit traditionnellement comme l'adéquation entre le réel et le discours. Qualité d'une proposition en accord avec son objet. La vérité formelle, en logique, en mathématiques c'est l'accord de l'esprit avec ses propres conventions. La vérité expérimentale c'est la non-contradiction de mes jugements, l'accord et l'identification de mes énoncés à propos d'un donné matériel. On distinguera soigneusement la réalité qui concerne un objet (ce cahier, cette lampe sont réels) et la vérité qui est une valeur qui concerne un jugement. Ainsi le jugement : « ce cahier est vert » est un jugement vrai ou bien un jugement faux. La vérité ou la fausseté qualifient donc non l'objet lui-même mais la valeur de mon assertion. La philosophie, parce qu'elle recherche la vérité, pose le problème de ses conditions d'accès et des critères du jugement vrai.

Problématique

La vérité est l’accord de la pensée et de la réalité. Si je pense que la rose est rouge et que cette pensée est confirmée par la réalité (c'est-à-dire par l’expérience empirique), alors la phrase « la rose est rouge » est vraie. Mais on voit que dans ce cas, cette phrase ne peut constituer une vérité éternelle: la rose se fanera, et bientôt ne sera plus. La plupart des vérités que nous puissions connaitre sont de cet ordre : elles ne sont vraies qu’autant que la réalité demeure, mais si l’on identifie la réalité au monde sensible, celui-ci étant par nature changeant, elles ne sont que momentanément des vérités. Une vérité qui serait éternelle n’aurait au contraire ni début ni fin, elle serait toujours valable, sans interruption. Une vérité qui serait éternelle serait également une vérité d’un ordre supérieur, bien plus importante à connaître. Pourtant, même les lois de la nature qu’établissent et utilisent les scientifiques, formulées en termes d’universalité et de nécessité, telles que « la terre tourne autour du soleil », ou « le volume de l’eau augmente quand elle passa à l’état solide » ne sont des vérités qu’en tant qu’elles sont relatives à notre expérience. On ne peut garantir qu’un jour un changement d’une ampleur gigantesque ne va pas modifier la trajectoire de la terre. Il n’y a rien de nécessaire logiquement dans l’éternité de cette vérité : elle n'est vraie que tant que l’expérience nous le confirme. Et les vérités mathématiques elles-mêmes évoluent en même temps que l’avance de nos recherches scientifiques. Faut-il pour autant en conclure qu’il n’y a pas en soi de vérité éternelle ? Ne doit-on pas plutôt dire que c'est pour nous qu’il n’y en a pas, mais que cela n'est dû qu’à la forme de notre connaissance, qui est incomplète et doit pour cela progresser ?



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