La violence est-elle un mal nécessaire ? *
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : La violence est-elle un mal nécessaire ?
La violence est un usage de la force portant atteinte à autrui, que ce soit physiquement – la violence d’un coup – ou moralement – la violence d’une attitude, d’une parole. On peut également envisager la violence dans un cadre politique : la violence est alors un usage de la force assumé par le pouvoir officiel, souvent dans le but d’obtenir un résultat auquel d’autres moyens plus doux ne seraient pas parvenus. Le sujet porte ici sur la pertinence de la position qui envisagerait la violence comme un mal nécessaire. La violence est donc présupposée comme étant un mal – la perspective prise sur elle n’est pas neutre. Mais il faut s’arrêter sur l’expression « mal nécessaire ». Dans le langage courant, elle désigne un acte désagréable, voire violent ou répugnant, dont on ne peut pourtant se passer pour parvenir à une fin que l’on considère comme bonne. Il y aurait donc dans la formulation du sujet l’idée que la violence a quelque chose d’inévitable, d’inéluctable, d’autant plus que le sens philosophique du mot « nécessaire » est un sens fort, puisque ce mot s’applique à ce qui ne peut pas ne pas être, ni être autrement.
La question porte donc sur la nature de la violence prise sous un angle déjà bien défini. Pour mesurer la pertinence de cet angle, on pourra s’interroger sur l’origine de la violence - donc sur ce qui explique son existence, ce qui devrait permettre de décider si elle est nécessaire ou évitable -, mais aussi sur son efficace – la violence apparaîtrait alors comme un mode de comportement doté d’une puissance d’action forte qui justifierait qu’on y ait recours dans certains cas.
La réponse à ces questions peut être recherchée aussi bien dans le domaine de la philosophie de la conduite de la vie individuelle que dans la philosophie politique – la violence n’étant peut être pas à considérer de la même façon dans ces deux domaines. Il faudra donc tenter d’expliquer le phénomène de la violence, dans ces deux domaines, et voir si – et à quelles conditions – elle peut être envisagée comme inévitable et nécessaire.que la passion nous permette d'aimer un être autre que nous ? Il n'en est rien et, en aimant le passé, nous n'aimons que notre propre passé, seul objet de nos souvenirs. On ne saurait aimer le passé d'autrui ; par contre, l'amour peut se porter vers son avenir, et il le doit, car, aimer vraiment, c'est vouloir le bien de l'être qu'on aime, et l'on ne peut vouloir ce bien que dans le futur. Tout amour passion, tout amour du passé, est donc illusion d'amour et, en fait, amour de soi-même. Il est désir de se retrouver, et non de se perdre ; d'assimiler autrui, et non de se donner a lui ; il est infantile, possessif et cruel, analogue à l'amour éprouvé pour la nourriture que l'on dévore et que l'on détruit en l'incorporant à soi-même. L'amour action suppose au contraire l'oubli de soi, et de ce que l'on fut ; il implique l'effort pour améliorer l'avenir de celui que l'on aime.Et si souvent l'aveuglement, et l'on ne sait quelle complaisance pour nos caprices, nous font désirer d'être passionnément aimés, il n'en reste pas moins que celui qui est aimé ainsi sait confusément qu'il n'est pas l'objet véritable de l'amour qu'on lui porte ; il devine qu'il n'est que l'occasion, pour celui qui l'aime, d'évoquer quelque souvenir, et donc de s'aimer lui-même. A cette tristesse chez l'aimé correspond chez l'aimant quelque désespoir, car le passionné sent bien que sa conscience ne peut parvenir à sortir de soi, à atteindre une extériorité, à s'attacher à une autre personne.Ainsi s'explique que l'inconstance des passions coïncide souvent avec leur violence. La violence de la passion vient de ce que sa source est l'égoïsme, sentiment d'une grande force, et souffrant mal les obstacles.
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