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VIOLENCE ET VÉRITÉ: fin de la XIIe Provinciale de Pascal

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VIOLENCE ET VÉRITÉ: fin de la XIIe Provinciale de Pascal

Philosophie

Aperçu du corrigé : VIOLENCE ET VÉRITÉ: fin de la XIIe Provinciale de Pascal



Publié le : 27/5/2010 -Format: Document en format FLASH protégé

VIOLENCE ET VÉRITÉ: fin de la XIIe Provinciale de Pascal
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  • violence : Du latin violentia, "abus de la force". A l'origine, le terme désigne le fait "d'agir sur quelqu'un ou de le faire agir contre sa volonté, en employant la force ou l'intimidation.
  • vérité : La vérité concerne l'ordre du discours, et il faut en cela la distinguer de la réalité. Elle se définit traditionnellement comme l'adéquation entre le réel et le discours. Qualité d'une proposition en accord avec son objet. La vérité formelle, en logique, en mathématiques c'est l'accord de l'esprit avec ses propres conventions. La vérité expérimentale c'est la non-contradiction de mes jugements, l'accord et l'identification de mes énoncés à propos d'un donné matériel. On distinguera soigneusement la réalité qui concerne un objet (ce cahier, cette lampe sont réels) et la vérité qui est une valeur qui concerne un jugement. Ainsi le jugement : « ce cahier est vert » est un jugement vrai ou bien un jugement faux. La vérité ou la fausseté qualifient donc non l'objet lui-même mais la valeur de mon assertion. La philosophie, parce qu'elle recherche la vérité, pose le problème de ses conditions d'accès et des critères du jugement vrai.
  • pascal : Au moment où Descartes place la personne humaine au centre de toute réflexion, Pascal affirme que le «moi» est soumis à la toute-puissance de Dieu. Et il démontre que les vérités de la raison et de la foi ne sont pas du même ordre.

Les Provinciales se présentent au lecteur comme des lettres écrites par un honnête homme de Paris à un ami provincial, pour le mettre au courant de la querelle qui oppose les jansénistes et les jésuites, en 1656-57. Il n'est pas nécessaire d'exposer le fond de cette querelle pour apprécier l'extrait que nous nous proposons d'expliquer ici. Mais il faut tout de même savoir :
 — que ces lettres sont fictives : l'auteur y adopte la convention du genre épistolaire, mais bien entendu, il écrit directement pour être lu du public lettré de l'époque;
 — que Pascal a combattu et ridiculisé la position des jésuites, lesquels l'ont accusé de se moquer des choses saintes et l'ont couvert d'injures;
 — que l'auteur a dû rester dans l'anonymat à cause des poursuites policières et de la censure que les jésuites, influents, avaient réussi à déclencher contre la publication des Provinciales;
 — qu'enfin, à partir de la onzième lettre, Pascal s'adresse directement aux « Pères jésuites », dans l'espoir peut-être de toucher en eux la part de christianisme sincère que masque leur intransigeance officielle.



(Voici la fin de la Xlle Provinciale de Pascal. Poursuivi par les écrits calomnieux et les menaces policières des Pères jésuites, Pascal, récusant ces procédés, leur répond en ces termes :) Je vous plains, mes Pères, d'avoir recours à de tels remèdes. Les injures que vous me dites n'éclairciront pas nos différends, et les menaces que vous me faites en tant de façons ne m'empêcheront pas de me défendre. Vous croyez avoir la force et l'impunité, mais je crois avoir la vérité et l'innocence. C'est une étrange et longue guerre que celle où la violence essaie d'opprimer la vérité. Tous les efforts de la violence ne peuvent affaiblir la vérité, et ne servent qu'a la relever davantage. Toutes les lumières de la vérité ne peuvent rien pour arrêter la violence, et ne font que l'irriter encore plus. Quand la force combat la force, la plus puissante détruit la moindre; quand on oppose les discours aux discours, ceux qui sont véritables et convaincants confondent et dissipent ceux qui n'ont que la vanité et le mensonge; mais la violence et la vérité ne peuvent rien l'une sur l'autre. Qu'on ne prétende pas de là néanmoins que les choses soient égales : car il y a cette extrême différence, que la violence n'a qu'un cours borné par l'ordre de Dieu, qui en conduit les effets à la gloire de la vérité qu'elle attaque; au lieu que la vérité subsiste éternellement, et triomphe enfin de ses ennemis, parce qu'elle est éternelle et puissante comme Dieu même.




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  • alooha (Hors-ligne), le 07/01/2011 à 07H22.
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