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Sujet : Vouloir avoir raison est-ce critiquable

Définitions des termes :
  • vouloir : La volonté se définit comme la faculté de choix : pouvoir de se déterminer librement à agir ou à s'abstenir d'agir, en vertu de motifs. La volonté implique une délibération consciente : par ce trait, l'acte volontaire s'oppose à l'acte qui procède de l'instinct, de l'impulsion, d'un réflexe ou d'une habitude. Vouloir, c'est donc poursuivre une fin déterminée et conscient. On peut déjà noter que la volonté inclue également une faculté de représentation.
  • raison : Du latin ratio, « calcul », « faculté de calculer, de raisonner » (en grec logos). * Au sens subjectif : mode de penser propre à l'homme (lui-même défini comme « animal raisonnable »). * Par opposition à l'intuition : faculté de raisonner, c'est-à-dire de combiner des concepts et des jugements, de déduire des conséquences. * Par opposition à la passion ou à la folie : pouvoir de bien juger, de distinguer le vrai du faux, le bien du mal. * Par opposition à la foi : la « lumière naturelle », naturellement présente en tout homme. * Par opposition à l'expérience : faculté de fournir des principes a priori (c'est-à-dire indépendants de l'expérience)* Au sens objectif : principe d'explication, cause (exemple : les raisons d'un phénomène). * Argument destiné à légitimer un jugement ou une décision (exemple : donner ses raisons).
  • critique : Ce mot désigne l'examen, par la raison, de la valeur logique d'une démonstration.

Extrait du corrigé : En ce sens, la volonté d'avoir raison ne parait pas critiquable, et la question même de sa légitimité ne semble pas devoir être posée. En revanche, on peut s'interroger sur cette légitimité lorsque vouloir avoir raison consiste à vouloir obtenir l'adhésion d'autrui.a) Convaincre sans contraindre : le respect d'autrui* Vouloir avoir raison doit alors s'entendre moins comme le désir de vouloir la vérité elle-même, pour elle-même, puisqu'on est supposé la posséder, que comme le désir de faire partager notre conception de la vérité, de faire adhérer autrui à nos vues, de le convaincre.* Voulant convaincre mon interlocuteur que j'ai raison sur tel sujet, un dialogue peut s'instaurer entre lui et moi, à l'issue duquel je veux avoir eu raison des arguments de cet interlocuteur et lui prouver que j'avais raison de penser comme je le faisais. Or, c'est seulement partir du moment où je reconnais en autrui une «personne», c'est-à-dire un être raisonnable, digne de respect et qui n'est pas moins capable de bien juger que moi, qu'un dialogue authentique peut s'instaurer.Ainsi, dès lors que je considère autrui capable d'avoir raison de la même façon que moi ; que je suppose chez lui la même capacité que j'ai, moi, à discerner le vrai du faux, le bien du mal, le beau du laid ; que je l'écoute comme je souhaite qu'il m'écoute ; que je ne pense pas avoir plus de droit que lui à parler sur tel ou tel sujet ; alors je peux vouloir avoir raison tout à fait légitimement. Et ce qui vaut sur le plan individuel vaut de la même façon sur celui des groupes (de personnes), par exemple des relations d'État à État : dès lors qu'un État ne souhaite pas vouloir avoir raison contre un autre État en menaçant ce dernier s'il ne se range pas à son opinion, c'est encore en toute légitimité que chacun pourra vouloir avoir raison.b) Les moyens de convaincre autrui* Vouloir avoir raison implique que l'adhésion de l'autre n'est pas acquise, que c'est un but à atteindre et qu'il convient de se donner les moyens d'y parvenir. il faut donc distinguer entre la vérité que l'on pense détenir et les moyens que l'on met en oeuvre pour convaincre autrui, moyens qui ne sont pas nécessairement rationnels en ce sens qu'ils ne s'adressent pas toujours à la raison, mais peuvent s'adresser au coeur, aux sentiments, à la conscience morale, etc. Je puis vouloir, par exemple, qu'autrui partage mon enthousiasme pour tel compositeur ou pour tel peintre ; or, je ne puis en toute rigueur lui démontrer sur ce plan que j'ai raison.

Vouloir avoir raison est-ce critiquable

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