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Le voyage de Bardamu (Céline)

Littérature

Aperçu du corrigé : Le voyage de Bardamu (Céline)



document rémunéré

Document transmis par : Jeanne Bailleux


Publié le : 20/3/2011 -Format: Document en format HTML protégé

Le voyage de Bardamu (Céline)
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Le périple de Bardamu commence à Paris, lorsqu'il s'engage pour partir faire la guerre. Il fait cela sur un coup de tête, il est jeune et naïf et ne sait pas vraiment ce qui l'attend. Le choc est alors d'autant plus fort. Il y découvre toute l'horreur et la haine de l'humanité et sera à partir de ce moment là un autre homme, et restera marqué à vie.

En Afrique, il découvre l'horreur de l'exploitation coloniale et vit dans des conditions effroyables. Il repart de ce pays encore plus traumatisé qu'avant.

L'humanité le dégoûte, il ne comprend pas le monde dans lequel il vit ni les hommes qui l'entourent.

A New-York, ville dont il a toujours rêvé, il est de nouveau désillusionné: sa vie là bas n'est que solitude et pauvreté. C'est une nouvelle épreuve qu'il affronte du mieux qu'il peut.

Le moment le plus heureux de son existence semble être lors de son aventure avec Molly. Mais Bardamu n'arrive pas à avoir de sentiments pour elle, et ressent le besoin de continuer son périple, comme s'il ne supportait pas le bonheur ainsi que le fait d'être aimé.

Son malheur recommence dès son retour en France. C'est à Rancy qu'il découvre les côtés les plus répugnants de la condition humaine.

Bardamu semble être conditionné pour souffrir, pour avoir une existence misérable et il l'accepte, pensant tout simplement que c'est son destin. La seule lueur d'espoir de Bardamu est Bébert, un enfant qui peut encore décider de son destin et devenir quelqu'un de bien. Cet enfant symbolise un réel espoir pour Bardamu, et lorsque Bébert meurt, le voyage au bout de la nuit du personnage principal s'envole.

Ce n'est qu'à la fin du récit que Bardamu connait une existence assez convenable, lorsqu'il est médecin dans un établissement psychiatrique à Paris. Seulement il est obsédé par le fait de trouver un moyen de mourir en s'en moquant, comme Robinson le fit.

      Toute l'existence de Bardamu est misérable, il ne ressent rien, est dégoûté par l'espèce humaine et n'a même plus peur de la mort. Il hait le monde tel qu'il est, et chaque moment de bonheur est pour lui insignifiant.

Ce dont, par contre, Bardamu n'a pas peur, c'est la femme. Il a le goût, l'admiration, la fascination, du corps féminin, il a « le vice des formes parfaites « (page 467), pour lui, la beauté est une vérité qui ne ment pas. Il aime les belles filles et, plus spécialement, les danseuses qui, par leur corps svelte et haut, leurs jambes élancées (page 230) atteignent la perfection esthétique féminine. Il allait régulièrement s’asseoir dans le cours de danse d’Élisabeth Craig pour admirer des jambes qu’à cette époque il était impossible de voir dans la rue. Dans le livre, on trouve toute une kyrielle de belles filles : Lola, Musyne, la fille de Mischief (« une beauté de chair en éclosion «, page 190), les femmes de New York (pages 194, 201, à propos desquelles il voit la Grèce qui recommence, les habitants de la Grèce antique étant considérés comme des modèles de beauté physique), Molly, Tania, Madelon, Sophie, chacune donnant à Bardamu, parfois à simplement la contempler, la force qu'il faut pour continuer à vivre. Chaque fois, son admiration va tout d'abord à la réussite d'une morphologie ou même d'une anatomie, plus encore, quand il peut en suivre le détail de la main : il « n'en a jamais assez de parcourir le corps de Lola « (page 53) et, plus tard, celui de Sophie (page 472). Il affirme : « La véritable aristocratie humaine, on a beau dire, ce sont les jambes qui la confèrent, pas d’erreur. « Surtout, ces femmes, il apprécie de pouvoir s'unir à elles, de jouir par le plaisir sexuel, de donner et recevoir le plaisir (page 474). L'acte sexuel est le moment où, dans le corps, cette « pourriture en suspens « (page 426), « la matière devient vie « (page 474), c'est-à-dire le contraire d'elle-même. C'est bien « le plaisir à faire l'amour pendant mille ans auparavant « (page 380) qu'il considère comme ce qui pourrait être le plus fort, mais ne l'est pas assez, contre la peur de la mort. Aussi ses hymnes à la gloire du corps féminin, son apologie du plaisir sexuel, ont-ils été jugés scandaleux par les bourgeois puritains, comme aujourd'hui par un certain féminisme qui n'est qu'un autre visage du puritanisme, par la pensée « politically correct «.

Robinson : Nous avons montré le caractère étrange des rencontres entre Bardamu et Robinson qui fait pencher le roman vers le fantastique. Or nous constatons que Robinson est une sorte de Bardamu aux traits plus accusés, aux caractéristiques contradictoires et complémentaires. Il est plus animé que Bardamu du goût du voyage (pages 406, 438, 440, 447), il le précède en chaque endroit et peut d'abord lui donner des conseils. Il est plus impulsif. Il est plus insensible : face à son capitaine (page 47), il n'a aucune émotion devant sa souffrance, l'instinct de conservation réveillé a exagéré son égoïsme, tandis que Bardamu est devenu altruiste, médecin sensible à la douleur humaine, au scandale de la mort (en particulier, celle de Bébert). Il est plus amer, plus pessimiste, plus négatif, tandis qu'il y a chez Bardamu une lueur de positivité. Il est moins instruit que Bardamu, moins fier que lui, il accepte le déclasssement (son travail de balayeur de nuit). Il est plus inquiet, plus instable, il continue d'être traqué quand Bardamu ne l'est plus, il ne s'adapte à rien, il refuse la sécurité avec Madelon comme Bardamu avec Molly ; c'est lui qui se raccroche à Bardamu, empêtré par cette amitié encombrante. Mais il est aussi celui qui agit, qui commet des crimes pour se débrouiller, à qui sont donc attachés de mauvais souvenirs, tandis que Bardamu se contente d'être au courant et de laisser faire et voudrait pouvoir oublier. Surtout, il ose aller jusqu'au bout, jusqu'à la mort, parce qu'il s'est rempli d'une seule idée (page 501). Mais si Bardamu veut, lui aussi, faire de la vie une « entière idée [...] qui ferait tout marcher, les hommes et les choses depuis la Terre jusqu'au Ciel «, cette idée en est une de courage, le courage qui a manqué à Robinson (qui n'est donc pas l'idéal de Bardamu).

En fait, Robinson ne voulait plus rien demander à la vie. Dans la seconde moitié du roman, il a joué pour Bardamu le rôle de sujet d'expérience chez qui se trouvent levées les inhibitions qui d'ordinaire retiennent les êtres humains ; il va plus loin que les autres dans « la vocation de meurtre « (page 308) et dans la vocation analogue qui est celle du suicide puisque, à partir de son arrivée à Rancy, une recherche radicale le mène jusqu'au moment où il dit, dans le taxi, à Madelon, qu'il sait armée, les mots qu'il faut pour qu'elle le tue (pages 490, 494). À moins qu'il ne parle ainsi que parce qu'il prend du plaisir à l'irriter, qu'il a le goût du risque comme remède à l'ennui, ou par curiosité ou par indifférence. En définitive, il reste dans la nuit tandis que Bardamu atteint le « bout de la nuit «, qui est aussi d'être débarrassé de Robinson, mauvais démon qui le hantait. La fin du livre est donc essentielle.

Vue sous cet angle, cette complicité est révélatrice : Bardamu a eu besoin de Robinson pour savoir jusqu'où va la misère, jusqu'où doit aller l'acceptation de la misère et du monde comme il est fait. Il lui a servi de guide, d'intercesseur, de bouc émissaire devenu trop pesant et qui doit se sacrifier pour que l'autre, libéré, puisse vivre enfin une vie sereine.

 

 

Bardamu anti-héros

Absence de verbes d’action, se contente d’observer, de subir et de commenter (“j’ai pensé”)

Un personnage littéralement sonné, et durablement: “le bruit est resté longtemps dans ma tête” “dans la fumée qui piqua les yeux encore pendant longtemps”. D’ailleurs, Bardamu fait preuve de lâcheté: il ne veut pas s’occuper personnellement des “charognes” (terme qui désigne péjorativement et non sans quelque ironie les ennemis encore vivants du personnage) et des “ordures”. Il entend seulement les “aid[er] [...] à trouver un obus”, comme par hasard. La dernière phrase confirme cette lâcheté  : avec un  certain cynisme, Bardamu renvoie le colonel mort à ses

erreurs”: “s’il était parti dès les premières balles, ça ne lui serait pas arrivé”: le personnage prône clairement les vertus de la fuite !




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