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Est-il vrai de dire de la science qu'elle est par nature inachevable ?

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Sujet : Est-il vrai de dire de la science qu'elle est par nature inachevable ?

Aperçu du corrigé : Est-il vrai de dire de la science qu'elle est par nature inachevable ?



Publié le : 30/7/2005 -Format: Document en format FLASH protégé

	Est-il vrai de dire de la science qu'elle est par nature inachevable	?
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Est-il vrai de dire de la science qu'elle est par nature inachevable ?



  • vrai : Ce qui est conforme à la réalité, ce qui est réellement.
  • dire : Affirmer, soutenir, tenir pour vrai.
  • science : Ensemble des connaissances portant sur le donné, permettant la prévision et l'action efficace. Corps de connaissances constituées, articulées par déduction logique et susceptibles d'être vérifiées par l'expérience.
  • nature : 1° L'inné par opposition à l'acquis (nature opposée à culture, ou chez les anthropologues anglo-saxons nature opposée à nurture); 2° Essence, ensemble des propriétés qui caractérisent un objet ou un être (la nature de l'homme par exemple); 3° L'ensemble des phénomènes matériels, liés entre eux par des lois scientifiques. En ce sens, le naturel peut s'opposer au surnaturel qui désigne une intervention transcendante de la divinité; 4° Spinoza distingue la nature naturante, c'est-à-dire la substance infinie et la nature naturée, les divers modes par lesquels s'exprime cette substance. Le mot nature est ambigu. Le naturalisme du xviiie siècle par exemple est contradictoire. D'une part son épistémologie réduit la nature à un mécanisme (des faits soumis à des lois nécessaires) indifférent aux valeurs humaines. D'autre part, sa morale prétend se fonder sur la nature, c'est-à-dire sur des tendances spontanées, supposées bonnes; la nature devient alors la Mère-Nature, une sorte de providence bienveillante.

Ce qui poussa les hommes à savoir fut l'étonnement à l'égard des choses de la nature : "pourquoi" et comment ont été les premières interrogations dans les esprits des hommes. Le questionnement scientifique est né et les méthodes de recherche, d'enquête, d'observation se constituent. De telles sciences se sont voulues exhaustives : il s'agissait d'arriver à comprendre la nature des choses et répondre à la question des origines. La science est-elle par nature inachevable ? Peut-on tout savoir? Les méthodes scientifiques sont-elles efficaces pour appréhender tout les réel ?

 


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  • Marie26165 (Hors-ligne), le 14/11/2010 à 14H20.
  • krack (Hors-ligne), le 14/11/2010 à 14H12.
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    Textes / Ouvrages de référence

    I. La science se veut achevable et exhaustive

    1. L'Homme: maître et possesseur de la nature

    TEXTE  René DESCARTES. Discours de la Méthode, VI. 1637.

     Au lieu de cette philosophie spéculative qu'on enseigne dans les écoles, on en peut trouver une pratique, par laquelle, connaissant la force et les actions du feu, de l'eau, de l'air, des astres, des cieux et de tous les corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. Ce qui n'est pas seulement à désirer pour l'invention d'une infinité d'artifices qui feraient qu'on jouirait sans aucune peine des fruits de la terre et de toutes les commodités qui s'y trouvent, mais principalement aussi pour la conservation de la santé, laquelle est sans doute le premier bien et le fondement de tous les autres biens de cette vie ; car même l'esprit dépend si fort du tempérament et de la disposition des organes du corps, que, s'il est possible de trouver quelque moyen qui rende communément les hommes plus sages et plus habiles qu'ils n'ont été jusqu'ici, je crois que c'est dans la médecine qu'on doit le chercher."

     

    2. La science substantielle et fondamentale

    TEXTE Francis Bacon théorie et pratique

     

    « C'est avec raison qu'Aristote a dit que la physique et les mathématiques engendrent la pratique ou la mécanique. Ainsi, comme nous avons déjà traité les parties de la science de la nature tant théorique que pratique, c'est ici le lieu de parler des mathématiques, qui sont pour l'une et l'autre une science auxiliaire ; car dans la philosophie reçue on la joint ordinairement à la physique et à la métaphysique, à titre de troisième partie. Quant à nous, qui remanions et révisons tout cela, si notre dessein était de la désigner comme une science substantielle et fondamentale, il serait plus conforme à la nature de la chose même et aux règles d'une distribution bien nette de la constituer comme une partie de la métaphysique ; car la quantité, qui est le sujet propre des mathématiques, appliquée à la matière, étant comme la dose de la nature et servant à rendre raison d'une infinité d'effets dans les choses naturelles, ce serait parmi les formes essentielles qu'il faudrait la ranger. En effet, la puissance de la figure et des nombres a paru si grande aux Anciens que Démocrite a donné le premier rang aux figures des atomes parmi les principes de la variété des choses, et que Pythagore n'a pas craint d'avancer que les nombres étaient les principes constitutifs de la nature. Au reste, il est hors de doute que la quantité est, de toutes les formes naturelles, telles que nous les entendons, la plus abstraite et la plus séparable de la matière, et c'est par cette raison-là même qu'on s'en est tout autrement occupé que des autres formes qui sont plus profondément plongées dans la matière ; car comme, en vertu d'un penchant vraiment inné, l'esprit humain se plaît beaucoup plus dans les choses générales, qu'il regarde comme des champs vastes et libres, que dans les faits particuliers où il se croit enseveli comme dans une forêt et renfermé comme dans un clos, on n'a rien trouvé de plus agréable et de plus commode que les mathématiques pour satisfaire ce désir de se donner carrière et de méditer sans contrainte. Or, quoique dans ce que nous disons ici il n'y ait rien que de vrai, néanmoins à nous, qui n'avons pas simplement en vue l'ordre et la vérité, mais encore l'utilité et l'avantage des hommes, il nous a paru plus convenable, vu la grande influence des mathématiques, soit dans les matières de physique et de métaphysique, soit dans celles de mécanique et de magie, de les désigner comme un appendice de toutes et comme leur troupe auxiliaire. Et c'est à quoi nous sommes en quelque manière forcé par l'engouement et l'esprit dominant des mathématiciens, qui voudraient que cette science commandât presque à la physique ; car je ne sais comment il se fait que la logique et les mathématiques, qui ne devraient être que les servantes de la physique, se targuant toutefois de leur certitude, veulent absolument lui faire la loi. »

    De Dignitate et augmentis, L iv. III, chap. VI, trad. Buchon, p. 103.

     

    TRANSITION

    Si la science première a été vue comme achevable et exhaustive, il n'en demeure pas moins que des objets peuvent lui échapper.

     

    II. il y a de l'inachevable dans la science

    1.

    TEXTE  M.Planck, Autobiographie scientifique et derniers écrits

    "Le but, c'est la création d'une image du monde avec des éléments réels qui n'aient plus à réclamer de perfectionnement et représentent ainsi l'ultime réalité. L'acquisition effective de ce but ne sera ni pourra jamais être nôtre. Mais, en vue de pouvoir au moins lui donner un nom, et pour le moment, nous appelons   la réalité ultime "le monde réel", dans le sens absolu, métaphysique, du mot"réel". Ce que l'on doit interpréter comme exprimant le fait que le monde réel  -en d'autres termes, la nature objective- se dresse derrière tout ce qui est explorable."

     

    2. Le procès du machinisme

    TEXTE Bergson, le procès du machinisme

     

    . « Quand on fait le procès du machinisme, on néglige le grief essentiel. On l'accuse d'abord de réduire l'ouvrier à l'état de machine, ensuite d'aboutir à une uniformité de production qui choque le sens artistique. Mais si la machine procure à 1'ouvrier un plus grand nombre d'heures de repos, et si l'ouvrier emploie ce supplément de loisir à autre chose qu'aux prétendus amusements qu'un industrialisme mal dirigé a mis à la portée de tous, il donnera à son intelligence le développement qu'il aura choisi, au lieu de s'en tenir à celui que lui imposerait, dans des limites restreintes, le retour (d'ailleurs impossible) à l'outil, après la suppression de la machine. Pour ce qui est de l'uniformité du produit, l'inconvénient en serait négligeable si l'économie de temps et de travail, réalisée ainsi par l'ensemble de la nation permettrait de pousser plus loin la culture intellectuelle et le développement des vraies originalités. On a reproché aux américains d'avoir tous le même chapeau. Mais la tête doit passer avant le chapeau. Faites que je puisse meubler ma tête selon mon goût propre, et j'accepterai pour elle le chapeau de tout le monde. Là n'est pas notre grief contre le machinisme. sans contester les services qu'il a rendu aux hommes en développant largement les moyens de satisfaire des besoins réels, nous lui reprochons d'en avoir trop encouragé d'artificiels, d'avoir poussé au luxe, d'avoir favorisés les villes au détriment des campagnes, enfin d'avoir élargi la distance et transformé les rapports entre le patron et l'ouvrier, entre le capital et le travail. tous ces effets pourraient d'ailleurs se corriger...»

    Les deux Sources de la Morale et de la Religion, p.327.



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