Est-il vrai que l'ignorance de notre histoire nous condamne à la revivre ? *
EXEMPLES DE RECHERCHE
Aperçu du corrigé : Est-il vrai que l'ignorance de notre histoire nous condamne à la revivre ?
Angles d’analyse
→ L’ignorance est donc précisément cette forme de privation qui condamne l’accès au savoir : or, ce qu’il s’agit d’interroger ici, c’est le rapport qu’une telle définition de l’ignorance entretient avec l’histoire –a fortiori avec la « nécessité » de connaître son histoire, son passé, c’est-à-dire encore d’où l’on vient et comment on est arrivé à tel état.
→ Il faut prendre ici le terme d’histoire en en double sens : il s’agit avant tout de l’histoire comme discipline, c’est-à-dire comme ensemble des faits conservés du passé et qui forme l’histoire collective ; mais il s’agit aussi de l’histoire personnelle constitutive d’un sujet. En ce sens on peut se demander si un sujet qui ignore d’où il vient, et dans quelles circonstances il a grandi, peut se connaître lui-même.
→ Il s’agit donc, dans les deux cas, de savoir si la connaissance de l’histoire est constitutive de notre propre présent et future. C’est donc ici la question, au fond, du « devoir de mémoire » que l’on interroge : car si l’ignorance de notre histoire nous condamne effectivement à la revivre (comme un éternel retour), alors il est un devoir pour l’homme (en tant qu’homme et en tant qu’individu) non seulement de connaître son passé mais encore de le conserver.
→ C’est donc aussi, en creux, les rapports entre mémoire et histoire qui sont ici à la question. Puisque la connaissance du passé suppose nécessairement cette intervention de la mémoire.
→ Car, en effet, que l’on songe aux mille détails de notre existence qui meurent avec l’instant que nous venons de vivre : on verra que l’oubli dévore souvent la plus grande partie de notre passé. Seule la mémoire peut lutter contre cette disparition perpétuelle, mais elle est aussi limitée.
Problématique
En quel sens et dans quelle mesure peut-on affirmer que l’ignorance de notre histoire – tant personnelle que collective – nous condamne à la revivre éternellement ? Est-ce donc que la connaissance de notre histoire suffit pour en tirer des leçons ? Peut-on seulement tirer des leçons de notre histoire, de sorte qu’on ne commette pas deux fois les mêmes erreurs ? En sommes, la connaissance l’histoire est-elle capable, à elle seule, de nous apprendre quelque chose sur nous et sur les progrès que nous devons faire ? Et dans cette perspective, quel est donc le rôle de la mémoire ?
Mais il exprime pourtant un espoir que son opuscule tâchera de conforter et de justifier. L'histoire a un sens, selon lui, elle est en progrès ; mais ce fil conducteur du passé n'est pas évident et c'est à l'historien philosophe de l'exhiber. Malgré son aspect sanglant, l'histoire serait en fait globalement orientée vers une amélioration continuelle de l'humanité. Ainsi, se trouverait expliqué l'absurde : les guerres ne sont qu'une partie de la marche vers un mieux général. Grâce à l'idée de progrès notre premier sentiment d'absurdité se trouve dissipé. On comprend en ce sens à quel point l'unité et l'unicité de l'histoire, du point de vue de l'idée, sont importantes et interviennent dans la perspective d'une volonté de donner du sens à ce qui semble être disparate et absurde. · Pour tenter de découvrir un autre ordre dans l'histoire, on peut alors chercher en elle un principe de développement qui ne soit particulier à aucune époque et qui ne tienne pas les atrocités pour autant comme négligeables. Or, la philosophie hégélienne se propose, dans cette perspective, de dépasser cette conception du progrès : l'histoire n'atteindrait pas son but en dépit des folies humaines mais, au contraire, par leur intermédiaire. Alors que la conscience des hommes est bornée et incapable de saisir dans leurs propres actes une quelconque fin rationnelle, en fait, la raison utiliserait chacune des actions humaines même mes plus absurdes, pour réaliser dans toute son étendue l'ordre rationnel du monde. (Ce qu'Hegel nomme « La ruse de la raison » dans La Raison dans l'histoire).
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