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Extrait du corrigé : Les notions du bon et du mauvais, du juste et de l'injuste n'ont pas leur place ici. Là où n'existe aucune puissance commune, il n'y a pas de loi ; là où il n'y a pas de loi, rien n'est injuste. » HOBBES, Léviathan, 13 2.2 Le sophisme naturaliste. « Il n'y a pas de définition de « bien » parce que c'est une notion simple non composée de parties. Le bien est l'un de ces innombrables objets de pensée qui ne sont pas susceptibles d'être définis, parce qu'ils sont les termes absolus en fonction desquels il faut définir tout ce qui est susceptible de définition. [...] trop de philosophes ont pensé que lorsqu'ils nommaient ces autres propriétés, c'est réellement le bien qu'ils étaient en train de définir ; et qu'en réalité ces propriétés n'étaient pas simplement « autres », mais absolument et entièrement identiques au caractère du bien. C'est cette conception que je propose d'appeler « le sophisme naturaliste », et je vais maintenant m'efforcer de nous en défaire. » MOORE, Principia Ethica, 1.
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Le terme à déterminer de prime abord est la qualification « naturelle » attachée à la morale, cela permet de resserrer le sujet, de savoir précisément de quoi il est question. La morale naturelle se distingue de la morale conventionnelle, elle ne serait pas construite par l’homme mais elle prendrait sa source dans la nature qui resterait à interpréter. La morale conventionnelle, quant à elle, n’est pas à rechercher dans la nature mais elle est le produit d’un consensus social, pouvant donc différer selon les sociétés considérées. Le caractère naturel de la morale pose le problème de l’identité de l’interprète. Qui est à même de déterminer la morale naturelle ? Chaque homme, certains hommes ? Comment savoir précisément ce que la nature nous dit de faire ? Et de quelle nature parle-t-on ? De la nature humaine ou de la nature mondaine ? Les deux difficultés que nous devons résoudre sont les suivantes : si l’éthique est fondée en nature comment reconnaître puis appliquer cette fondation ? Si la morale est conventionnelle ne risque-t-on pas de sombrer dans une relativisme éthique ? Leur résolution suppose l’examen de trois hypothèses. La première consiste à envisager l’existence d’une morale naturelle qui fonde et corrige la morale conventionnelle ou positive. La deuxième conçoit la morale dans un unique sens positif, le droit alors et la morale ne semblent pas distingués. Enfin la troisième hypothèse examine la possible réhabilitation de la morale naturelle.
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