LE SITE D'AIDE À LA DISSERTATION ET AU COMMENTAIRE DE TEXTE EN PHILOSOPHIE

EXEMPLES DE RECHERCHE


POUR LE SUJET: L'homme est-il réellement libre ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: homme libre

POUR LE SUJET: En quel sens la société libère-t-elle l'homme de la nature ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: homme nature ou homme nature société
»Créer un compte Devoir-de-philo
»
» 2649 inscrits

Sujet : La conviction d'avoir raison fait-elle obstacle au dialogue ?

Extrait du corrigé : En quoi seraient-ils des obstacles au dialogue ?En ce que celui qui est pris dans ses préjugés, dans la "Doxa", ne peut prendre distance par rapport à eux : ils les a acquis sans critique, ils lui semblent être l'évidence. En ce sens la conviction d'avoir raison est effectivement l'obstacle majeur au dialogue : si beaucoup de dialogues socratiques ne parviennent pas à un résultat, c'est souvent parce que l'interlocuteur de Socrate a trop de mal à accepter franchement le dialogue et à admettre les remises en question de Socrate. Pourtant, peut-on envisager un dialogue dont l'un des acteurs douterait de ce qu'il pense, voire n'y croirait pas du tout ? Ce genre de dialogue existe bien, c'est la "controverse éristique" des sophistes dans laquelle, telle que la présente Socrate, seul compte le fait de réduire l'adversaire au silence, de se montrer "le plus fort". Ainsi vont aussi les dialogues où l'un des interlocuteurs est de mauvaise foi: ce qui compte est de triompher symboliquement, peu importe le contenu. Il y adonc une dimension "agonistique" du dialogue, mise en évidence aussi par Nietzsche, qui ne témoigne en fait que de l'expression de la volonté de puissance : la recherche de la vérité n'a pas grand chose à y voir, les interlocuteurs s'en préoccupant peu. On voit donc que l'on oscille entre deux extrêmes : être certain d'avoir raison conduit à la susceptibilité, à l'intolérance et empêche de prendre en considération un autre point de vue que le sien. Mais, à l'opposé, l'indifférence à la vérité ruine à la base tout effort dialectique. La réflexion qui précède doit nous inviter d'abord à essayer de former notre propre jugement, pour avoir effectivement des arguments à présenter et ensuite à ne pas croire que le dialogue suppose simplement la bonne volonté et une ouverture à l'autre qui n'est souvent qu'apparente: comme le montre la méticuleuse réflexion socratique, c'est un art difficile, qui suppose un effort constant pour bien définir les règles du jeu, c'est à dire la méthode: c'est à cette seule condition que la pensée peut se construire comme "logos", à la fois discours et raison, rapport à l'autre et à la vérité.

Corrigé de 1413 mots (soit 2 pages) directement accessible

Cacher les ressources gratuites

Définitions

  • conviction : Du latin "convictus", convaincu. Dans "convaincu", il y a à la fois "vaincu avec" et "vaincu contre". La conviction est donc une opinion affirmée contre d'autres, de manière polémique.
  • raison : Du latin ratio, « calcul », « faculté de calculer, de raisonner » (en grec logos). * Au sens subjectif : mode de penser propre à l'homme (lui-même défini comme « animal raisonnable »). * Par opposition à l'intuition : faculté de raisonner, c'est-à-dire de combiner des concepts et des jugements, de déduire des conséquences. * Par opposition à la passion ou à la folie : pouvoir de bien juger, de distinguer le vrai du faux, le bien du mal. * Par opposition à la foi : la « lumière naturelle », naturellement présente en tout homme. * Par opposition à l'expérience : faculté de fournir des principes a priori (c'est-à-dire indépendants de l'expérience)* Au sens objectif : principe d'explication, cause (exemple : les raisons d'un phénomène). * Argument destiné à légitimer un jugement ou une décision (exemple : donner ses raisons).
  • fait : Ce qui est ou ce qui arrive, et qui se donne ou même s'impose à nous dans l'expérience. On distingue souvent le fait brut, qui s'offre immédiatement à l'observation dans l'expérience ordinaire, et le fait construit (fait scientifique), qui résulte d'une élaboration théorique et expérimentale (Bachelard appelle «phénoménotechnique» cette construction du fait). Cependant, même le fait brut est imprégné de théorie, même s'il peut s'agir d'une théorie pré-scientifique, c'est-à-dire de préjugés. Le fait (ce qui est) se distingue par principe du droit (ce qui doit être). De même, une question de fait porte sur le pourquoi ou le comment, alors qu'une question de droit porte sur la valeur et la légitimité. On oppose l'état de fait à l'état de droit, c'est-à-dire conforme au droit (légal ou légitime).
  • obstacle : Ce qui empêche ou retarde une action, une progression ; difficulté, empêchement.
  • dialogue : Chez Platon, forme de recherche philosophique de la vérité. Dans la pensée contemporaine, communication des consciences. En politique, effort de conciliation par la discussion. Dans tous les cas, respect de l'autre.

Problématique

«Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien. » Voici ce que Socrate, le maître de l’entretien dialectique, répondait a tous ceux qui lui manifestaient leur admiration pour son immense savoir et sa capacité de réflexion. Ainsi, le dialogue, du moins au sens grec et socratique du terme, ne serait possible que si les interlocuteurs acceptent de se vider de tout préjugé et certitude, de toute conviction de leur savoir. On en vient à l’interrogation [suivante] la conviction d’avoir raison fait-elle obstacle au dialogue ? Il semblerait que oui, puisqu’être convaincu entraîne la fermeture aux alternatives extérieures. Cependant, le dialogue est-il possible si l’on n’a absolument rien de sûr, aucune base de départ? Tout dépend en fait du sens que l’on donne au mot conviction [excellente précision] on peut le restreindre à une certitude universelle, qui est alors nécessaire en tant que point d’accord d’où part l’échange et qui permet la communication. Mais si la conviction d’avoir raison est prise comme une certitude absolue de détenir la vérité, elle est génératrice de conflits et empêche généralement le dialogue. Un dialogue ne peut se faire qu’entre deux êtres humains ouverts, et surtout qui se reconnaissent l’un et l’autre en tant que tels. Mais ne pourrait-on pas oser se demander à quoi cela sert que des hommes qui déjà sont conscients de leurs limites et confèrent aux autres leur dignité et leur liberté ne restent à parler qu’entre-eux ? Faudrait-il mettre le dialogue au service de la lutte contre la « conviction»? Demandons-nous, pour commencer, qu’est-ce que la «conviction d’avoir raison»? Est-ce, par exemple, la conviction d’avoir raison d’affirmer que deux et deux font quatre quand l’autre prétend que cela fait cinq ?



15000 corrigés de disseration en philosophie

 Maths
 Philosophie
 Littérature
 QCM de culture générale
 Histoire
 Géographie
 Droit
Nom/Pseudo :

email :
 
Demandez votre sujet :
« Ressource précédenteRessource suivante»