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EXEMPLES DE RECHERCHE
Extrait du corrigé : En quoi seraient-ils des obstacles au dialogue ?En ce que celui qui est pris dans ses préjugés, dans la "Doxa", ne peut prendre distance par rapport à eux : ils les a acquis sans critique, ils lui semblent être l'évidence. En ce sens la conviction d'avoir raison est effectivement l'obstacle majeur au dialogue : si beaucoup de dialogues socratiques ne parviennent pas à un résultat, c'est souvent parce que l'interlocuteur de Socrate a trop de mal à accepter franchement le dialogue et à admettre les remises en question de Socrate. Pourtant, peut-on envisager un dialogue dont l'un des acteurs douterait de ce qu'il pense, voire n'y croirait pas du tout ? Ce genre de dialogue existe bien, c'est la "controverse éristique" des sophistes dans laquelle, telle que la présente Socrate, seul compte le fait de réduire l'adversaire au silence, de se montrer "le plus fort". Ainsi vont aussi les dialogues où l'un des interlocuteurs est de mauvaise foi: ce qui compte est de triompher symboliquement, peu importe le contenu. Il y adonc une dimension "agonistique" du dialogue, mise en évidence aussi par Nietzsche, qui ne témoigne en fait que de l'expression de la volonté de puissance : la recherche de la vérité n'a pas grand chose à y voir, les interlocuteurs s'en préoccupant peu. On voit donc que l'on oscille entre deux extrêmes : être certain d'avoir raison conduit à la susceptibilité, à l'intolérance et empêche de prendre en considération un autre point de vue que le sien. Mais, à l'opposé, l'indifférence à la vérité ruine à la base tout effort dialectique. La réflexion qui précède doit nous inviter d'abord à essayer de former notre propre jugement, pour avoir effectivement des arguments à présenter et ensuite à ne pas croire que le dialogue suppose simplement la bonne volonté et une ouverture à l'autre qui n'est souvent qu'apparente: comme le montre la méticuleuse réflexion socratique, c'est un art difficile, qui suppose un effort constant pour bien définir les règles du jeu, c'est à dire la méthode: c'est à cette seule condition que la pensée peut se construire comme "logos", à la fois discours et raison, rapport à l'autre et à la vérité.
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«Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien. » Voici ce que Socrate, le maître de l’entretien dialectique, répondait a tous ceux qui lui manifestaient leur admiration pour son immense savoir et sa capacité de réflexion. Ainsi, le dialogue, du moins au sens grec et socratique du terme, ne serait possible que si les interlocuteurs acceptent de se vider de tout préjugé et certitude, de toute conviction de leur savoir. On en vient à l’interrogation [suivante] la conviction d’avoir raison fait-elle obstacle au dialogue ? Il semblerait que oui, puisqu’être convaincu entraîne la fermeture aux alternatives extérieures. Cependant, le dialogue est-il possible si l’on n’a absolument rien de sûr, aucune base de départ? Tout dépend en fait du sens que l’on donne au mot conviction [excellente précision] on peut le restreindre à une certitude universelle, qui est alors nécessaire en tant que point d’accord d’où part l’échange et qui permet la communication. Mais si la conviction d’avoir raison est prise comme une certitude absolue de détenir la vérité, elle est génératrice de conflits et empêche généralement le dialogue. Un dialogue ne peut se faire qu’entre deux êtres humains ouverts, et surtout qui se reconnaissent l’un et l’autre en tant que tels. Mais ne pourrait-on pas oser se demander à quoi cela sert que des hommes qui déjà sont conscients de leurs limites et confèrent aux autres leur dignité et leur liberté ne restent à parler qu’entre-eux ? Faudrait-il mettre le dialogue au service de la lutte contre la « conviction»? Demandons-nous, pour commencer, qu’est-ce que la «conviction d’avoir raison»? Est-ce, par exemple, la conviction d’avoir raison d’affirmer que deux et deux font quatre quand l’autre prétend que cela fait cinq ?
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