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Publié le : 8/10/2018 -Format: Document en format HTML protégé

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la metamorphose
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Dossier pédagogique
Opéra / Création mondiale

LA MÉTAMORPHOSE
DE MICHAËL LEVINAS
LIVRET DE VALÈRE NOVARINA & EMMANUEL MOSES
DIRECTION MUSICALE GEORGES-ELIE OCTORS
MISE EN SCÈNE STANISLAS NORDEY
AVEC L’ENSEMBLE ICTUS & L’IRCAM

Lu 7, Me 9, Ve 11, Di 13 (16h), Ma 15 mars à 20h

Contacts
Service des relations avec les publics groupes@opera-lille.fr
Dossier réalisé avec la collaboration de Sébastien Bouvier, enseignant missionné à l’Opéra de Lille
Février 2011

Sommaire
Préparer votre venue à l’Opéra

3

Résumé
Distribution
Une commande qui va de soi, note de la directrice de l’Opéra de Lille
Michaël Levinas, biographie

4
5
6
7

Note d’intention du compositeur
Entretien de Michaël Levinas
En cours d’écriture
Lettre de Michaël Levinas à Valère Novarina
Mise en scène : note d’intention
Franz Kafka : biographie
Références
Repères biographiques

8
9
11
13
15
16
17
18

Autour de La Métamorphose (programme)

20

POUR ALLER PLUS LOIN
La voix à l’opéra
Qui fait quoi à l’opéra ?
L’Opéra de Lille, un lieu, une histoire

21
22
23

2

Préparer votre venue

Ce dossier vous aidera à préparer votre venue avec les élèves. L’équipe de l’Opéra de Lille est à
votre disposition pour toute information complémentaire et pour vous aider dans votre approche
pédagogique.
Si le temps vous manque, nous vous conseillons, prioritairement, de :
- lire la fiche résumé et le synopsis détaillé
- faire une écoute des extraits représentatifs de l’opéra (guide d’écoute)

Recommandations
Le spectacle débute à l’heure précise. Il est donc impératif d’arriver au moins 30 minutes à l’avance,
les portes sont fermées dès le début du spectacle. Une visite du bâtiment (ou repérage préalable)
peut-être proposée aux groupes sur demande. (Une visite virtuelle est accessible sur notre site
internet : www.opera-lille.fr.)
Il est demandé aux enseignants de veiller à ce que les élèves demeurent silencieux afin de ne pas
gêner les chanteurs ni les spectateurs. Il est interdit de manger et de boire dans la salle, de prendre
des photos ou d’enregistrer. Les téléphones portables doivent être éteints. Toute sortie de la salle
sera définitive.
Nous rappelons aux enseignants et accompagnateurs que les élèves demeurent sous leur entière
responsabilité pendant toute leur présence à l’Opéra et nous vous remercions de bien vouloir faire
preuve d’autorité si nécessaire.
Première venue à l’Opéra ? Un petit guide a été rédigé à votre intention, téléchargeable sur le site de
l’Opéra : http://www.opera-lille.fr/fr/venir-a-l-opera/1ere-fois-a-l-opera/

Durée totale du spectacle : 2h sans entracte.
Opéra chanté et surtitré en français.

Témoignages
L’équipe de l’Opéra souhaite vivement que les élèves puissent rendre compte de leur venue, de leurs
impressions… à travers toute forme de témoignages (écrits, dessins, photographies, productions
musicales). N’hésitez pas à nous les faire parvenir.

Retrouvez en fin de dossier le programme de tous les événements organisés autour de
La Métamorphose !

3

Résumé
La Métamorphose est un opéra du compositeur français Michaël Levinas (né en 1949), inspiré de la
nouvelle de Franz Kafka (Die Verwandlung 1915).
Le livret se compose d’un prologue, commande de l’Opéra de Lille, Je, tu, il de Valère Novarina et
de l’adaptation du texte de Kafka réalisée par Emmanuel Moses, Michaël Levinas et Benoit
Meudic.
La réalisation informatique musicale a été confiée à l’Ircam et Benoit Meudic.
Cet opéra est une commande de l’Opéra de Lille et du Ministère de la Culture et de la
Communication et verra sa première mondiale le 7 mars 2011 à l’Opéra de Lille.

La Métamorphose de Kafka (résumé) :
Gregor Samsa travaille comme vendeur pour faire vivre ses parents et sa sœur. Un jour il se réveille
transformé en un « monstrueux insecte ».
Il veut se lever pour partir travailler et se rend compte du changement de son corps et de sa voix.
Il commence les actions d’une journée normale mais il ne peut arriver à l’heure à son travail et son
patron se déplace pour connaître la raison de son retard. Après d’interminables efforts, Gregor
réussit à ouvrir sa porte. Quand son patron l’aperçoit, il s'enfuit.
Malgré son apparence d’insecte, Gregor comprend et pense comme les humains. Mais sa famille a
peur qu’il se sauve ou qu’on le découvre et décide de l’enfermer. Pour ne pas le laisser mourir de
faim, sa sœur doit lui apporter de la nourriture chaque jour. Conscient de son apparence, Gregor se
cache à ses yeux. Il souffre beaucoup de son isolement.
Gregor ne travaillant plus, sa famille décide de louer une partie de l’appartement pour subvenir à
leurs besoins.
Les locataires finissent par découvrir Gregor et s’en vont sans payer. Suite à cet événement, la
famille décide de se débarrasser de Gregor.
Gregor meurt le lendemain.

Les personnages et leur voix :
Grégor Samsa
Contre-ténor
La sœur de Grégor
Soprano
Le père
Baryton
La mère
Mezzo-soprano
Le fondé de pouvoir
Basse
La femme de peine
Mezzo-soprano
Les trois locataires
Baryton, basses

L’orchestre :
Violon, alto, violoncelle, contrebasse,
flûte, cor, trompette, trombone,
claviers Midi,
guitare électrique,
percussions,
harpe,
électronique.

4

Distribution
Ensemble Ictus Direction musicale Georges-Elie Octors
Mise en scène Stanislas Nordey
Scénographie Emmanuel Clolus
Lumières Stéphanie Daniel
Costumes Raoul Fernandez
Chef de chant Christophe Manien
Ingénieur du son Ircam Benoit Meudic

Avec

Fabrice Di Falco
Grégor Samsa

Magali Léger
La sœur de Grégor

André Heybœr
Le père

Anne Mason
La mère

Simon Bailey
Le fondé de pouvoir

Julie Pasturaud
La femme de peine

Les Trois Locataires
Laurent Laberdesque, Simon Bailey, Arnaud Guillou

5

Une commande qui va de soi
par Caroline Sonrier, directrice de l’Opéra de Lille
La création a fait partie des enjeux de l’Opéra de Lille dès sa réouverture en 2004. Nous avons posé
d’emblée le principe d’un Opéra ouvert aux créateurs d’aujourd’hui, qu’ils soient compositeurs ou
chorégraphes. Ce projet s’est concrétisé au fil des années grâce à la complicité instituée avec
l’ensemble Ictus, avec qui nous avons proposé une approche de grands compositeurs du XX ème
siècle et de la jeune génération. La création d’un opéra de Georges Aperghis (Avis de Tempête, 2004)
a constitué la première grande étape de ce parcours.
En 2008, j’étais à la recherche d’un nouveau projet de création d’opéra quand j’ai rencontré Michaël
Levinas. Le choix du texte de Kafka, doublé de mon admiration pour les quelques œuvres que je
connaissais de lui, a emporté mon enthousiasme. Sa singulière utilisation de la polyphonie –
entendue à cette époque dans les Chansons de Pierrot ou le Ô du Haut – de la poésie et des
tempéraments baroques me touchait particulièrement. Enfin, la conception intellectuelle
extrêmement fouillée de son écriture n’empêche en rien un accès direct et sensible à sa musique. Ses
œuvres s’écoutent comme une matière pleine de vie qui se donne naturellement à ses auditeurs.
Notre précieux partenaire l’Ircam s’était déjà engagé pour accompagner Michaël Levinas dans la
composition de son nouvel opéra. De son côté, Jean-Luc Plouvier, coordinateur artistique d’Ictus,
l’a convaincu d’écrire pour cet ensemble. Il n’y avait donc aucune hésitation à se lancer dans
l’aventure !
Michaël Levinas m’a proposé de collaborer avec Stanislas Nordey qui a mis en scène en 2004 son
précédent opéra Les Nègres. Mes affinités avec le type de théâtre qu’il défend, au théâtre comme à
l’opéra, ne pouvaient qu’être comblées et j’étais très heureuse que, malgré un agenda déjà très
chargé, il accepte de participer à cette importante création.
De même, Michaël Levinas a été étroitement associé au choix des chanteurs. Notre objectif commun
était d’attacher une attention particulière aux timbres, et par conséquent de mener nos recherches
dans le domaine lyrique en général et non celui des spécialistes de la musique contemporaine. Si le
contre-ténor Fabrice di Falco était déjà dans Les Nègres, Magali Léger, est également proche du
Michaël Levinas - pianiste, mais elle aborde à cette occasion son premier rôle d’opéra contemporain.
André Heybœr est régulièrement à l’affiche de grands opéras romantiques français et italiens. Anne
Mason, Simon Bailey et Julie Pasturaud ont déjà eu l’occasion de chanter à l’Opéra de Lille dans
Mozart, Haendel ou Verdi. Arnaud Guillou et Laurent Laberdesque débutent également leur
carrière dans un répertoire varié.
Tout au long des trois années de préparation, notre confiance et notre enthousiasme pour ce projet
passionnant n’ont fait que grandir. Tous les ingrédients sont réunis pour le partager dans quelques
semaines avec le public. Espérons que quelques professionnels convaincus partagent cet
enthousiasme et permettent à cet opéra de continuer à vivre, à gagner en maturité, et à toucher un
public nombreux, à l’occasion de reprises et de tournées.

6

Michaël Levinas
Pianiste concertiste, compositeur, le double profil artistique de Michaël
Levinas détermine son interprétation et sa carrière.
Né à Paris en 1949, il a eu pour maîtres notamment Vlado Perlumuter,
Yvonne Lefébure et Yvonne Loriod et a suivi le cursus du
Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Au sortir de la
classe de composition, il a été pensionnaire à la villa Médicis. Sa
formation de compositeur lui a permis de développer un jeu pianistique
et une culture instrumentale qui retrace l’histoire de l’interprétation qui
va de la fin du baroque à la musique du 20ème siècle.
Ainsi la discographie pianistique de Michaël Levinas, qui s’étend de
Bach à Boulez, a été jalonnée d'enregistrements très remarqués par la
critique. Citons parmi ceux-ci, son tout premier disque consacré à
Schumann et révélé au MIDEM classique, l'Intégrale des Sonates de
Beethoven, Le Clavier bien tempéré de Bach, l'Intégrale des Études de Scriabine et le CD Double
face Levinas/Ligeti ; La bonne chanson de Fauré avec Magali Léger M&A 2008.
Michaël Levinas a fait en concert une intégrale des Sonates de Beethoven à Paris, salle Gaveau. À
France Musique, Michaël Levinas a consacré des émissions régulières autour de ce répertoire. Il
poursuit depuis plusieurs années un dialogue régulier avec Jean-Pierre Derrien dans le cadre de ce
producteur : l'atelier du musicien. En 2004, il a fait une tournée consacrée à l'intégrale du Clavier
bien tempéré de Bach, tournée inaugurée dans la grande salle de la Cité de la Musique de Paris. Cette
intégrale était reliée à la création de son opéra Les Nègres donné plus de vingt fois à l'Opéra de Lyon
et de Genève (sortie du CD des Nègres en 2008, Abeille production). Les jours de relâche, Michaël
Levinas jouait sur la scène du Théâtre les deux livres du Clavier bien tempéré.
Invité par les plus grands festivals de musique contemporaine européens, il a joué des œuvres de
Stockhausen, Boulez, Messiaen, Ligeti, et a créé des pièces, notamment de Nunes, Murail. Les
vocations du pianiste et du compositeur sont intimement liées. Ses œuvres sont jouées par les grands
interprètes d'aujourd'hui, en France et à l'étranger. Il a été invité à enseigner la composition dans
certaines des plus prestigieuses académies de composition, notamment les cours d'été de Darmstadt,
le séminaire de Royaumont et l'École supérieure de musique de
Barcelone.
C’est sans doute l’écoute du pianiste qui modèle le son de son instrument qui a inspiré aussi le
compositeur explorateur acoustique.
L'œuvre de Michaël Levinas n'a jamais cessé d'ausculter le domaine du timbre et de l'acoustique,
notamment dans des pièces comme Appel, Ouverture pour une fête étrange, La Conférence des
Oiseaux. La question fondamentale de la relation texte-musique, Les Aragon (1998), en témoignent
tout particulièrement, ainsi que ses récentes et magistrales contributions à la scène : son opéra
Gogol (1996) d'après Le Manteau de Nicolas Gogol a été créé par le festival Musica de Strasbourg,
l'Ircam et l'Opéra de Montpellier dans une mise en scène de Daniel Mesguich.
Son opéra Les Nègres, d'après la pièce de Jean Genet, dont le compositeur a établi le livret, était une
commande de l'Opéra national de Lyon et de l'Opéra de Genève, il a été créé en 2004 dans une mise
en scène de Stanislas Nordey et repris au Grand Théâtre de Freiburg en 2006 dans une nouvelle
production.
Michaël Levinas est professeur au Conservatoire national supérieur de Musique de Paris.
> www.michaellevinas.com

7

Note d’intention du compositeur
La nouvelle de Kafka La Métamorphose s’est imposée à moi comme un véritable mythe théâtral
inspirateur d’une langue chantée et d’un monde de l’opéra.
Dans mes précédents opéras, Le Manteau d’après Gogol et Les Nègres d’après Jean Genet se posait
toujours la question de l’identité du sujet (qui est le moi ? qui est l’autre ?), la narrativité textuelle et
musicale, le « temps théâtral ».
La rencontre avec l’écriture de Genet m’avait obligé à aborder sous un mode plus rigoureux les
structures sémiotiques des langues musicales en relation avec la langue française, et cette relation si
complexe et multiple entre le son et le sens.
Depuis l’écriture des Nègres*, j’ai développé dans mon enseignement au Conservatoire national
supérieur de musique de Paris cette recherche, principalement autour du répertoire européen de la
fin du XIX ème siècle et celui du XX ème siècle. Il s’agissait notamment des rencontres entre Mallarmé,
Verlaine, les compositeurs français et viennois du XX ème siècle.
Ces préoccupations (texte-chant-théâtre-opéra) m’ont mené à imaginer une œuvre d’opéra autour
de La Métamorphose de Kafka en proposant, cette fois, une collaboration avec deux écrivains
vivants, Valère Novarina et Emmanuel Moses.
Avec Valère Novarina, je rencontre non seulement le grand dramaturge mais aussi le créateur d’une
langue de la variation, de la mutation, de la métamorphose et aussi le poète de la transcendance des
noms.
Avec Emmanuel Moses, je rencontre certes aussi le poète créateur, mais également le grand
traducteur de la langue allemande et l’héritier d’une école de pensée philosophique (Emmanuel
Moses est le fils du philosophe Stéphane Moses, spécialiste de Rosenzweig, Scholem, Kafka et
Levinas) qui m’est proche et me rapproche des thématiques poétiques et spirituelles du monde de
Kafka.
En préparation à cette collaboration sur la scène, j’ai écrit en 2008 des madrigaux sur des textes de
Novarina et Geraschim Luca.
La structure de ce nouvel opéra, La Métamorphose, sera organisée autour d’un prologue sur un texte
original de Novarina, suivi de La Métamorphose sur le texte adapté de la nouvelle de Kafka.
Michaël Levinas, novembre 2008

* opéra de Michaël Levinas (création en 2004 à l’Opéra de Lyon).

8

“... de pareils faits arrivent rarement, mais ils arrivent”
Fragments d’un entretien avec Michaël Levinas à propos de La Métamorphose.
Propos recueillis par Jean-Luc Plouvier, coordinateur artistique d’Ictus - Novembre 2010.

- Pouvez-vous situer le moment où vous vous êtes emparé de la nouvelle de Kafka ? Vous disiez,
au sujet de votre précédent opéra, Les Nègres, en avoir adopté le texte en “feuilletant” le livre de
Genet.
M. L. : Oui, je feuillette, je ne cesse de feuilleter, et c’est dans cette lecture feuilletée que finalement
le texte m’appelle, que je me laisse brusquement infuser par lui... Avec La Métamorphose, je
retrouvais tout d’abord une préoccupation musicale essentielle et qui était déjà la mienne lors de
l’écriture de mon premier opéra, La Conférence des Oiseaux : la dimension animale du monde
instrumental. J’ai toujours été très frappé, dans les tableaux de Jérôme Bosch, par ces allégories
instrumentales qui prolongent les gueules animales, trompes, serpents, pavillons, où se mêlent
vocalité et monstruosité. La Métamorphose autorise des hybridations entre trois mondes sonores :
vocal, instrumental, animal.
- En “feuilletant” la nouvelle de Kafka, en somme, vous entendiez surgir une “métamorphose
sonore”...
M. L. : J’entendais une voix d’homme à ce point émue, à ce point désarmée - c’est extraordinaire,
une voix totalement désarmée - qu’elle puisse monter dans le registre de la plainte enfantine. Il
s’agissait de faire entendre le dénuement de l’enfant qui ne comprend pas ce qui lui arrive, et
s’accroche aux intonations de sa mère. Ce qui provoque chez moi les idées musicales est finalement
toujours lié à l’ordre de la plainte. Il faut qu’il y ait des larmes dans le son, qu’il soit habité d’un
“sanglot long”! Ainsi la plainte de Gregor, ni totalement humaine, ni parfaitement animale, devientelle une voix “habitée”. Le travail avec l’IRCAM m’a permis de démultiplier électroniquement la
voix du sopraniste Fabrice di Falco : un accord par note, chaque accord étant arpégé, et chaque note
de l’arpège sculptée selon sa courbe propre. Ombres et retards, vie intérieure de la voix comme
polyphonie.
- Peu de compositeurs se flattent d’utiliser la langue française. On lui reproche son manque de
plasticité.
M. L. : Je la considère comme très plastique, au contraire. Mais le compositeur, tout comme
l’homme de théâtre d’ailleurs, doit prendre en considération que la langue française n’est pas la
même chez tel ou tel auteur, à telle ou telle époque, en tel lieu. Il y a une écriture de la
prononciation, en tout cas, qui se situe pour moi à l’origine de toute écriture vocale possible. Dans le
même temps que j’imaginais la dramaturgie de La Métamorphose, je travaillais sur les phonèmes et
les voyelles de la langue française. Notre langue française possède une métrique particulièrement
souple, ses accents sont peu appuyés si on la compare à l’allemand ou au russe, sa diction évolue
formidablement au travers des siècles. La manière dont s’articulent consonne et voyelle, dont la
voyelle se prolonge ou non, tout cela m’intéresse autant que cela pouvait intéresser le maître de
philosophie de Monsieur Jourdain ! L’accent parisien des années 20, le français d’André Gide, de
Colette et de Maurice Blanchot - en véritééé - c’était horrîîble - c’est reuhmarquable... vous le
retrouvez dans le rôle du père. J’avais évité tous les effets d’accents dans Les Nègres, ce n’était pas
possible, je ne voulais pas y injecter de la “couleur locale”, mais il est certain que le français n’est pas
un pur produit de terroir. Il y a la prononciation de Belleville, du 19ème arrondissement, du 93, et je
m’y intéresse.

9

- Outre ses riches virtualités musicales et linguistiques, quels sont les motifs qui vous ont attiré
dans La Métamorphose ?
M. L. : Le motif du bouleversement nocturne est tout à fait essentiel. “Du jour au lendemain”. On se
réveille brutalement, un beau matin, dans une situation qui était parfaitement inimaginable la veille.
J’y avais été préparé par ma lecture de Gogol - du Nez de Gogol, essentiellement, où se déploie la
question de la révolte du corps, et le repositionnement de toutes choses à partir de ce point.
- Soudain, le réel se révèle sans loi...
M. L. : Disons qu’on se retrouve face à un réel qui doit redéfinir ses lois. Le caractère “convenable”
de l’existence se soutient de l’aptitude de l’être humain d’acquiescer à certaines normes. Lorsque les
conventions se dérèglent, il en faut peu pour que tous les liens se rompent. Tout est redistribué.
C’est le grand thème du XXe siècle, après tout. Le lien se brise, et on s’interroge sur son existence
même : sur quoi reposait-il, où se trouve l’humain ? C’est la situation classique de l’état de guerre : le
moment où le drapeau perd son honneur. Il s’agit alors de tenir une dignité sans drapeau. C’est
absolument ce que tient Gregor. Le lien familial, en se brisant, fait surgir l’humanité de Gregor, la
seule humanité véritable : asymétrique, tissée d’un amour sans réciprocité. Gregor aime les siens
jusqu’au bout, sans condition, quoi qu’il arrive, et cela est essentiel, c’est la réponse que Kafka
apporte à sa métamorphose.
- Vous “christifiez” Gregor !
M. L. : Oui, mais oui, c’est la grande histoire judéo-chrétienne, tout de même. Il y a quelque chose
de christique dans le message juif, ou quelque chose de juif dans le message christique. Je n’ai pas fait
une thérapie avec La Métamorphose, mais il est certain qu’une totale redistribution de la réalité par
la violence et la dissolution des liens - je parle du camp de concentration - y est prophétisée sur le
mode trivial. Vous imaginez bien comme cela me parle. Vous rappelez-vous comment se termine Le
Nez? Gogol conclut comme ceci : “De pareils fait arrivent rarement, mais il arrivent”. Ce n’est pas
invraisemblable.

__
Le texte complet de l’entretien, qui aborde également la collaboration du compositeur avec l’écrivain
Valère Novarina, avec le metteur en scène Stanislas Nordey, avec les librettistes, avec la soprano
Magali Léger, est disponible sur le site www.opera-lille.fr/blog/

10

En cours d’éc...


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