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La justice

Pour approfondir:

 
  1. Una autre approche.
  2. Synthèse de la notion.
  3. Plan de la notion.
  4. Textes de la notion.
  5. Problématiques.

 

 

 

 


• Le thème fondamental est le suivant : l'idée de justice, qui représente celle de l'égalité virtuelle des êtres humains, n'a pu se dégager que progressivement, essentiellement grâce au christianisme. La justice, d'abord conçue comme principe d'ordre (Platon, § 2) en est donc venue historiquement à signifier l'égalité absolue des personnes (§ 4, 5, 6, 7).
• La justice, c'est fondamentalement l'égalité (§ 1).
• La cité athénienne à laquelle Platon se réfère est celle où la justice ne représente qu'un effet de contrainte et un pis-aller (§ 3). Néanmoins, la pure justice idéale garde son privilège et l'ordre parfait de la justice organisera la Cité dont rêve Platon dans la République (§ 2).
• L'idée de l'égalité des personnes est chrétienne (§ 4). La justice en est donc venue à signifier l'égalité virtuelle (§ 5).
• Kant (§ 6) a centré sa philosophie morale sur celle de l'éminente dignité de la personne humaine, contribuant ainsi à faire progresser une notion de justice que Proudhon a développée (§ 7) dans son oeuvre. La justice proudhonienne est idéale.
• Marx a édifié, au contraire, une théorie matérialiste de la justice (§ 8), qui nous paraît difficilement soutenable (conclusion).
• Lisez, à la suite de cette fiche, celles consacrées au «Droit», à «l'État » et à « la Violence ». Le problème de la justice mène directement à celui de la violence.



I - La justice, norme idéale et principe du droit

La justice, c'est la norme idéale qui définit le droit' ou son principe même. Mais qu'exprime-t-elle exactement? Essentiellement une certaine égalité, comme nous allons le voir. Ainsi, quand Aristote et ses successeurs distinguent trois formes de justice, la justice commutative, celle qui préside aux échanges, la justice distributive (celle qui consiste dans la répartition des honneurs au sein de la cité) et la justice répressive (celle qui envisage les sanctions), c'est toujours une certaine égalité qu'ils donnent à voir. C'est cette idée d'égalité, d'abord confuse, qui s'est progressivement explicitée et clarifiée depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours.
« La justice, c'est l'égalité. Je n'entends point par là une chimère, qui sera peut-être quelque jour; j'entends ce rapport que n'importe quel échange juste établit aussitôt entre le fort et le faible, entre le savant et l'ignorant, et qui consiste en ceci que, par un échange plus profond et entièrement généreux, le fort et savant veut supposer dans l'autre une force et une science égales à la sienne. Ce sentiment est l'âme des marchés... Le gain égal dans les échanges est ici la règle suprême. » (Alain, Éléments de philosophie, Gallimard, 1959)

La justice selon Aristote.

S'il y a lieu de distinguer les vertus morales et les vertus intellectuelles (ou dianoétiques, de discernement), la justice s'apparente aux premières (la vertu éthique et la justice supposent même disposition) et aux secondes (un acte de l'intelligence intervient, qui évalue, rectifie, met en relation). Elle a trait à notre conduite envers les autres hommes. On ne saurait être « juste » ou « injuste » envers soi-même (Éthique à Nicomaque, V, 15, 1138 a 26). Comme l'a vu Platon, c'est la vertu toute entière. Mais en un sens plus spécial, c'est elle qui préside aux partages (justice « distributive ») ; c'est elle aussi qui redresse (justice « réparatrice ») ce qui a été faussé lorsqu'un tort a été causé ; enfin elle intervient pour régler les échanges et les transactions commerciales.
La justice distributive préside à la répartition des charges, des biens et des honneurs dans la cité. Elle ne procède pas selon l'égalité arithmétique, car elle tient compte des inégalités effectives de mérite. Le juste, alors, est proportionnel aux services rendus et aux qualités manifestées par les membres de la communauté politique, à leur degré de participation à la réalisation du bien commun (Éthique à Nicomaque, V, 5, 1130 b 30).
En revanche la justice réparatrice ou corrective repose sur la stricte égalité. On ne demandera pas si l'homme qui a subi un préjudice est un misérable et s'il a été lésé par un homme de bien. Ici, la justice doit procéder au rétablissement d'une égalité que le délit (vol, coup, meurtre) a rompue ; le jugement ne fait pas acception des personnes. Il ne s'agit pas de considérer la qualité des parties, mais le délit. Or le code ne s'applique pas tout seul ; il faut, pour appliquer l'universalité de la loi à la singularité du cas, l'acte de juger, de rectifier (selon l'image implicite du droit) en tenant compte des circonstances, en appréciant. Aussi, venir devant le juge, est-ce venir devant la justice vivante. La peine prononcée a quelque chose d'une indemnité réparant autant que faire se peut l'échange injuste imposé à la victime.
La justice dans les échanges économiques a quelque chose de la justesse. On échange des choses utiles, des services. L'échange peut-il tendre à la justice, quand les circonstances sont hétérogènes ? Comment rendre égaux des biens échangés qui diffèrent qualitativement ? Le cordonnier devra-t-il fournir au maçon une quantité de chaussures dont celui-ci n'aura pas l'usage en toute une vie ? La monnaie est instituée ; son nom le dit bien, nomisma signifie la « chose légale », mais aussi « ce qui assure le partage » (de némô, partager). Elle a pour fonction d'assurer l'échange économique ; unité de mesure conventionnelle, elle n'est pas arbitraire : il faut que toutes choses soient évaluées pour que chacun, alors qu'il est encore en possession de ses produits, puisse échanger. La monnaie permet de passer du troc (échange d'une marchandise contre une autre) à l'échange proprement économique. Cette région ne constitue pas le plus haut de la vie humaine, mais sans échanges, il n'y a pas de vie sociale (ibid., V, 8).



II - Platon : la justice est un principe d'ordre et d'harmonie

Cette idée d'égalité ne se dégage pas clairement dans l'Antiquité classique, comme le montre bien la réflexion platonicienne. Il faudra, en effet, l'avènement du christianisme pour parvenir à la notion d'une égalité des personnes. Chez Platon, la justice, c'est d'abord l'ordre. La cité juste dont rêve Platon et dont il nous trace le portrait dans la République, est régie par le principe d'un ordre harmonieux : chaque classe sociale y exécute sa fonction propre, et c'est cette organisation harmonieuse qui caractérise la justice. Tout en bas oeuvrent les artisans ; les guerriers veillent à la sécurité de la communauté (ils représentent la sphère sociale intermédiaire) ; enfin, tout en haut, les philosophes gouvernent, car ils possèdent la sagesse.
Cette harmonie de la cité reflète l'Idée' même de justice, c'est-à-dire l'ordre supérieur des essences, le monde platonicien des réalités idéales.

III - L'anneau de Gygès (LA JUSTICE, EFFET DE LA CONTRAINTE ?)
S'il veut ordonner la communauté et faire triompher l'idée même de justice, Platon n'oublie jamais que, dans la cité concrète des hommes, celle qu'il a vécue à Athènes, la justice représente bien souvent un effet de contrainte pur et simple. Ainsi Glaucon, le contradicteur de Socrate dans la République, affirme-t-il que la justice est un pur effet de la contrainte. Si le juste et l'injuste recevaient en même temps cet anneau de Gygès rendant invisible celui qui le porte, ni l'un ni l'autre ne résisteraient au désir d'aller jusqu'au bout de leur pouvoir et de leur puissance. Dans la 'plupart des cas, on ne pratique la justice que par incapacité de commettre l'injustice. Nul n'est juste par choix, mais bien par contrainte.
Si, dans notre monde, la justice n'est qu'un pis-aller, il faut, pense Platon, se tourner vers la lumière de l'Idée même de justice. Cette essence de la justice garde un privilège absolu et doit orienter la cité juste de la République, cité harmonieuse et ordonnée.

IV - Vers l'idée de l'égalité des personnes

Ainsi, chez Platon, l'idée de justice est celle de l'harmonie, non point encore celle d'une égalité idéale. Aristote à sa suite, introduit déjà une certaine notion de l'égalité. Mais c'est surtout avec le christianisme que tout change : en effet, si les conditions sociales varient, les âmes immortelles sont absolument égales devant Dieu. Le christianisme a donc opéré une révolution morale considérable, en mettant en évidence l'égalité en droit des personnes humaines, pour lesquelles le Christ s'est sacrifié et dont il a obtenu le salut possible. Dès lors, l'âme d'un roi est virtuellement égale à celle de son serviteur situé tout en bas de la hiérarchie sociale.
Ainsi naît l'idée de l'égalité des personnes, centre même de la justice à notre époque. Mais il faut approfondir cette idée et bien en saisir la signification.

V - La justice comme égalité virtuelle

Mais, nous rétorquera-t-on, cette idée de la justice comme égalité des personnes est rigoureusement absurde et contraire à l'expérience, car les individus diffèrent profondément tant par leurs aptitudes et leurs dons que par les conditions historiques et sociales qui sont leurs.
Cette critique nous permet de dissiper une équivoque. Le moraliste ou le philosophe qui mettent au centre de leurs analyses l'idée de justice n'affirment nullement une égalité de fait, mais bien une égalité de droit tous les hommes sont égaux en droit, tous ont droit au même traitement dans la cité, à l'éducation, à l'instruction, au savoir, même si les intelligences ou les dons sont inégalement partagés et répartis. Cette égalité civique, qui se réfère sans le dire à l'égalité chrétienne des âmes et des personnes, a précisément pour but de pallier les inégalités qui règnent de facto dans la société.
La justice représente, par conséquent, l'idée d'une certaine égalité, au moins virtuelle. Le démocrate` est celui qui tend à organiser une politique en fonction de cette égalité virtuelle et de droit, se référant aux personnes.

VI - Kant

Kant, dans cette perspective, nous aide à construire correctement la notion de justice. La justice est d'abord, chez Kant, le respect de la personne. Elle se fonde sur l'éminente dignité de la personne humaine. En mettant au centre de sa réflexion morale l'idée de la personne raisonnable, c'est-à-dire d'un sujet de droit, Kant nous a permis de mieux définir la notion de justice. Elle est le respect de la dignité humaine, en toute circonstance. Être juste, n'est-ce pas, fondamentalement, traiter l'humanité comme une fin, et chaque personne comme une valeur absolue?
«Agis de telle sorte que tu traites l'humanité, aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen. » (Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs)
Ainsi, dans les Fondements de la métaphysique des moeurs, en distinguant les choses et les personnes, Kant élabore-t-il le fondement et le soubassement d'une théorie de la justice. Être juste, c'est respecter l'éminente dignité des personnes.
«La valeur des objets que nous pouvons acquérir par notre activité est toujours conditionnelle. Les êtres dont l'existence dépend, non de notre volonté, mais de la nature, n'ont aussi, si ce sont des êtres dépourvus de raison, qu'une valeur relative de moyens. C'est pour cela qu'on les appelle des choses; au contraire, les êtres raisonnables sont appelés personnes, parce que leur nature même en fait des fins en soi, c'est-à-dire quelque chose qui ne peut pas être employé simplement comme moyen. » (Kant, op. cit.)

Prolongement: Est juste le droit qui donne à chacun le maximum de liberté

VII - Proudhon, définition moderne de la justice la justice, c'est l'égalité

En quoi consiste la justice? Proudhon nous en propose une définition complémentaire. L'homme perçoit la dignité de la personne en lui comme en son semblable. La justice résulte de cette saisie de l'éminente dignité de tous les hommes, indépendamment des qualités individuelles de chacun. Chaque homme possède une égale dignité. La justice n'est rien d'autre que la saisie d'un rapport d'égalité résultant de l'identité de la raison chez tous les hommes.
«La justice... est le respect, spontanément éprouvé et réciproquement garanti, de la dignité humaine, en quelque personne et dans quelque circonstance qu'elle se trouve compromise, et à quelque risque que nous expose sa défense.
De l'identité de la raison chez tous les hommes, et du sentiment de respect qui les porte à maintenir à tout prix leur dignité mutuelle, résulte l'égalité devant la justice. » (Proudhon, De la justice dans la révolution et dans l'Église, 1858)

VIII - La critique matérialiste de Marx

Proudhon conçoit la justice comme une idée, un modèle, un paradigme et un idéal devant régler nos droits et nos devoirs : sa théorie est idéaliste. La justice, grande loi de l'univers moral, n'est point véritablement inventée, mais demeure, impérissable, Essence souveraine.
Tout au contraire, Marx a vu en la justice un produit des rapports de classes, une superstructure résultant d'une certaine répartition des intérêts économiques et des relations de production. Ainsi les marxistes parlent-ils d'une justice de classe, d'une idéologie de classe. Quelle est la signification ultime de la justice? Elle exprime l'ensemble des idées et des croyances de la classe sociale qui possède le pouvoir économique et politique, du groupe dominant.
Ce sont donc, en définitive, les antagonismes entre les classes sociales, groupes d'hommes se distinguant par la place qu'ils tiennent dans un système de production, qui rendent compte des valeurs de Justice et de Droit. Marx peut s'adresser ainsi à ses contradicteurs possibles:
« Vos idées elles-mêmes sont des créations des rapports de production et de propriété bourgeois, de même que votre droit n'est que la volonté de votre classe érigée en loi, volonté dont le contenu est donné dans les conditions d'existence matérielles de votre classe. » (Karl Marx, Morceaux choisis)

Conclusion. Justice et violence

a - Comment voir dans la justice une simple notion économique ou politique? Quand Marx souligne l'exploitation de l'homme par l'homme, n'invoque-t-il pas précisément une règle morale de justice et de dignité qui transcende infiniment les rapports sociaux particuliers?

b - Si la justice est un idéal, elle ne doit cependant pas rester une pure idée séparée complètement des hommes. Il faut donc sauvegarder à tout prix la justice et faire oeuvre de résistance à l'injustice établie. Ici se pose le problème de la violence. Nous renvoyons à la fiche sur «la violence » (§ 6).

Prolongement: La justice se réduit-elle aux lois ?

 

L'homme supporte mal l'injustice et l'on n'apprécie guère, en général, l'attitude de Gœthe qui disait préférer l'injustice au désordre. Mais la justice elle-même n'est elle pas la réalisation d'un certain ordre?

I. DE LA JUSTICE DISTRIBUTIVE A LA JUSTICE COMMUTATIVE

- A - Définitions. On distingue communément une justice dite commutative qui consiste dans l'égalité des choses échangées, dans l'équivalence des obligations et des charges résultant d'un contrat, et une justice dite distributive qui consiste dans une répartition proportionnelle des biens et des maux attribuant à chacun ce qui lui revient. La première ne suppose pas l'intervention d'un tiers et sa formule idéale serait : «je fais les parts et tu choisis ou bien tu fais les parts et je choisis». La seconde se fait par voie d'autorité puisqu'il faut déterminer les critères en fonction desquels est apprécié le mérite des personnes et, par suite, elle est ordinairement liée à certains « codes », élaborés par l'Etat, qui sont les recueils des lois au nom desquelles la justice est rendue (code civil, code pénal, code du commerce, code du travail, etc.).

- B - Les inégalités de fait. «A chacun selon son mérite» ou «A chacun selon son travail» sont des formules de la justice distributive et elles reposent sur la constatation de l'existence de certaines inégalités. Tous les individus n'ont pas les mêmes forces, ni les mêmes capacités, et ils ne rendent pas tous les mêmes services à la collectivité. Comme celle-ci apprécie les mérites en fonction des services rendus, il lui paraît juste de sanctionner ces inégalités. De là, par exemple, la hiérarchie des salaires. La Déclaration des Droits de l'homme, d'ailleurs, reconnaissait comme principe des distinctions sociales «la capacité, les vertus et le talent» des citoyens.

- C - L'égalité de droit. Il est sans doute de l'intérêt de la société d'accepter ou de créer certaines inégalités, mais ces nécessités sociales sont en elles mêmes étrangères aux exigences de la moralité. Celle-ci repose sur la reconnaissance du semblable, c'est-à-dire sur le respect des personnes par delà les inégalités individuelles ou sociales (cf., dans le Ménon de Platon, Socrate faisant appel à un esclave pour établir la vérité de sa théorie de la réminiscence ou Kant: «Traite l'humanité, en toi-même et en autrui, toujours comme une fin, jamais comme un moyen»). Est juste ce qui respecte «les droits naturels et imprescriptibles de l'homme» (Déclaration de 1791), qui sont les mêmes pour tous.

II. DE LA JUSTICE EXTÉRIEURE A LA JUSTICE INTÉRIEURE

- A - Justice et lois humaines. Les Sophistes contestaient déjà, par la voix de Calliclès dans le Gorgias de Platon, cette notion de justice fondée sur l'égalité. Cette soi-disant justice, selon eux, n'est qu'un ensemble de «conventions humaines contraires à la nature». La loi, en effet, est faite par «les faibles et le plus grand nombre» et elle condamne toute supériorité parce que «la foule blâme ceux qu'elle rougit de ne pouvoir imiter». Ce que nous enseigne la nature, c'est que «celui qui vaut le plus doit l'emporter sur celui qui vaut le moins» et telle est la vraie justice. De même, si l'on admet avec Nietzsche qu'il y a «une morale des maîtres et une morale des esclaves», la justice des uns ne peut être celle des autres.

- B - La justice intérieure. . Il est vrai que la justice définie par les lois a peut-être une origine impure et l'on peut se demander, avec Kant, si celui qui agit conformément à la règle parce qu'il redoute un châtiment est vraiment juste. C'est qu'il n'y a pas de critère extérieur de la vertu et que l'homme juste, comme l'avait bien vu Platon, porte la justice en lui-même. Pour Platon, en effet, la vraie justice, c'est le règne de l'ordre, c'est-à-dire de l'équilibre et de l'harmonie, dans l'individu comme dans la cité. L'homme juste est celui qui est maître de lui-même et se gouverne selon la raison au lieu de se laisser emporter par ses instincts et ses passions. Car toute injustice est fruit d'avarice ou d'envie, de colère ou d'ambition.

- C - L'effort de justice. On comprend dans ces conditions le double sens du mot juste qui évoque à la fois la justesse et la justice, puisque l'esprit juste est aussi celui qui ne se laisse aveugler ni par les instincts ni par les passions. La rectitude de l'action est inséparable de la rectitude de la pensée et c'est pourquoi Alain pouvait dire: «Travaillez à percevoir le monde afin d'être justes». Mais on comprend aussi qu'il ne faille pas attendre que la justice règne un jour, par l'effet de la Providence ou de quelque changement dans les conditions socio-économiques de notre existence : la justice est toujours à faire, en soi-même d'abord, et c'est «une justice de tous les temps, qu'il faut planter et arroser où l'on se trouve» (Alain).

CONCLUSION Derrière les formes variées que la justice peut prendre à travers l'histoire - et qui ne sont jamais tout à fait justes -, se trouve un idéal de justice qui repose sur l'idée que se fait l'homme de ce qu'il se doit à lui-même et qui l'a toujours conduit à voir dans la justice un attribut de Dieu.