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#1 22-07-2010 03:00:58

missdidi_du_83@hotmail.com
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Se libérer du désir, ou bien, libérer le désir ?

« Le désir est l’essence de l’homme », a dit Spinoza. Le désir, la recherche de plaisir, de satisfaction dépassant le besoin « primaire », est ce qui guide les actions de chacun.
Peut-on alors faire ce choix : se libérer du désir, ou bien, libérer le désir ? C'est-à-dire opter pour la fin de son asservissement par le désir (niant ainsi sa nature propre) ou pour la fin des murailles entravant le plein accomplissement du désir, empêchant celui-ci de s’épanouir pleinement.
Le choix semble difficile, puisque catégorique. L’analyse du sujet débutera donc par le recensement des arguments favorables à l’une ou l’autre alternative, légitimant par là le questionnement. Par la suite, le travail sera de montrer qu’il n’est pas si facile, voir impossible, de faire un choix  de vie totalement avec ou dépourvue de désir. Enfin, nous verrons qu’il est plus sage de trouver une alternative entre ces deux extrêmes, la voie de moindre mal.

      Pour commencer, il sera question d’expliquer que ce dilemme est tout à fait justifié et de savoir pourquoi devoir – ou pouvoir – légitimement choisir de vivre avec ou sans désir.
Voyons avant tout ce qui motive la libération du désir, pourquoi vouloir s’en débarrasser ? Schopenhauer peut apporter un début de réponse. En effet, selon lui, le désir est une spirale infernale, faisant continuellement souffrir l’Homme : la naissance du désir signifie chez lui un manque, ce qui est en soi une source de souffrance. Puis vient la course effrénée devant aboutir au plaisir… La course, source de fatigue, de tourment, ne parvient finalement qu’à un plaisir fugace, qui marquera la genèse d’un autre désir : souffrance de nouveau.                                                                                En outre, le désir peut être (a été) source de conflit, de guerre. La convoitise, la jalousie (expression du désir) conduisent toujours à des situations désastreuses ou ridicules. Subséquemment, par exemple, le père Grandet (d’Eugénie Grandet de Balzac), n’ayant d’autre désir que de s’enrichir va entrer en conflit avec sa fille, entraînant par la même la mort de sa femme : le désir, ici, n’a été que source de malheurs. Pour continuer, l’exemple de la Guerre Froide (qui a bafouée les droits de l’Homme d’une façon abominable), suffit à démontrer l’impact néfaste que peut avoir le désir : en l’occurrence, l’aspiration à « dominer le  monde » (d’un point de vue idéologique).                                                                                                                    Le désir est aussi bien souvent futile, auquel cas, son accomplissement est inutile (on peut alors parler de l’envie de s’enivrer, de frapper…).                                                                    Donc, le désir, est souvent source de déplaisir ou, tout simplement, inutile. Ce qui contribue au renforcement de la thèse du renoncement au désir. Ainsi, l’Homme libéré du désir pourrait sortir de la spirale évoquée par Schopenhauer, et être, exempt de tout tourment…
Nonobstant, si la recherche de plaisir (le désir) peut être source de peine, de souffrance, ne pas le libérer (être affranchi du désir) n’est source de… rien ! La satisfaction, aussi fugace soit-elle, succédant au désir, ne vaudrait-elle pas les quelques déplaisirs encourus ? De plus, il faudrait, selon Freud, libérer son désir, puisqu’il le dit, retenir son désir, c’est le refouler… et le processus de refoulement peut entraîner divers « symptômes » dont le rêve qui déguise le désir : l’inconscient (la substance même de notre être) se refuse à nier  ce désir et le « remet d’actualité » sans cesse, harcelant, suppliant, le conscient de libérer ce désir ; prouvant ainsi que le désir, doit être libéré. La libération du désir serait ici le moyen de se libérer des tracas inconscients. De cette manière, Werber, dans L’ultime secret, met en scène des soit disant « épicuriens » (bien que les préceptes d’Epicure soient un tantinet mal interprétés) dont l’habitude est de libérer le désir au moment où il naît (notamment le désir sexuel)… ces personnes sont présentées comme en paix avec elles-mêmes, calmes, sereines, accomplies.
En résumé, les choix de vie avec ou sans désir présentent chacun leurs motifs et leurs avantages… Néanmoins, même si choisir l’un ou l’autre paraît plausible, peut-on réellement sélectionner et complètement être inclus dans l’un des deux camps ?

      Sommes-nous vraiment capables de nous libérer entièrement du désir ? Libérer son désir est-il toujours bénéfique ? Est-il assurément possible d’obéir à l’une de ces maximes ?  Pour répondre à ce nouveau questionnement, la suite, détaillera les obstacles ou les inconvénients à l’accomplissement des deux cas.
Tout d’abord, la libération du désir, est un acte, une décision prise par le conscient de quiconque. De fait, l’individu pourra assouvir et analyser ses désirs conscients, c'est-à-dire les désirs rationnels, les désirs de l’être social, les désirs entrant dans les normes et les dogmes imposés par la culture (s’enrichir, lier des liens sociaux…). Or, prenons Freud à l’appui, le conscient et ses désirs ne représentent qu’une infime partie de l’être complexe qu’est l’Homme. L’inconscient, l’être naturel, est en fait ce qui représente le plus l’Homme, et de fait, ses désirs (véritables). Or, l’être social ne peut entièrement comprendre les appétences de l’inconscient. La plupart du temps, il se contente de les refouler, de les nier. Ce qui constitue la première barrière, une barrière psychologique, à l’accomplissement de la libération du désir.                                                                                                                                            La libération du désir est d’autant plus controversée que la pratique absolue de celle-ci peut conduire à la dégradation du désir. Prenons l’exemple du Don Juan (de Dom Juan de Molière), libertin, « épicurien », se délectant de tous les plaisirs. Il paraît certes, au premier abord, heureux et épanouis, mais il n’est qu’un misanthrope, narcissique, qui n’aime que son désir. Il ne désire plus l’autre, mais désire uniquement son propre désir, semant sur son passage peine et chagrin. En outre, sous le coup de la colère par exemple (mais pas seulement), cet assouvissement intempestif du désir peut conduire à des actes « mauvais » et contraire à la justice en place (meurtres, viols), source de futurs regrets. L’Homme devient de cette façon esclave de son désir. En conséquence, la libération du désir ne peut être que partielle (« Le désir est long et ses exigences tendent à l’infini » a dit Schopenhauer). Et malgré cet inachèvement, elle est rapidement sujette à des déviances, origine de déplaisir.
Doit-on conséquemment se libérer de son désir ? Cela reviendrait à se demander si l’Homme peut intentionnellement se détacher de sa nature même (Spinoza disant que le désir est l’essence de l’Homme). Peut-on envisager de se détourner de soi ? Certains prétendent y arriver… mais que faire sans désir ? L’ennuie (le déplaisir) ne guette-il pas ? Malheureusement, l’ennuie n’est pas l’unique « désagrément » potentiellement engendré par la libération du désir. Lacan nous informe que l’être social, conscient ne peut renier longtemps les désirs, les pulsions de son inconscient. Celui-ci s’acharnera, tourmentera le conscient jusqu’à ce que « la dette soit payé ». Et si on lutte contre ces soifs inconscientes, le résultat ne sera plus que déplorable : Lacan parle de névrose. Freud appuie lui aussi cette thèse, selon laquelle on ne pourrait se libérer complètement de son désir, n’allant pas jusqu’à évoquer la névrose, il explique que les gestes manqués – tics nerveux, gestes incontrôlés, handicapants–  (intervention de l’inconscient) auraient pour origine la non satisfaction de ces désirs inconscients. Déjà, l’hypothèse de ne plus désirer ne séduit plus autant… cependant, l’analyse n’est pas terminée. Car, nonobstant Lacan et Freud, supposons que l’on puisse faire abstraction du désir. A quelle vie nous destinerions-nous donc ? Si le désir disparaît, les actes ne seront plus guidés par celui-ci, mais par le besoin : ce qui constituerait une régression, un retour à l’animalité. Nous ne serions plus que des bêtes, ne vivant que de la sustentation. Que deviendrait l’art, la littérature ? Enfin, la suppression du désir serait synonyme de destruction de l’humanité ! La société conditionne nos désirs. Ceux-ci cherchent à nous faire exister devant les autres. On veut être meilleur en tel ou tel discipline. La suppression du désir bannira l’ambition. Le meilleur des mondes de  Huxley l’illustre bien, chacun se contentant de ce que la société a à leur offrir, suivant le chemin tracé à l’avance pour eux, la médiocrité est inéluctable. L’évolution s’en trouve stoppée, personne ne veux plus que ce qu’il a déjà ; on a plus le désir d’être le plus fort, le meilleur chasseur ou le plus riche. On peut conjecturer encore plus loin : si le désir n’est plus, outre la destruction de l’humanité, la disparition complète de l’espèce humaine est supposable (plus de libido, c'est-à-dire plus de raison d’aller vers l’autre).                                                                                                                                            L’Homme ne peut donc pas complètement se libérer du désir, et, s’il pouvait y parvenir, les conséquences qui en résulteraient ne sont pas « plaisantes ». D’ailleurs, Rousseau le dit : « Malheur à qui n’a plus rien à désirer ! ».
En somme, aussi bien « libérer le désir » que « se libérer du désir » semblent irréalisables dans l’absolu. En outre, leur potentielle réalisation mène, d’une façon ou d’une autre, à un déplaisir certain. Doit-on dans ce cas s’atteler à la recherche d’une alternative, d’un compromis entre les deux ?

      Certes, les conséquences évoquées précédemment quant au choix de vivre avec un désir libre ou sans désir du tout conduisent immanquablement à se demander comment concilier les deux. Pour ma part, je ne pense pas que l’on puisse réellement « se libérer » du désir. Seulement, peut-être, le repousser, le calmer, et l’apaiser, éventuellement, à l’aide de la raison. Mais, comme dit ci-avant, les mécanismes de l’inconscient sont trop complexes pour que le conscient puisse certifier avoir vaincu son désir. Toutefois si l’on arrive à « doser » les désirs à assouvir et ceux à « apaiser » (à défaut de supprimer), l’équilibre peut être certainement meilleur qu’en choisissant l’un ou l’autre des extrêmes. Toutefois, y-a-t-il d’autres raisons qui pourraient pousser à trouver le juste milieu plutôt que de préférer  les ultimes recours ? Et comment parvenir à ce juste milieu ?
Le premier facteur orientant dans la sélection d’un choix de vie à mi-chemin entre la libération complète de son désir et la délivrance de soi par rapport au désir est un motif social. Il a été précédemment énoncé les effets néfastes de la libération du désir (dégradation de celui-ci menant à des actes regrettables…) et de l’affranchissement de soi à l’égard du désir (névrose, actes manqués…) : pour l’intégration, le bien être en communauté ainsi que le maintient de rapport sociaux, être un marginal, un goujat, un libertin, savourant ou rejetant TOUT désir, n’est pas « conseillé ». Prenons l’exemple de Mlle de Chartres (dans la Princesse de Clèves de  Mme de la Fayette) : mariée à un homme qu’elle n’aime pas (M. de Clèves), loin de le détester, elle ne succombe pourtant pas au désir mordant qui la dévore, celui de se laisser aller à son inclinaison envers M. de Nemours. Même après la mort de son mari, elle maintient sa rigueur de vie. Tout cela pour signifier que l’équilibre social de chacun peut, et doit, passer par le sacrifice de certains désirs.                                                                                          Plus que l’équilibre social, l’équilibre intérieur de chacun est fortement affecté par ce choix qui s’impose à nous. Le désir ne doit pas être entièrement libéré, ni complètement refoulé. D’après Rousseau qui dit « l’on n’est heureux qu’avant d’être heureux » ; « il n’y a plus rien de beau que ce qui n’est pas », il faudrait même savoir maintenir le désir « en vie » tout en ne le satisfaisant pas. En effet, quand un désir est présent, ne l’idéalisons-nous pas ? Ne lui donnons-nous pas plus de valeur qu’il le devrait ? Et combien de fois, après l’assouvissement de se désir avons-nous été déçu du peu de plaisir qu’il engendre, relativement à l’idée que nous nous en faisions (l’exemple de Candide de Voltaire démontre parfaitement le concept : Candide, après avoir désiré de tout son être et magnifié autant qu’on peut le faire Cunégonde, la déception n’est-elle pas au rendez vous, quand enfin, il l’a retrouve) ? Ensuite, l’assouvissement compulsif de tous les désirs peut, quelque fois, faire oublier la valeur de celui-ci. Ne voudrait-il pas mieux, dans certains cas, attendre avant l’accomplissement du désir, attiser celui-ci ? Ce fait est bien représentable dans le cas de la passion amoureuse. Après avoir désiré, avoir été obsédé par l’être aimé pendant un certain temps, la rencontre des deux êtres n’en est que plus merveilleuse.                                                                                    Bien entendu, il est très facile de dire qu’il faut ou qu’il ne faut pas faire telle ou telle chose. Mais comment parvenir à la réalisation de cet intermédiaire entre les deux libérations possibles ? Epicure enseigne (pour atteindre à l’ataraxie) une voie – menant au bonheur – qui consiste à, grâce à la raison, sélectionner les bons désirs : ceux qui mènent à un plaisir exempt de déplaisir. Le problème : son enseignement, si l’on continue sa réflexion, conduit à une sorte d’ascétisme, au renoncement de la plupart des désirs autres que les besoins vitaux (ce qui revient à se libérer du désir). Cependant, on peut partiellement suivre sa voie. C'est-à-dire être attentif à chacun de ses désirs, et se livrer à un réel travail de réflexion avant l’accomplissement de ceux-ci : « En valent-ils la peine ? », « Ne conduisent-ils pas à un déplaisir trop grand ? », « Est-ce raisonnable ? ».
Récapitulons : la libération du désir doit être régulée, pour l’équilibre social et intérieur de chacun. Certains désirs doivent être apaisés, d’autres attisés et, une partie peut mener à un assouvissement.

      En conclusion, il n’est pas facile de parvenir à l’un ou l’autre des choix : libérer son désir ou se libérer du désir. D’autant plus que se résoudre à opter pour l’un des deux occasionne des déséquilibres et se figure être quasiment impossible. La « bonne voie » serait de trouver une alternative entre les deux, permettant le bon développement de tout un chacun. Néanmoins, ce choix est lui aussi difficilement réalisable : la réflexion par la raison devant analyser chaque pulsion et décider de son accomplissement ou non, de sa satisfaction ou pas.
Malgré tout, d’aucuns ne se prêtent pas forcément à ces réflexions, ces raisonnements. Pourtant, le monde n’est pas que chaos où tous ont choisis l’un ou l’autre camp. Alors qu’est ce qui nous conditionne à trouver ce milieu, cet « équilibre ». La société ? Comment y parvient-elle ?

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#2 12-01-2014 09:16:49

kC6rK0d
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Date d'inscription: 06-01-2014
Messages: 231

Re: Se libérer du désir, ou bien, libérer le désir ?

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#3 13-01-2014 04:10:57

kC6rK0d
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Re: Se libérer du désir, ou bien, libérer le désir ?

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