1. Les présocratiques : vie
siècle avant J.-C.
·
Thalès
—
l'eau est le principe explicatif et
constitutif de l'univers.
·
Anaximandre -
l'infini est
le principe
explicatif et constitutif de l'univers.
·
Pythagore
- le nombre
est le principe
explicatif et constitutif de l'univers. Il existe une
harmonie des sphères. (cf. le nombre d'or)
·
Héraclite
- tout
change, tout s'écoule : c'est le règne du
devenir. Le conflit est le père de toutes
choses et gouverne le monde. Héraclite est
le premier penseur de la dialectique, de
l'écoulement.
·
Parménide -
l'un, l'Être
immuable, éternel, est la seule réalité.
Parménide est le penseur de l'Être, de la
fixité, de l'immuabilité.
·
Empédocle
- deux forces
dirigent le monde : l'amour et la haine.
·
Démocrite
-
matérialiste,
fonde l'atomisme dont Épicure s'inspirera.
·
Anaxagore —
l'Intelligence est la cause de toutes
choses.
2. Socrate,
Platon,
Aristote
·
Socrate (-
470, - 399).
N'a rien
écrit. Sa méthode : l'ironie et la
maïeutique. Il choisit la mort plutôt que
l'exil (cf. l'Apologie de Socrate et le
Criton).
·
Platon (—
427, — 347).
Élève de
Socrate, profondément marqué par sa
condamnation à mort. Fonde l'Académie (une
école de philosophie). Sa
réflexion porte sur l'Être et le Devenir.
Monde sensible, monde intelligible ou monde
des Idées, des Formes. La réalité et la
vérité sont du domaine de l'Être, donc du
monde intelligible (cf. République,
Livre VII) ; s'interroge sur la politique et
le juste. Élabore la Cité idéale,
autoritaire.
À LIRE : le
Phédon ; le
Ménon ; l'Apologie
de Socrate ; la
République ;
le Banquet ; le
Phèdre.
·
Aristote (—
384, — 322).
Élève de
Platon dont il critique le monde des Idées.
Fonde le Lycée. Précepteur du futur
empereur Alexandre le Grand de Macédoine (—
356, — 323), roi à vingt ans et maître de
l'Empire perse.
Savoir
encyclopédique. Pensée du juste milieu, de
l'équilibre. Créateur de la logique.
À LIRE :
Éthique de Nicomaque ;
Politique.
3. Stoïciens et Épicuriens
·
Les stoïciens
: Zénon de Cittium (—
336, — 264)
et Chrysippe (— 281, — 205).
Stoïcisme ou école du Portique (stoa
en grec = portique).
·
Épictète (50,
125 ap. J.-C.) ;
Marc-Aurèle
(121-180), empereur romain.
- Stoïcisme =
philosophie comme art de vivre.
— Bonheur =
vivre en accord avec la Nature.
- Nature =
Raison = Providence = Dieu.
Le stoïcisme
prône le cosmopolitisme. Le stoïcien est
citoyen du monde. Nombreuses écoles sur le
pourtour méditerranéen. Influencera la
pensée chrétienne.
·
Les
épicuriens :
Épicure (—
341, — 270).
« Il n'y a
rien à craindre des dieux / Il n'y a rien à
craindre de la mort / On peut supporter la
douleur / On peut atteindre le bonheur. »
Tels sont les grands principes de la
pensée épicurienne libératrice.
École
dite du Jardin. Influence de Démocrite et de
sa physique matérialiste. La science
permet d'atteindre l'ataraxie, l'absence de
trouble. C'est la définition du bonheur
épicurien ( conception commune
d'aujourd'hui).
·
Lucrèce (—
98, — 55).
Disciple d'Épicure.
Épicurisme =
philosophie de l'Amitié.
À LIRE : le
Manuel d'Épictète de Marc-Aurèle ; la
Lettre à Ménécée d'Épicure ;
De
la nature de Lucrèce.
4. Le xviie siècle : début de l'ère moderne
·
Descartes
(1596-1650).
Seule la
raison bien appliquée, et aidée en cela par
des règles, permet de découvrir la vérité.
La première vérité ainsi connue est le
cogito. Dieu, qui a mis en nous des
idées innées ou notions premières, est
garant de la science. Deux substances
existent : la matière et l'esprit. Par
l'esprit, nous ressemblons à Dieu. Notre
corps, matière, est soumis à la physique
mécaniste (cf. problème de l'union de l'âme
et du corps).
La morale
cartésienne est proche du stoïcisme.
À LIRE :
Discours de la méthode ;
Méditations
métaphysiques ;
Principes de la
philosophie.
·
Spinoza
(1632-1677).
Polisseur de
lentilles, c'est-à-dire des verres des
lunettes astronomiques, pour assurer sa
subsistance, excommunié et exclu de la
communauté juive d'Amsterdam en 1656,
Spinoza est un penseur solitaire qui a su
accorder sa pensée et sa vie. Il définit
l'homme comme une partie de la totalité que
représente la Nature, synonyme de Dieu : ce
« Deus sive Natura » lui valut la
haine féroce de sa communauté. Dans l'une de
ses seules oeuvres publiées de son vivant,
le Traité théologico-politique, il
nie les miracles, passant pour un dangereux
athée, ce qu'il n'est pas. Au contraire,
pour lui, tout est Dieu. L'homme n'est pas «
un empire dans un empire », mais un
mode de la Nature. La philosophie, recherche
de la vérité, est avant tout la conscience
de soi, du monde et de Dieu. Cette
connaissance conduit à la Joie. Panthéisme,
déterminisme, « désir de persévérer dans son
être », joie, sont les mots-clés de la
philosophie de Spinoza.
À LIRE :
Traité
théologico-politique ; l'Éthique.
·
Pascal
(1623-1662).
Ce croyant
fervent et inquiet, précurseur de
l'existentialisme chrétien (cf.
Kierkegaard,
Karl Jaspers, Gabriel Marcel). Grand
mathématicien, il conçut l'ancêtre de notre
machine à calculer, fonda le calcul des
probabilités. Le savoir et la foi sont le
pivot de sa recherche, de sa quête de la
vérité. Contrairement à Descartes, auquel il
s'oppose vivement, la foi n'a rien à voir
avec la raison. On ne peut pas démontrer
l'existence de Dieu. Le tenter est signe
d'athéisme.
À LIRE :
Pensées.
·
Hobbes
(1588-1679).
Comme
Machiavel (1469-1527), il s'interroge sur
l'État et sur le pouvoir. C'est le premier
philosophe du contrat, contrat social entre
les individus qui, en guerre permanente les
uns contre les autres à l'état de nature,
remettent leur liberté, illimitée mais
vaine, entre les mains d'un monarque
absolue, garant de la paix et de la
sécurité. Ce monarque a tous les droits,
mais sa souveraineté n'est pas d'essence
divine.
A lire:
Léviathan
5. Le siècle des Lumières
·
Montesquieu
(1689-1755).
Penseur
libéral dont le premier succès fut les
Lettres persanes, satire de la France et
des Français. Il fonda la théorie des
climats.
L'Esprit des lois reste son
oeuvre maîtresse et influence les penseurs
du xviiie siècle.
·
Rousseau
(1712-1778).
Son
Discours sur l'origine de l'inégalité
eut un retentissement considérable sur les
hommes politiques de la Révolution
française, et sur la pensée politique en
général. De même le
Contrat social,
fondé sur la volonté générale des individus.
Il s'oppose radicalement à la conception de
Hobbes. Pour Rousseau, les hommes,
naturellement bons, sont corrompus par la
société civile. Néanmoins, seule la société
civile leur permet d'actualiser leurs
potentialités (langage, conscience,
morale...).
L'homme est
perfectible grâce notamment à l'éducation.
Dans l'Émile,
Rousseau amorce une profonde
réflexion pédagogique.
À LIRE :
outre les trois ouvrages cités,
Les
Confessions.
·
Kant
(1724-1804).
Hume, dit
Kant, « me réveilla de mon sommeil
dogmatique ». Il va développer une
philosophie originale qui évite le
dogmatisme sans tomber dans le scepticisme.
Toute son oeuvre tente de résoudre trois
questions fondamentales :
1.
Que puis-je
connaître ?
Copernic nous
avait fait passer du géocentrisme à
l'héliocentrisme. La « révolution
copernicienne » de Kant repose sur l'idée
que c'est notre faculté de connaître qui
détermine la connaissance et non l'inverse.
Et nous ne pouvons connaître que les
phénomènes. Ce qu'est véritablement la
chose en elle-même (le noumène ou
chose-en-soi) nous est inconnaissable. La
connaissance est donc relative.
2.
Que dois-je
faire ?
Mon devoir et
uniquement mon devoir. C'est une exigence de
la raison pratique. « Agis de telle sorte
que la maxime de ton action puisse être
érigée en principe universel de la nature.
» Telle est l'impératif catégorique ou
commandement moral.
3.
Que puis-je
espérer ?
L'immortalité
de l'âme et l'existence de Dieu : deux
postulats qui garantissent bonheur et
vertu, ultime exigence de la raison
pratique.
À LIRE :
Fondements de la métaphysique des moeurs.
6. Le
xixe
siècle
·
Hegel
(1770-1831).
La Raison
gouverne le monde et se réalise dans et par
l'Histoire. C'est une philosophie de la
totalité : tout est sens et les personnages
historiques (ex. Napoléon) sont les
instruments de la Raison qui les utilise
pour s'accomplir. C'est ce que
Hegel
appelle « la ruse de la raison ». La
dialectique signifie alors les étapes par
lesquelles passe l'Esprit pour se réaliser,
selon ses propres lois, principalement la
résolution des contradictions (= synthèse).
La fin de l'Histoire est la réalisation de
l'Esprit absolu, où tout le réel est
rationnel et tout le rationnel, réel.
À LIRE :
La Raison dans l'histoire.
·
Marx
(1818-1883).
Avec Engels
(1820-1895), fonde le socialisme «
scientifique ».
Beaucoup de
préjugés et de passions entourent la pensée
marxiste, appelée matérialisme dialectique
et historique. Marx, philosophe avant tout,
reprend la méthode dialectique hégélienne et
la transpose dans la réalité économique de
son époque : cela deviendra la célèbre
lutte des classes, moteur de l'évolution
historique. L'histoire a un sens, une
finalité = l'abolition des classes
sociales. Ensuite, régnera l'âge d'or.
Marx et
Engels ont admirablement analysé le rôle de
l'argent et de la violence dans la société
capitaliste, et l'aliénation du travailleur.
À LIRE :
Manifeste du parti communiste.
•
Nietzsche (1844-1900).
Victime lui
aussi des préjugés et des passions, il
convient de souligner d'emblée qu'il ne fut
ni antisémite ni nazi. C'est sa propre
soeur, manipulant ses écrits, qui a voulu
donner de lui une image lourde de
conséquences. Rétablissons les faits :
Nietzsche est un philosophe généalogiste
: il décrit l'origine de nos valeurs et
découvre qu'elles sous-tendent un esprit de
ressentiment, qu'elles expriment la haine de
la vie, du corps. Par peur et par vengeance,
l'homme faible a institué le mal, le bien,
la vérité, la culpabilité, etc., contre
l'enthousiasme, l'effervescence vitale, qui
ne se soucie ni du bien ni du mal, ni du
mensonge ni de la vérité. La volonté de
puissance de l'homme fort (le surhomme) est
au contraire affirmation totale de la vie,
gai savoir, création, joie. Le surhomme dit
toujours oui à la vie.
À LIRE :
Ecce homo ;
Le Crépuscule des idoles ;
Le
Gai Savoir ;
Le Livre du philosophe.
7. Le xxe siècle
·
Freud
(1856-1939).
Fondateur de
la psychanalyse. L'inconscient est décrit
comme une instance totalement
indépendante de la conscience. Les
rêves, les actes manqués, les lapsus,
dévoilent nos désirs refoulés sous la
pression morale de la société (= le surmoi).
La cure psychanalytique consiste à retrouver
par la libre association d'images, d'idées,
de souvenirs, la source de la névrose, et
d'établir un équilibre entre les contraintes
sociales et nos désirs. L'influence de Freud
est considérable (cf. l'art).
À LIRE :
Cinq Leçons sur la psychanalyse ;
Malaise
dans la civilisation.
·
Bergson
(1859-1941).
Spiritualiste, philosophe de l'intuition.
L'intelligence est pratique, fabricatrice.
L'intuition nous unit à l'élan vital
créateur.
À LIRE :
Essai sur les données immédiates de la
conscience ;
L'Évolution créatrice.
·
Alain
(1868-1951).
De son vrai
nom, Émile Chartier. Célèbre et influent
professeur de philosophie au lycée Henri IV.
On pourrait le comparer à Socrate : il
cherche, par la raison, à sauver l'homme de
ses passions, de ses préjugés. Il fut un
remarquable éducateur. Refuse la notion
d'inconscient freudien.
À LIRE :
Éléments de philosophie ;
Propos.
·
Bachelard
(1884-1962).
Philosophe
des sciences (= épistémologue), il
s'interroge sur la constitution de l'esprit
scientifique. La science se construit par
ruptures. L'épistémologie se définit comme
un rationalisme appliqué. Mais à côté, et de
façon complémentaire, se développe le monde
imaginaire et ses symboles, déterminés par
les quatre éléments (feu, air, eau, terre)
dont il essaie de faire la psychanalyse.
Esprit profondément original.
À LIRE :
Le
Nouvel Esprit scientifique ;
La Formation de
l'esprit scientifique ;
La Psychanalyse du feu
; La Flamme d'une chandelle.
•
Heidegger
(1889-1976).
Critiqué pour son
comportement ambigu pendant la Seconde Guerre mondiale
et le silence dans lequel, ensuite, il se
retirera, il reste néanmoins un penseur
novateur. C'est dans l'angoisse que l'homme se
découvre être-pourla-mort. S'accepter
lucidement comme tel, c'est passer d'une vie
inauthentique (le quotidien, le pouvoir, la
réussite sociale sont les principaux soucis de
l'homme inauthentique) à une vie authentique.
L'authenticité consiste à se savoir être-pour-la-mort et à s'accepter. Vie et mort
sont intimement enchevêtrées, la mort étant
l'acte ultime de la vie. Heidegger est aussi «
le penseur de la technique » et de la parole
poétique.
À LIRE :
Lettre sur l'humanisme ;
Chemins qui ne mènent
nulle part.
•
Sartre (1905-1980).
« L'existence
précède l'essence » :
cette célèbre
phrase résume assez bien la doctrine existentialiste. L'homme est entièrement libre,
dès lors totalement responsable de ses actes. Il
n'est pas une essence préalablement fixée (par
Dieu), il
est à inventer, à chaque instant. Et il n'est que ce
qu'il se fait. L'homme est responsable de ses
réussites comme de ses échecs. L'homme, projet,
est donc l'être de l'engagement.
A LIRE :
L'Imaginaire ;
Huis clos ;
Les Mains sales.