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L'affaire des poisons

Publié le 05/04/2013

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La principale inculpée, de son vrai nom : Catherine Deshayes, épouse Monvoisin et surnommée La Voisin, est une aventurière née en 1640. C'est cette femme ronde et joufflue qui fournit les préparations toxiques destinées à évincer un ou une concurrente, ou à se débarrasser d'une parenté encombrante qui bloque l'accès à un héritage convoité. Ces méfaits ne se résument pas seulement à la distribution de poison...

« de Mazarin, la comtesse de Soissons et la duchesse de Bouillon ; le maréchal de Luxembourg ; les comtesses de Polignac et de Gramont ; le dramaturge Racine .

Mada­ me de Brinvilliers, malgré les pièces manuscrites qui l'acca­ blent, n'avoue ses crimes que quelques jours avant son exé­ cution en 1676.

Il n'est pas im­ possible non plus que cer­ tains suspects aient gonflé aveux et dénonciations dans l'espoir d'une réduction de leur peine.

Mais le scandale est immense et passionne l'opinion publique, surtout à Paris, où l'on suit avec assi­ duité les compte-rendus du procès ouvert devant la gran­ de chambre du Parlement.

Face à l'ampleur de l'instruc­ tion, une chambre spéciale est constituée qui prononce trente-quatre condamnations à mort entre 1679 et 1682.

La Voisin La principale inculpée, de son vrai nom : Catherine De­ shayes, épouse Monvoisin et surnommée La Voisin, est une aventurière née en 1640.

C'est cette femme ronde et joufflue qui fournit les préparations toxiques destinées à évincer un ou une concurrente, ou à se débarrasser d'une parenté encombrante qui bloque l'ac­ cès à un héritage convoité.

Ces méfaits ne se résument pas seulement à la distribu­ tion de poison : la sorcellerie est son domaine et l'usage des sortilèges d'amour ou de haine son autre fonds de com­ merce.

Si la « poudre de suc­ cession » est fabriquée avec de la bave de crapeau, sub­ stance magique dont les ver­ tus sont réputées, les messes noires et autres rituels font aussi partie de sa palette d'intervention.

Madame de Montespan, ancienne favorite du roi, fait pratiquer des rites particuliers sur son corps dénudé afin de conser­ ver les sentiments du souve- .

rain à son égard, contre sa jeu­ ne rivale madame de Fon­ tanges.

Outre les personnalités en vue, toute la France, du moins les milieux qui ont les moyens d'y recourir, s'adonne à la ma­ gie noire et aux médecines obscures.

Les avortements, pratique illégale à l'époque, mais qui évite la manifesta­ tion trop visible d'un adultère, sont souvent l'œuvre de sor­ cières rétribuées.

À l'orée du siècle des Lumières et malgré le poids de l'interdiction reli­ gieuse, le pays voit donc fleu­ rir de nouveau des coutumes archaïques qui le rattachent aux alchimistes médiévaux - par l'entremise des mages ita­ liens venus avec Catherine de Médicis durant la Renaissance.

La mort de La Voisin, brûlée vive en place de Grève en 1680, pas plus que l'applica­ tion des sentences pronon­ cées, ne suffisent à arrêter l'af- ~- faire car le roi laisse agir la police contre une noblesse trop gênante.

L'intervention du Roi Sous l'empire de la torture, les coupables désignent de nouveaux suspects à leur tour soumis à la question judiciai­ re.

Mais lorsque madame de Montespan, son ancienne maîtresse, est mise en cause, Louis XIV comprend que le trône lui-même risque d'être éclaboussé.

Il « conseille » alors aux magistrats de mettre un terme aux poursuites en­ gagées et d'étouffer l'affaire ; la chambre spéciale cesse de se réunir.

Paris, en tout cas, se sera délecté pendant sept ans des affres des grands et des petits, et des rebondisse­ ments colportés par le bouche à oreille.

Les appétits de fortune d'une noblesse rouée et meurtrière auront été exposés au grand jour au côté des intrigues les plus scabreuses alors que le règne du roi Soleil est à son apogée.. »

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