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Blaise PASCAL: Nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre

Publié le 01/04/2005

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Nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre; et, nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais. Blaise PASCAL
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« seulement le témoignage d'une « pensée » écrite à la hâte, mais l'expression réfléchie d'une lettre rédigée endécembre 1656 par Pascal à l'intention de Mlle de Rouanez, au moment où elle souhaite entrer en religion : « Lepassé ne doit pas nous embarrasser, puisque nous n'avons qu'à avoir regret de nos fautes ; mais l'avenir nousdoit encore moins toucher, puisqu'il n'est point du tout à notre égard, et que nous n'y arriverons peut-êtrejamais.

Le présent est le seul temps qui est véritablement à nous, et dont nous devons user selon Dieu.

»Et pourtant Pascal le sait bien (Pensée 139), tout nous montre le contraire.

Les hommes ne cessent des'agiter, de se jeter dans le monde, d'aimer le jeu, la conversation des femmes, de courir les emplois.

En unmot, ils ne cherchent qu'une chose : le DIVERTISSEMENT.

Frénésie de l'action qui ne vise, en sortant sanscesse de soi, qu'à s'oublier soi-même.

Aussi, si l'on en cherche plus finement les raisons , on les trouve dans lanature même de l'homme.

Ce dernier n'a pas tort et a le juste pressentiment de son malheur.

Il y a un «malheur naturel de notre condition faible et mortelle, et si misérable, que rien ne peut nous consoler, lorsquenous y pensons de près.

» De là vient, continue Pascal, « que les hommes aiment tant le bruit et le remuement; de là vient que la prison est un supplice si horrible ; de là vient que le plaisir de la solitude est une choseincompréhensible ».Pascal nous invite à accepter, sans effroi, notre humaine condition, qui est de n'être rien, certes, face àl'infinité de Dieu mais d'être quelque chose avec son secours, en trouvant auprès de lui l'éternelle consolationdont nous avons besoin.

Telle est l'articulation centrale de la réflexion Pascalienne (Pensée 60) : MISERE DEL'HOMME SANS DIEU (parce que la nature est corrompue) ; FELICITE DE L'HOMME AVEC DIEU (parce qu'il y aun réparateur).

Dans sa situation de misère, loin de Dieu, l'homme s'étourdit de son passé et plus encore deson avenir supposé, mais ne peut, en réalité, jamais d'être heureux.

Dans la situation de félicité, au moment oùil a retrouvé Dieu, l'homme peut parvenir au bonheur, à condition de se détourner du monde et de sesdivertissements impuissants.

Aussi Pascal, contre l'éparpillement de soi, plaide-t-il en faveur de la méditation.

Ilfaut se « ramasser en soi-même » pour se consacrer à ce Dieu « que nous connaissons sans savoir qui il est »(Pensée 233).Ainsi une vie heureuse serait définie par l'accord de l'homme avec Dieu.

Belle définition, sans doute.

Dieu estbien caché ou lointain.

Le transcendant a disparu de notre horizon, nous laissant en ce vide que décrit si bienPascal.

Inutile d'inventer de nouveaux dieux.

Tentons plus simplement de trouver une vie heureuse dansl'accord, sinon avec le monde, du moins avec nous-mêmes. PASCAL (Biaise). Né à Clermont-Ferrand en 1623, mort à Paris en 1662. Enfant précoce, il écrivit à onze ans un traité des sons, et retrouva tout seul, à douze ans, la trente-deuxièmeproposition du premier livre d'Euclide.

A dix-neuf ans, il inventa une machine arithmétique.

En 1646, il entre enrelations avec Port-Royal et fait sa première expérience sur le vide.

A partir de 1652, commence ce que l'on aappelé la « vie mondaine » de Pascal.

Ami du duc de Roannez, il fréquente les salons et les femmes, s'adonne aujeu, mais poursuit cependant la réalisation de ses travaux mathématiques : il se révèle le promoteur de l'analyseinfinitésimale et du calcul des probabilités.

Insatisfait de la vie qu'il mène, las du monde, le cœur vide, il éprouve lanostalgie de Dieu.

Pascal a une illumination dans la nuit du 23 novembre 1654, et trace quelques lignes sur unmorceau de papier, qu'il conservera cousu à l'intérieur de son vêtement.

Il se retire à Port-Royal-des-Champs, etparticipe avec ardeur à la polémique qui oppose les Jansénistes et les Jésuites, prenant la défense de Port-Royal(1656-1657).

La guérison de sa nièce, à la suite de l'attouchement d'une épine de la couronne de Jésus, le rendencore plus convaincu dans sa foi chrétienne.

Il abandonne ses recherches de mathématiques et de géométrie, etvit désormais dans l'humilité et la souffrance.

Il imagine la création de carrosses à cinq sols pour le déplacement despauvres, voitures qui sont à l'origine des transports publics en commun.

Il meurt le 17 août 1662.

— Bien entendu, iln'y a pas de système philosophique de Pascal, que Bayle a appelé « un individu paradoxe de l'espèce humaine ».Malade et las, Pascal a cherché en souffrant.

Il s'est approché de l'univers invisible, à tâtons.

Dieu est pour lui « ladernière fin, comme lui seul est le vrai principe ».

Polémiste, géomètre, physicien, Pascal est l'un des plus grandsécrivains français.

Sa distinction entre l'esprit de géométrie et l'esprit de finesse est célèbre.

L'esprit de géométrie,c'est celui qui procède par définitions et déductions rigoureusement logiques et qui s'étend jusqu'aux plus extrêmesconséquences.

L'esprit de finesse, c'est la « souplesse de pensée » qui permet, face à la complexité des choses,l'adaptation aux circonstances concrètes.

— Rappelons ici l'argument du pari, dans le problème de l'existence deDieu.

Ou bien Dieu est, ou bien il n'est pas.

Or, « il faut parier, cela n'est pas volontaire, vous êtes embarqué.Lequel prendrez-vous donc?...

Votre raison n'est pas plus blessée en choisissant l'un que l'autre, puisqu'il fautnécessairement choisir.

Voilà un point vidé ; mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte, en prenant croix queDieu est.

Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien.

Gagezdonc qu'il est, sans hésiter...

Tout joueur hasarde avec certitude pour gagner avec incertitude : et néanmoins ilhasarde certainement le fini pour gagner incertainement le fini, sans pécher contre la raison...

Et ainsi, notreproposition est dans une force infinie, quand il y a le fini à hasarder à un jeu où il n'y a pareils hasards de gain quede perte, et l'infini à gagner ».

— La grandeur de Pascal est dans ce combat qu'il a mené, où il a engagé toutes lescontradictions de son être, dans cette quête gémissante de la vérité.

Elle est aussi dans cette sourde inquiétude. »

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