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La Crise de l'État-providence de Pierre ROSANVALLON

Publié le 16/07/2012

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Tous les modèles de gestion politique et économique se sont révélés successivement inopérants ou insuffisants : • L'État-providence, caractéristique des social-démocraties européennes, n'a pu, face à la crise, financer ses promesses. Il n'a mis en jeu qu'une solidarité mécanique et bureaucratique. Augmentant les prélèvements obligatoires, il a favorisé l'émergence d'une économie souterraine et d'une «société duale». • Le néolibéralisme contemporain oscille entre un libéralisme extrême (Paine, Nozick) et un libéralisme «social» si tempéré qu'on le distingue mal d'une socialdémocratie. Il ne peut déterminer les limites de l'interventionnisme étatique. • Le compromis keynésien échoue à répondre au problème du chômage. Dans ce livre, écrit au moment de l'arrivée des socialistes en France, P. Rosanvallon prône une social-démocratie renouvelée par la triple dynamique d'une socialisation plus souple, de la décentralisation et de l'autonomisation. 

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« ORIGINE DU MOT L'expression «État-providence» est apparue en France sous le second Empire, forgée par des penseurs libéraux opposés à l'accroissement des pouvoirs de l'État mais hostiles aussi à un individualisme sans limites, favorables alors à des associations qui éviteraient le face-à-face de l'État et de l'individu, de l'inté­ rêt général et de l'intérêt particulier, pour lutter contre le pau­ périsme.

On la trouve la première fois sous la plume d'Émile Ollivier, député républicain rallié à Napoléon III à partir de 1860, dans son Rapport fait au nom de la commission chargée d'examiner le projet de lois relatif aux coalitions : Émile Ollivier y fait la critique de la loi Le Chapelier de 1791 qui avait interdit les coa­ litions c'est-à-dire les associations d'ouvriers.

le cc welfare state » L'expression anglaise « welfare state », que certains préfèrent, est plus récente : l'état de bien-être fut la réponse que le démo­ crate Franklin De lano Roosevelt, trente-deuxième président des États-Unis d'Amérique (élu en 1932, réélu en 1936, puis en 1940 et, une dernière fois, en 1944) proposa pour mettre fm à la grande crise économique des années 1929-1930.

Loin d'une conception purement libérale du marché, partisan d'un interventionnisme étatique, il crut trouver une «nouvelle donne» (new deal) dans un contrôle de la concurrence, un jeu d'indemnités, des mesures sociales de secours financiers aux chômeurs, une augmentation des dépenses publiques, déficit budgétaire, etc.

D'inspiration néo-libérale chez F.

D.

Roosevelt, la politique de l'État-providence fut caractéristique des social-démocraties européennes : entre le «planisme» centralisé soviétique recom­ mandé par les communistes et le jeu sauvage de la compétition marchande prônée par les libéraux, celles-ci cherchèrent la voie moyenne d'une intervention modérée des pouvoirs publics et d'une politique de compromis (entre l'État, le patronat, les. »

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