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L'école des femmes (acte 5 ; scène 4) - Molière

Publié le 12/09/2006

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Introduction Situation Cette scène boucle tout le parcourt psychologique qu’on effectué les deux perso principaux tout au long de la pièce. Ce couple a en effet subit une évolution si nette que nous avons ici une idée précise de ce que Molière a voulu mettre en jeux dans cette comédie : →l’emprise ou le désir de domination masculine sur la femme →la peur de perdre l’être aimé, d’en être trompé (peur sous-jacente du stratagème d’Ar, scène 1) Sens et intérêt de l’extrait Principe : on provoque ce que l’on craint Arnolphe : étymologie basée sur le stéréotype du mari trompé : Arnoul, saint patron des cocus Le stratagème d’Ar échouera car on étouffe ni une femme, ni la vie. C’est ce à quoi nous assisterons dans cette scène. Ar arrive fou de rage, et c’est là que sa colère éclate. Sauf que contrairement à d’habitude, ag lui tient tête : c’est ici tout l’enjeu de la scène. Constatons que les axes 2 et 3 (cf plan) montrent un point commun, le seul entre ces perso → ils sont ici à un tournant ; tout deux prennent conscience d’un changement radical entre eux. C’est un moment de crise à partir duquel la situation ne peut que se dénouer → Ag filera le parfait amour avec Horace →Ar se retrouvera exactement dans la situation qu’il craignait : trompé, dupé, seul, car pris à son propre piège. Problématique Face à une telle mutation réciproque, comment nous apparaissent les deux personnages ? Comment le comique est-il préservé dans cette scène de révélation de ton grave ? Comment apparait Ar face à la mutation d’Ag et en quoi porte cette mutation (raisonnement) ? Plan I/ procédés du comique II/ Ar ou la prise de conscience douloureuse III/ Ag ou la crise de conscience ( = incrédulité) I/ Procédés du comique A/ Comique de geste L’acteur qui interprète le rôle d’Ar dispose de toute une gamme de gestes pour montrer l’incrédulité et la stupeur d’Ar face à Ag qui lui fait face (on voit là le potentiel théâtral d’un texte) : - Ar suffoquant de stupeur - Ar fou de rage Molière avait lui-même joué Ar avec beaucoup de roulements d’yeux, souffle court, grondement. B/ Comique d’attitude, entre gestes et mots La dimension comique d’Ar est très présent dans sont incrédulité par toutes les expressions exclamatives : « voyez comme elle me réponds la vilaine ?! « (vers 11), « Peste « (vers 12), « Ah ! « (vers 13) Et surtout interrogatives : « vous ne m’aimez donc pas, à ce compte ? « (vers 1), « Comment, non ? « (vers 2), « Pourquoi ne pas m’aimer, Madame l’impudente ? « (vers 3), « en dirait-elle plus ? « (vers 12), « je vous aurai pour lui nourrie à mes dépens ? « (vers 17), « Les obligations que vous pouvez m’avoir ? « (vers 21), « N’est-ce rien que les soins d’élever votre enfance ? « (vers 23) C/ Comique de mots Le comique de mot est représenté dans la suite de réplique : « Vous ?/ Oui. / Hélas ! non. « (vers 1) Le comique est surtout ici dans la rapidité des répliques (stichomythies), d’où le comique de situation : D/ Comique de situation - Dialogue de sourds : ils ne se comprennent pas → double prise de conscience, source du comique ( cela nous fait retrouver ce qui caractérise la pièce : le comique nait du pathétique « Vous ?/ Oui. / Hélas ! non. « (vers 1) (Molière sait donc combiner les formes de rire les plus variées et même le ridicule et le pathétique. II/Ar ou Prise de conscience Ar est ici en crise de conscience car peut-on vraiment dire qu’il n’avait pas conscience ou du moins le pressentiment de ce qui couvait. Les révélations d’Horace qui le prenait pour son confident ont put lui mettre la puce à l’oreille. A/ son incrédulité - Ar reste totalement incrédule face à la « nouvelle « Ag, il n’en revient littéralement pas : « voyez comme elle me réponds la vilaine ?! « (vers 11), « Peste « (vers 12), « Ah ! « (vers 13) « vous ne m’aimez donc pas, à ce compte ? « (vers 1), « Comment, non ? « (vers 2), « Pourquoi ne pas m’aimer, Madame l’impudente ? « (vers 3), « en dirait-elle plus ? « (vers 12), « je vous aurai pour lui nourrie à mes dépens ? « (vers 17), « Les obligations que vous pouvez m’avoir ? « (vers 21), « N’est-ce rien que les soins d’élever votre enfance ? « (vers 23) -il parle d’elle comme si elle n’était pas présente, avec l’emploie de la troisième personne du singulier « dirait-elle « (vers 12), « «elle a de certains mots « (vers 19) Elle est femme-objet pour lui → il la commente devant elle B/ sa déroute Sa déroute s’exprime par des propos violents, qui ne traduisent pas le même point de vue sur Ag : -tantôt il l’a traité comme la gamine inculte qu’il a toujours voulu se réserver avec des termes puérilisants et rabaissants : « une sotte «, « la vilaine « -tantôt il commence à prendre la mesure des changements d’Ag : « Madame « alors qu’il l’a traité jusqu’ici comme une enfant ( contradiction « impudente « elle lui résiste pour la première fois « raisonneuse « à relier avec « précieuse « qui font référence aux femmes mondaines d’expérience (« en raisonnement votre esprit se consomme «) -il voit donc, et admet les changements d’Ag ( confirmation de l’odieuse suffisance d’Ar à l’égard des femmes → il ne supporte pas ce qu’il craint ( Ar est entrain de vivre la dépossession après avoir voulu « la puissance « (vers7), après avoir mené ce projet de possession ( cela se retourne contre lui ( comique car caractère odieux C/ le bourgeois épais (attitude sociale) -Ar s’offusque ici de ne pas avoir eu droit à son « retour sur investissement « « Mais les soins que j’ai pris, je les ai perdu tous «, « Je vous aurai pour lui nourrie à mes dépend ? «, « elle a de certains mots où mon dépit redouble. / Me rendra-t-il, coquine, avec tout son pouvoir, / Les obligations que vous pouvez m’avoir ? « -Ar prétend que l’ « éducation « d’Ag est son du « N’est-ce rien que les soins d’élever voter enfance ? « (vers 23) -Il veut ici faire une dette de ce qu’il a commit de plus odieux : une « éducation « dont il reconnait lui-même la superficialité, ce n’était qu’ « ignorance « : « Une sotte «, « vous fuyez l’ignorance « -son vulgaire instinct de propriété a été bafoué ( Il s’est voulu despote, il apparait ni plus ni moins que comme l’avare possesseur d’un bien qu’il aurait acquis au titre de marchandise. C’est ici en propriétaire frustré qu’il réagit tel Aragon avec sa cassette dans L’Avare ; Or le bien d’Ar est ici… une femme ! (En raison de ce point de vue odieux, ce personnage, malgré sa douleur, suscite de notre part le rire. III/Ag ou la Crise de conscience La prise de conscience d’Ag est ascendante, positive. Jusqu’ici, dans les scènes d’affrontements, elle subissait, cette fois, elle tient tête. Phénomène de vases communicants → Ar, possessif, subit une dépossession, tandis qu’Ag, l’ingénue, vit un processus inverse de construction personnelle : elle sort de l’état de soumission et d’ignorance dans lesquelles l’avait réduite la stratégie d’Ar. Dans cette scène, elle raisonne (« raisonneuse «, « raisonnement «, « belle raisonneuse «) sur plusieurs points : A/ l’amour - Ar fait preuve d’immaturité « Pourquoi ne m’aimer pas ? « -elle donne donc une leçon de vie : l’amour ne se commande pas « ce n’est pas moi que voue devez blâmer:/ Que ne vous êtes-vous comme lui fait aimer ?/ je ne vous en ai pas empêché, que je pense. « - Ag lui montre qu’en amour, il faut d’abord la séduction ; et la puissance (ou domination), ne fait jamais rien de positif « Que ne vous êtes-vous comme lui fait aimer ? «, « Vraiment, il en sait donc là-dessus plus que vous, / car à se faire aimer il n’a point eu de peine « -Ar en conclue qu’elle « en sait plus que le plus habile homme « B/ l’argent et le social -les remarques d’Ag sont courtes en cinglantes « il vous rendra tout jusqu’au dernier double «, « Je n’en ai pas de si grande qu’on pense « -« double « = presque rien ( accentue l’avarice de Ar (cf ruban, extrait 1) C/ l’ « éducation « d’une femme Partie la plus importante de la scène care elle touche ce qu’il y a eu de plus important dans le d’Ar → une éducation qui a empêché Ag de connaitre la vie et le monde ( elle est restée voue à l’ignorance ≠ éducation -réaction d’ironie d’Ag → elle sait donc bien se servir de sa raison « bien opéré vraiment, / et m’avez fait en tout instruire joliment ! « -la lucidité d’ag est blessée, on a donc un formidable essor de l’esprit d’Ag « croit-on que je me flatte, et qu’enfin dans ma tête Je ne me juge pas bien que je suis une bête « → elle se traite de tête : tête rime avec bête « je ne veux plus passer pour sotte, si je puis « → et de sotte : elle lui renvoie l’insulte modestie contre suffisance -elle se sent dégradée par cet absence d’éducation → ces fameux « soins « dont Ar a eu le culot de l’estimer débitrice, lui font « honte « « Croit-on que je me flatte «, « si je puis « -thème de l’immaturité dans laquelle elle a été laissée « dans l’âge où je suis, / Je ne veux plus passer pour une sotte, si je puis. « -les deux derniers vers (« C’est de lui que je sais ce que je puis savoir, / Et beaucoup plus qu’à vous je pense lui devoir «) parachèvent l’expression de la mutation d’Ag et conjuguent ce que l’on vient de relever ici dans ses réactions → elle a appris à écrire contre la volonté d’Ar → le savoir qu’elle tient de son amoureux est celui que vient de lui apprendre la révélation de la vie par l’amour C’est du fond de sa candeur que la jeune fille trouve les réponses les plus justes et les plus efficaces aux arguments creux et odieux du barbon. Par là, ag témoigne du pouvoir de révélation qu’a l’amour, et de la foi en une force de vie capable d’inspirer l’être humain contre les préjugés, les conventions et les formes de la bêtise. Conclusion Agnès Franche, clairvoyante, décidée, désintéressée, Ag manifeste ici le triomphe de la liberté et des élans vitaux contre l’étouffement des conventions sociales et les manigances d’une éducation pervertie par la jalousie. Molière exprime par là une revendication qui existait déjà à l’époque à propos des nouvelles mœurs et de l’éducation des femmes. Ces revendications se développeront jusqu’à nos jours et c’est pourquoi cette pièce à toujours une telle atteinte aujourd’hui (c’est aussi à cause de cette force théâtrale qu’elle fur critiquée à l’époque) Arnolphe Le cauchemar que fait vivre ag à son mentor mets les rieurs de son côté et du côté de l’Amour contre la volonté de domination étouffante, contre une conception du couple sclérosante et qui ne soit pas que, plus les deux êtres s’épanouissent l’un par l’autre, plus l’amour et la vie y gagnent. Femmes au théâtre La question de la libération de la femme face à l’emprise masculine a été un thème théâtral très prisé : Maison de Poupée, d’Ibsen « On ne nait pas femme, on le devient « Simone de Beauvoir

« « vous ne m'aimez donc pas, à ce compte ? » (vers 1), « Comment, non ? » (vers 2), « Pourquoi ne pas m'aimer, Madamel'impudente ? » (vers 3), « en dirait-elle plus ? » (vers 12), « je vous aurai pour lui nourrie à mes dépens ? » (vers 17), « Lesobligations que vous pouvez m'avoir ? » (vers 21), « N'est-ce rien que les soins d'élever votre enfance ? » (vers 23) C/ Comique de motsLe comique de mot est représenté dans la suite de réplique : « Vous ?/ Oui.

/ Hélas ! non.

» (vers 1)Le comique est surtout ici dans la rapidité des répliques (stichomythies), d'où le comique de situation : D/ Comique de situation- Dialogue de sourds : ils ne se comprennent pas → double prise de conscience, source du comique ( cela nous fait retrouver cequi caractérise la pièce : le comique nait du pathétique« Vous ?/ Oui.

/ Hélas ! non.

» (vers 1) (Molière sait donc combiner les formes de rire les plus variées et même le ridicule et le pathétique. II/Ar ou Prise de conscience Ar est ici en crise de conscience car peut-on vraiment dire qu'il n'avait pas conscience ou du moins le pressentiment de ce quicouvait.

Les révélations d'Horace qui le prenait pour son confident ont put lui mettre la puce à l'oreille. A/ son incrédulité- Ar reste totalement incrédule face à la « nouvelle » Ag, il n'en revient littéralement pas :« voyez comme elle me réponds la vilaine ?! » (vers 11), « Peste » (vers 12), « Ah ! » (vers 13)« vous ne m'aimez donc pas, à ce compte ? » (vers 1), « Comment, non ? » (vers 2), « Pourquoi ne pas m'aimer, Madamel'impudente ? » (vers 3), « en dirait-elle plus ? » (vers 12), « je vous aurai pour lui nourrie à mes dépens ? » (vers 17), « Lesobligations que vous pouvez m'avoir ? » (vers 21), « N'est-ce rien que les soins d'élever votre enfance ? » (vers 23) -il parle d'elle comme si elle n'était pas présente, avec l'emploie de la troisième personne du singulier« dirait-elle » (vers 12), « «elle a de certains mots » (vers 19)Elle est femme-objet pour lui → il la commente devant elle B/ sa dérouteSa déroute s'exprime par des propos violents, qui ne traduisent pas le même point de vue sur Ag :-tantôt il l'a traité comme la gamine inculte qu'il a toujours voulu se réserver avec des termes puérilisants et rabaissants :« une sotte », « la vilaine »-tantôt il commence à prendre la mesure des changements d'Ag :« Madame » alors qu'il l'a traité jusqu'ici comme une enfant ( contradiction« impudente » elle lui résiste pour la première fois« raisonneuse » à relier avec « précieuse » qui font référence aux femmes mondaines d'expérience (« en raisonnement votre espritse consomme ») -il voit donc, et admet les changements d'Ag ( confirmation de l'odieuse suffisance d'Ar à l'égard des femmes → il ne supportepas ce qu'il craint ( Ar est entrain de vivre la dépossession après avoir voulu « la puissance » (vers7), après avoir mené ce projet de possession (cela se retourne contre lui ( comique car caractère odieux C/ le bourgeois épais (attitude sociale)-Ar s'offusque ici de ne pas avoir eu droit à son « retour sur investissement »« Mais les soins que j'ai pris, je les ai perdu tous », « Je vous aurai pour lui nourrie à mes dépend ? », « elle a de certains mots oùmon dépit redouble.

/ Me rendra-t-il, coquine, avec tout son pouvoir, / Les obligations que vous pouvez m'avoir ? »-Ar prétend que l' « éducation » d'Ag est son du« N'est-ce rien que les soins d'élever voter enfance ? » (vers 23)-Il veut ici faire une dette de ce qu'il a commit de plus odieux : une « éducation » dont il reconnait lui-même la superficialité, cen'était qu' « ignorance » :. »

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