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Les écrivains scientifiques au XVIIIe siècle : Fontenelle - Montesquieu - Buffon

Publié le 16/02/2011

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   Le mouvement scientifique, lancé par Descartes, accru par Newton, ne fit que se généraliser au XVIIIe siècle; de grands esprits travaillèrent à vulgariser les découvertes ou à développer des études nouvelles : Fontenelle contribua à la diffusion de la science astronomique, Montesquieu et Buffon constituèrent l'étude des sociétés et l'histoire naturelle.    Fontenelle, bel esprit et mathématicien, fut l'idéal du savant mondain.    Neveu du grand Corneille, homme spirituel, intelligence claire et sceptique, Fontenelle (1657-1757) fut d'abord littéraire dans la première partie de sa longue existence,    — c'est le bel esprit brouillon et poète, brillant défenseur des Modernes, dont La Bruyère a fait le portrait, Cydias;    — ensuite il se tourna, par tempérament autant que pour suivre le goût général, vers les études scientifiques.   

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« Tant au point de vue documentaire que sur la valeur des appréciations de nombreuses réserves seraient à formuler;mais cette étude attentive de l'histoire romaine a amené Montesquieu à concevoir le déterminisme historique : « Ce n'est pas la fortune (le hasard) qui domine le monde.

Il y a des causes générales, soit morales, soit physiques,qui agissent dans chaque monarchie, relèvent, la maintiennent ou la précipitent.

» L'esprit des lois (1748) est une vaste enquête de législation comparée.

C'est l'œuvre capitale de Montesquieu et lapremière tentative d'ensemble que l'on ait conçue pour expliquer le caractère et la constitution des sociétéshumaines. Montesquieu analyse les caractères fondamentaux des gouvernements : la république, fondée sur la vertu (amour del'égalité et de la patrie); la monarchie, fondée sur l'honneur; le despotisme, fondé sur la crainte (Livres I à XI). Puis il étudie les modifications politiques résultant de l'organisation militaire, du commerce, des mœurs, de la religionet surtout du climat : il admire la constitution libérale des Anglais où s'équilibrent harmonieusement les trois pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. L'Esprit des Lois n'est pas un simple traité de jurisprudence : c'est une synthèse puissante où Montesquieu a essayéde ranger les lois, les usages, la vie économique de toutes les nations. • La documentation.

Ne se contentant pas de consulter l'histoire moderne et ancienne, il a dépouillé curieusementles relations des missionnaires sur l'Orient, le Japon, étudiant même les mœurs des peuples sauvages.

Il a observénon seulement les lois, mais toutes les manifestations de l'activité sociale : institutions religieuses, questionsfinancières, commerciales, l'esclavage, la population, etc. • La méthode.

La distinction de trois gouvernements types est purement arbitraire.

Montesquieu s'est fait illusion sursa méthode : « J'ai posé les principes et j'ai vu les cas particuliers s'y plier comme d'eux-mêmes.

» Il ne faut y voirqu'un moyen d'introduire de l'ordre dans des questions si confuses. • La psychologie politique.

D'ailleurs Montesquieu n'étudie pas les formes gouvernementales dans l'abstrait : lesfaisant reposer sur la vertu, l'honneur ou la crainte, il se trouve amené à réunir la psychologie et la politique.

De là,des pages curieuses et profondes sur la mentalité anglaise, l'esprit traditionaliste des Chinois, l'humeur sociable,indépendante, légère et généreuse de la nation française : « Laissez-lui faire les choses frivoles sérieusement etgaiement les choses sérieuses.

» • Les idées de réforme.

Montesquieu s'est efforcé d'être impartial et ne rejette aucune forme de gouvernement : «Chaque nation trouvera ici les raisons de ses maximes.

» Il se borne à exprimer l'horreur de l'esclavage et del'intolérance; pour éviter à son pays des dangers du despotisme (centralisation), il s'attache à marquer la nécessitédes corps intermédiaires (noblesse, parlements) qui doivent faire équilibre au pouvoir du souverain. • La science des sociétés.

Montesquieu a eu le mérite d'entreprendre l'étude scientifique des relations sociales : làoù Montaigne et Pascal n'avaient vu que la fantaisie et la diversité (« vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà»), Montesquieu a montré qu'il y avait des rapports nécessaires que l'on pouvait énoncer et déduire.

Il a élevé lapolitique au niveau de la science.

Le style de Montesquieu est ordinairement fragmentaire et piquant. Humoristique et irrévérencieux dans les Lettres persanes, un peu emphatique dans les Considérations, le style deMontesquieu est sobre et précis, mais varié, dans L'Esprit des Lois.

Phrases courtes, brillantes : la suite des idéesest saccadée, les transitions omises; l'ensemble de la composition est peu visible. Buffon apporte dans l'étude des êtres vivants l'attention, la patience, le goût des idées générales. Né à Montbard, près de Dijon, Georges Leclerc de Buffon (1707-1788) fut, pendant près de cinquante ans,intendant du Jardin du Roi (Jardin des Plantes et Musém).

Mû d'abord par l'idée de décrire les collections royales, ils'attacha avec l'aide de collaborateurs de grand mérite, Daubenton, Guénau de Montbéliard, à rédiger Y HistoireNaturelle (1749-1788), œuvre étendue en 36 volumes, comprenant l'histoire de l'homme, des quadrupèdes, desoiseaux et des minéraux.

Lacépède écrivit plus tard l'histoire des poissons. Savant consciencieux et éloquent, les traits du tempérament intellectuel de Buffon sont le goût du travail, laméthode, l'impartialité : « le génie n'est qu'une grande aptitude à la patience.

» Sa méthode. Estimant qu'une classification systématique des êtres vivants serait prématurée, Buffon s'est efforcé surtout d'enfaire connaître les caractères extérieurs : « On doit donc commencer par voir beaucoup et revoir souvent.

» Dansl'histoire des animaux, il étudie d'abord les animaux domestiques, puis passe aux espèces sauvages.

Ses descriptions. »

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