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Faut-il rechercher le bonheur ?

Publié le 16/02/2004

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La poursuite du bonheur  constitue une fin universelle de la nature humaine. C'est ce que Pascale a vu très tôt dans ses Pensées : "Tous les hommes recherchent d'être heureux . Cela est sans exception, quelques différents moyens qu'ils y emploient." . Pourtant définir le bonheur et les moyens pour y parvenir est chose complexe. Il s'agit non pas ici de savoir si tout le monde recherche le bonheur mais bien si la recherche du bonheur est quelque chose de positif, si les conséquences de celle-ci ne sont pas fâcheuses. Se pose aussi la question de savoir si l'on peut atteindre le bonheur. Or le bonheur défini comme état durable de sérénité et de tranquillité semble être une illusion. Comment dès lors, ne pas épuiser ses forces dans la recherche d'un bonheur, que l'on n'arrive pas à définir et impossible à atteindre? Ne vaut-il mieux profiter de ce que nous offre le présent? Et pourtant la recherche du bonheur n'est-elle pas ce qui nous permet d'agir, de se projeter dans le futur? Le bonheur n'est-il pas plutôt parcours, effort vers quelque chose qu'un état sans douleur?

« Pour Aristote, le bonheur est la fin la plus haute qui soit assignée à l' âme.

Onle sait l'homme est originairement insatisfait .

Mais connaître la raison del'insatisfaction, chercher la vie susceptible de m'apporter la satisfaction, toutcela nécessite une réflexion théorique qui consiste à déterminer la nature du"souverain bien" et les conditions de son acquisition. Dans l'Éthique à Nicomaque, Aristote conduit l'analyse de ce qui motive lesactions humaines.

Chacun conçoit le bien et le bonheur d'après sa propre vie.Pour le plus grand nombre, le bonheur se définit par une vie de jouissance etde plaisirs ; on en trouve d'ailleurs souvent l'exemple parmi ceux quigouvernent.

Pour un nombre plus restreint ("l'élite et les hommes d'action"), lebonheur est placé dans la récolte des honneurs et des louanges : tel est lebut en général recherché par ceux qui font de la politique.

Il existe enfin untroisième type de bien, relatif à un tout petit nombre ("cette fin a davantagerapport avec ceux qui accordent les honneurs qu'avec ceux qui lesreçoivent").

Ce vrai bien est individuel et inaliénable.

Ce ne sont ni leshonneurs qui rassurent — où l'on cherche la reconnaissance de gensintelligents —, ni même la vertu.

Car on peut être vertueux et rester inactiftoute sa vie ; ou, bien pire, endurer bon gré mal gré "les pires maux et lespires malheurs" : on peut être vertueux et terriblement malheureux.

Lesouverain bien est un bien qui est recherché pour lui-même et non en vue d'autre chose (comme l'argent par exemple), il est tout à la fois moyen et fin.

Seul le bonheur est en mesure derépondre à cette définition et Aristote le fait résider dans l'activité de l'esprit, partie la plus haute et la plus noble del'homme, dont l'activité est plus durable et continue que tout autre action pratique.

Elle procure un plaisir certain,tant il est vrai qu'il y a plus d'agrément à vivre dans le savoir que dans l'ignorance, et enfin elle est indépendante,ne répondant que d'elle-même : sa finalité lui est immanente (elle ne dépend pas d'un résultat extérieur plus oumoins bon), et elle se nourrit du loisir à la différence de toutes les autres activités qui sont laborieuses. Ainsi, pour Aristote, par exemple, le bonheur consiste, pour le philosophe, en "une activité de l'âme conforme à laraison.", en une vie raisonnable.

Or, toute vie raisonnable doit se construire et procède d'un choix, celui dephilosopher. Bien sûr, cela est la thèse d'Aristote, mais il revient à chacun d'apprendre à se connaître, à savoir ce qui est bon etmauvais pour lui et essayer de trouver l'existence qui lui évitera les malheurs et qui corresponde le plus à son être,son individualité. En effet, le bonheur est beaucoup moins lié aux événements extérieurs qu'à notre personnalité, qu'à l'accord de nosactes avec nous-mêmes. C'est pour cela que Schopenhauer affirme que "La souffrance et le bien-être qu'on ressent ne seraient donc pas du tout déterminés de l'extérieur", car ""le monde dans lequel chacun vit dépend de la façon de le concevoir." L'homme a donc comme devoir d'apprendre à se connaître et à connaître le monde extérieur pour comprendre lesactions qui lui permettront d'être en accord avec lui-même et de se perfectionner.

Et la recherche du bonheur n'estrien d'autre que cette réflexion. 3.

La quête du bonheur est dans le bonheur de la quête Il ne faut pas pourtant croire que ce travail sur nous, nous permettra de trouver un état de paix durable et dénuéde toute souffrance.

En fait, le bonheur est à repenser.

L'homme n'est en effet pas un sage qui vivrait détacher detoutes passions et de toutes souffrance.

Il est un individu qui se définit par ce qu'il fait et par le sens qu'il veutdonner à sa vie.

Dès lors, trouver l'existence qui nous correspondrait le plus, c'est agir en vue d'un but qui nousparaît être un bien et c'est la mise en oeuvre de moyens, d'efforts en vue de ce bien qui me permet d'accéder aubonheur, qui me permet de me réaliser pleinement et d'être satisfait de moi-même. Le bonheur n'est ni un plaisir ni une somme de plaisirs, mais une visée, une espérance, une promesse. "on jouit moins de ce qu'on obtient que de ce qu'on espère, et l'on n'est heureux qu'avant d'être heureux." Rousseau • Contre l'ascétisme des philosophies rationalistes, Rousseau fait dire à Julie (le personnage de son roman) la beautéet la force du désir amoureux: le désir est paradoxal, car d'un côté il consiste à tendre vers un but, mais de l'autre,il se suffit à lui-même.

En effet, celui qui accomplit son désir connaît en même temps que la satisfaction une sortede déception.• L'affirmation de Julie («Malheur à qui...») est radicale: pour elle, le vrai bonheur consiste dans le désir lui-même,qui est une forme d'intensification de la vie.

Ne rien désirer, ce n'est pas la sagesse, c'est la mort.. »

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