Devoir de Philosophie

Fiche de révision pour le bac: THEORIE ET EXPÉRIENCE.

Publié le 10/07/2009

Extrait du document

theorie
On distingue, traditionnellement, trois sortes de sciences :  a) Les sciences abstraites (ou sciences «hypothético-déductives«), dont l'objet ne se trouve pas dans l'expérience. Ces sciences sont au nombre de deux et de deux seulement : ce sont la logique et les mathématiques. b) Les sciences expérimentales : physique, chimie, biologie, astrophysique, etc. c) Les sciences humaines : histoire, sociologie, psychologie, économie politique, linguistique, etc. La scientificité de ces disciplines est, on le sait, souvent mise en cause. C'est tout particulièrement à propos des sciences expérimentales que se pose la question des rapports entre la théorie et l'expérience.  Observation et expérimentation  Le problème du fondement de l'induction Les sciences hypothético-déductives (comme la logique ou les mathématiques) vont du général au particulier, des hypothèses aux conséquences. Elles procèdent, comme leur nom l'indique, par déduction. Dans les sciences expérimentales, au contraire, le savant généralise à partir de l'observation d'un nombre nécessairement fini de phénomènes. On dit qu'il procède par induction (ex. : je vois un, puis deux, etc. corbeaux noirs, et de là j'induis que tous les corbeaux sont noirs).

theorie

« Penser contre une connaissance antérieure«En fait, on connaît contre une connaissance antérieure, en détruisant des connaissances mal faites, en surmontantdes connaissances mal faites» (La Formation de l'esprit scientifique, 1938).Toute connaissance est «dans son essence polémique» (Bachelard, La Dialectique de la durée, 1936).

Ainsi, de nosjours, ni la microphysique ni l'astrophysique ne donneraient droit de cité à des concepts qui, pourtant, semblent etont semblé «évidents» aux yeux du sens commun et des savants qui ont vécu avant nous. Penser contre l'expérience première«Le réel n'est jamais "ce qu'on pourrait croire", mais il est toujours ce qu'on aurait dû penser» (Bachelard, LaFormation de l'esprit scientifique, 1938).

«Dans la formation d'un esprit scientifique, écrit également Bachelard, lepremier obstacle, c'est l'expérience première» (ibid.).La théorie, loin de faire écho à l'expérience immédiate, s'institue généralement en rupture avec les données de lasensibilité.«Ce qui entrave l'essor de la pensée scientifique, c'est généralement son attachement aux intuitions usuelles»(ibid.), c'est l'«expérience commune prise dans notre ordre de grandeur» (ibid.).

Invariance de la masse,tridimensionnalité de l'espace, etc.

: autant de notions «évidentes» auxquelles la science a appris à tourner le dos.«Finalement, à suivre la science dans les efforts qui la constituent, on s'aperçoit qu'elle ne progresse que par unecritique très serrée, très méfiante des sensations immédiates», déclare Bachelard dans un autre de ses ouvrages (LePluralisme cohérent de la chimie moderne, 1932).Ainsi, le même auteur déclare-t-il à propos de la loi de la chute des corps, découverte par Galilée (1564-1642), puis«transposée» par Newton (1642-1727) aux objets que la mécanique céleste étudie : «Oui, tous les corps tombent,même ceux qui ne tombent pas.

Le vol est une chute niée.

La feuille morte qui descend en une capricieuse spiralevers le sol tombe verticalement.

Si les souffles de l'air d'automne troublent apparemment la verticalité de la chute,ils sont comptés pour accidents par la pensée rationnelle qui a découvert la loi profonde de la chute droite malgréles apparences de la chute oblique» (Bachelard, Le Rationalisme appliqué, 1949). Une théorie scientifique est toujours susceptible d'être remise en causeLa rançon de ce perpétuel va-et-vient entre l'expérience et la théorie, c'est qu'une théorie scientifique semblepouvoir être indéfiniment rectifiée, affinée, voire remise en cause.

«Quand nous faisons une théorie générale dansnos sciences, la seule chose dont nous soyons certains, c'est que toutes ces théories sont fausses absolumentparlant.

Elles ne sont que des vérités partielles et provisoires ; [...] elles ne représentent que l'état actuel de nosconnaissances, et par conséquent, elles devront se modifier avec l'accroissement de la science» (C.

Bernard,Introduction à l'étude de la médecine expérimentale, 1865) • Textes L'aristotélicien Liceti s'est donné pour but unique, selon Galilée, «de maintenir pour vrai tout ce qu'a dit Aristote etde soutenir que les expériences ne montrent rien qui, d'Aristote, ait été inconnu».

Aussi lui déclare-t-il ceci : «Je mebornerai à conclure [...] que si la philosophie naturelle [c'est-à-dire la physique] était celle qui est contenue dansles traités d'Aristote, vous seriez, à mon sens, le plus grand philosophe du monde car vous avez, me semble-t-il, enmains et à l'esprit les moindres passages de ses oeuvres.

Pour moi, à vrai dire, j'estime que le livre de la philosophieest celui qui est perpétuellement ouvert devant nos yeux ; mais comme il est écrit en caractères différents de ceuxde notre alphabet, il ne peut être lu de tout le monde ; les caractères de ce livre ne sont autres que triangles,carrés, cercles, sphères, cônes et autres figures mathématiques, parfaitement appropriés à telle lecture».

GALILÉE,Galileo Galilei, dit (1564-1642).

Lettre à Fortunio Liceti, janvier 1641. «L'esprit scientifique nous interdit d'avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur desquestions que nous ne savons pas formuler clairement.

Avant tout, il faut savoir poser des problèmes.

Et quoi qu'ondise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d'eux-mêmes.

C'est précisément ce sens du problèmequi donne la marque du véritable esprit scientifique.

Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponseà une question.

S'il n'y a pas eu de question, il ne peut y avoir connaissance scientifique.

Rien ne va de soi.

Rienn'est donné.

Tout est construit.» Gaston BACHELARD (1884-1962).

La Formation de l'esprit scientifique, chap.

I,1938. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles