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L'ignorance est-elle la seule cause de nos erreurs ?

Publié le 19/01/2004

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Car la liberté, dans le domaine théorique comme dans la pratique, ne se mesure pas à la quantité de connaissances engrangées sur une question ou une situation. [2. L'illusion trahit bien autre chose que de l'ignorance]Lorsque l'esprit est rempli de préjugés et d'illusions (ces dernières reposant, comme l'a montré Freud, sur la force du désir), cela n'est pas équivalent à de l'ignorance. Car l'ignorance est comme un vide que la connaissance ou l'instruction viendraient remplir. Or l'illusion refuse ce remplissement ou plutôt, se remplit volontairement d'autre chose, qu'elle présente comme la réalité. Si Christophe Colomb n'a jamais voulu croire qu'il était arrivé aux Indes, c'est parce qu'il souhaitait ardemment avoir découvert l'Amérique. reud : Une illusion n'est pas la même chose qu'une erreur, elle n'est pas non plus nécessairement une erreur. L'opinion d'Aristote selon laquelle la vermine se développerait à partir des déchets - opinion à laquelle le peuple dans son ignorance reste aujourd'hui encore attaché - était une erreur, tout comme celle d'une génération antérieure de médecins qui voulait que le tabes dorsalis (affection neurologique due à la syphilis de la moelle épinière) soit la conséquence d'une débauche sexuelle. Il serait abusif d'appeler ces erreurs illusions. En revanche, ce fut une illusion de Christophe Colomb d'avoir cru découvrir une nouvelle voie maritime vers les Indes.

« Lorsque l'esprit est rempli de préjugés et d'illusions (ces dernières reposant, comme l'a montré Freud, sur la force dudésir), cela n'est pas équivalent à de l'ignorance.

Car l'ignorance est comme un vide que la connaissance oul'instruction viendraient remplir.

Or l'illusion refuse ce remplissement ou plutôt, se remplit volontairement d'autrechose, qu'elle présente comme la réalité.

Si Christophe Colomb n'a jamais voulu croire qu'il était arrivé aux Indes,c'est parce qu'il souhaitait ardemment avoir découvert l'Amérique. Freud : Une illusion n'est pas la même chose qu'une erreur, elle n'est pas non plus nécessairement une erreur.

L'opinion d'Aristote selon laquelle la verminese développerait à partir des déchets - opinion à laquelle le peuple dans sonignorance reste aujourd'hui encore attaché - était une erreur, tout commecelle d'une génération antérieure de médecins qui voulait que le tabes dorsalis(affection neurologique due à la syphilis de la moelle épinière) soit laconséquence d'une débauche sexuelle.

Il serait abusif d'appeler ces erreursillusions.

En revanche, ce fut une illusion de Christophe Colomb d'avoir crudécouvrir une nouvelle voie maritime vers les Indes.

La part que prend sonsouhait à cette erreur est très nette.

On peut qualifier d'illusion l'affirmationde certains nationalistes selon laquelle les Indo-Germains seraient la seulerace humaine capable de culture, ou bien la croyance selon laquelle l'enfantserait un être sans sexualité, croyance qui n'a finalement été détruite que parla psychanalyse.

Il reste caractéristique de l'illusion qu'elle dérive de souhaitshumains ; elle se rapproche à cet égard de l'idée délirante en psychiatrie,mais elle s'en distingue par ailleurs, indépendamment de la construction pluscompliquée de l'idée délirante.

Dans l'idée délirante, nous soulignons commeessentielle la contradiction avec la réalité effective ; l'illusion, elle, n'est pasnécessairement fausse, c'est-à-dire irréalisable ou en contradiction avec laréalité.

Une jeune fille de la bourgeoisie peut, par exemple, se créer l'illusionqu'un prince viendra la chercher.C'est possible, quelques cas de ce genre se sont produits.

Qu'un jour leMessie vienne et fonde un âge d'or, c'est bien moins vraisemblable ; selon sa position personnelle, celui qui jugerade cette croyance la classera comme illusion ou comme l'analogue d'une idée délirante.

Il n'est d'ailleurs pas facilede trouver des exemples d'illusions qui se soient révélées vraies.

Telle pourrait bien être néanmoins l'illusion desalchimistes de pouvoir transformer tous les métaux en or.

Le souhait d'avoir énormément d'or, d'avoir tout l'orpossible, est très émoussé par la compréhension que nous avons aujourd'hui des conditions de la richesse, etcependant la chimie ne tient plus la transmutation des métaux en or pour impossible.

Nous appelons donc unecroyance illusion lorsque, dans sa motivation, l'accomplissement de souhait vient au premier plan, et nous faisons làabstraction de son rapport à la réalité effective, tout comme l'illusion elle-même renonce à être accréditée. Avez-vous compris l'essentiel ? 1 Pourquoi nous trompons-nous ?2 L'illusion peut-elle être dans le vrai ?3 Y a-t-il des erreurs complètes ? Réponses: 1 - Parce que nous ignorons en réalité ce que nous prétendons savoir, mais aussi parce que nous comblons ce videpar nos souhaits ou nos désirs.

On dit alors que nous nous faisons des illusions.2 - Il peut arriver qu'une illusion ne soit pas loin de la vérité, comme le rêve alchimiste – la transmutation du plomben or – dont nous savons, depuis que nous connaissons la formule atomique des métaux, qu'il était raisonnable...sans le savoir ! L'illusion reste toujours dans les limites du possible, aussi éloigné soit-il.3 - Oui, mais c'est moins la connaissance que la réalité qui peut les dénoncer.

Ainsi le délire est un refus radical duréel.

Est une erreur ce qui est irréalisable ou en contradiction avec la réalité. L'ignorance levée, l'illusion persiste, et c'est ce mécanisme pervers qui cause l'erreur. [3.

C'est l'oubli de soi-même qui cause l'erreur] On peut avoir lu et appris par coeur tous les raisonnements de mathématique ou de métaphysique que l'on voudra :si on ne se les approprie pas par un cheminement personnel, il est impossible d'affirmer que l'on est dans le vrai.Penser à travers autrui et sous la tutelle d'autrui, ou s'illusionner volontairement, cela n'est pas penser, ni a fortioripenser vrai.

C'est faire de l'histoire ou réciter, c'est être sous tutelle et non autonome.

Plus que par son contenu, lavérité (et l'erreur) se caractérisent ainsi par la démarche qui les commande.

C'est ce qui les rend démocratiques ausens fort.Ne peut-on alors ériger une certaine forme d'ignorance en condition de la découverte du vrai ?. »

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