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La science bannit-elle toutes croyances ?

Publié le 11/10/2005

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  « Toute croyance en matière de fait et d'existence réelle procède uniquement d'un objet présent à la mémoire ou aux sens et d'une conjonction coutumière entre cet objet et un autre. En d'autres terme, comme l'esprit a trouvé, en de nombreux cas, que deux sortes d'objets - flamme et chaleur, neige et froid - ont toujours été en conjonction, si, de nouveau, une flamme ou de la neige se présente aux sens, l'esprit est porté par accoutumance à attendre la chaleur ou le froid, et à croire qu'une telle qualité existe réellement et se découvrira si on s'approche davantage.. » HUME, Enquête sur l'entendement humain, V.   Hume conteste l'idée selon laquelle l'expression « connexion nécessaire » soit le fruit de la raison. Elle prend sa source dans l'imagination et plus précisément dans l'habitude accompagnée de croyance. La croyance semble donc avoir un rôle dans la détermination de ce qu'est la nécessité, notion clé dans le domaine épistémologique.   2.2 Des raisons de croire rationnelles.   « Parce que notre connaissance est resserrée dans des bornes fort étroites, comme on l'a déjà montré, et que nous ne sommes pas assez heureux pour trouver certainement la vérité en chaque chose que nous avons occasion de considérer, la plupart des propositions qui font l'objet de nos pensées, de nos raisonnements, de nos discours, et même de nos actions, sont telles que nous ne pouvons pas avoir une connaissance indubitable de leur vérité. Cependant il y en a quelques unes qui approchent si fort de la certitude, que nous n'avons aucun doute sur leur sujet ; de sorte que nous leur donnons notre assentiment avec autant d'assurance, et que nous agissons avec autant de fermeté en vertu de cet assentiment, que si elles étaient démontrées d'une manière infaillible, et que nous en eussions une connaissance parfaite et certaine.

 La science vise l’établissement de connaissances vraies et universelles. La croyance, quant à elle, est parente de l’incertitude. Croire ce n’est pas savoir, c’est tout au plus avoir certaines motivations d’ordre affectif conduisant l’individu à être convaincu de telle ou telle chose, sans qu’il puisse être certain de sa validité. La relation d’exclusion entre la science et la croyance s’impose de prime abord. Pour autant si la science vise la vérité, son atteinte n’est pas immédiate, le chercheur tâtonne souvent plusieurs mois ou années avant de fonder sa théorie. En ce sens au sein du processus scientifique la croyance peut avoir un rôle quand la vérité de ce que l’on veut démontrer n’est pas encore établie. Elle coïncide alors avec une source de motivation et peut être identifiée à une raison subjective qui nous incite à poursuivre notre recherche dans telle ou telle voie. La réponse à apporter au sujet initial n’est donc pas si simple étant donné la complexité des deux notions en présence : la science et la croyance. Pour répondre à  la problématique nous procéderons en trois étapes. La première a pour but d’exposer l’hypothèse selon laquelle la relation entre la science et la croyance est une relation d’exclusion. La deuxième étape tend à relativiser cette hypothèse en mettant en évidence le rôle que peut jouer la croyance dans la science. Enfin nous aborderons la croyance sous deux angles particuliers, le premier tend à limiter le domaine de la science au profit de la croyance, le deuxième envisage leur différence d’un point de vue qualitatif.

« « Toute croyance en matière de fait et d'existence réelle procède uniquement d'un objet présent à la mémoire ou aux sens et d'une conjonctioncoutumière entre cet objet et un autre.

En d'autres terme, comme l'esprit atrouvé, en de nombreux cas, que deux sortes d'objets – flamme et chaleur,neige et froid – ont toujours été en conjonction, si, de nouveau, une flammeou de la neige se présente aux sens, l'esprit est porté par accoutumance à attendre la chaleur ou le froid, et à croire qu'une telle qualité existe réellement et se découvrira si on s'approche davantage. .

» HUME, Enquête sur l'entendement humain, V. Hume conteste l'idée selon laquelle l'expression « connexion nécessaire » soit le fruit de la raison.

Elle prend sa source dans l'imagination etplus précisément dans l'habitude accompagnée de croyance.

La croyancesemble donc avoir un rôle dans la détermination de ce qu'est la nécessité,notion clé dans le domaine épistémologique. Hume: Expérience et Causalité 1.

La notion d'expérience : impressions et idéesPour Hume, sont données à l'esprit d'abord des impressions, à savoir desperceptions vives, et en second lieu les idées qui en sont les copies affaiblies(Traité de la nature humaine).

Au point de départ de sa philosophie, nous rencontrons donc, non seulement des données élémentaires, mais encore des données qui ne se distinguent que parla manière dont nous en faisons l'expérience.

Il n'y a pas d'extériorité, celle des choses* dont nous instruisent lessens, ni d'intériorité, celle de l'esprit quand il réfléchit sur lui-même : il n'y a que l'expérience et ses critères, lavivacité ou la faiblesse du senti. 2.

La critique de la causalité : la raison comme habitudeToute la pensée relève alors des relations entre ces données et de la manière dont nous les éprouvons.

C'est direqu'il n'y a aucune relation, si ce n'est celles que l'esprit établit.

Ainsi, l'idée de causalité, qui signifie qu'il y a uneconnexion nécessaire entre deux choses, la cause et l'effet, n'est pas perçue dans les choses mêmes, mais vient dece que l'esprit prend l'habitude de les lier (Enquête sur l'entendement humain).

C'est une simple tendance de l'esprit,une association spontanée entre ses idées, qui nous fait croire à une causalité que nous n'observons jamais. 2.2 Des raisons de croire rationnelles.

« Parce que notre connaissance est resserrée dans des bornes fort étroites, comme on l'a déjà montré, et que nous ne sommes pas assez heureux pour trouver certainement la vérité en chaque chose que nous avonsoccasion de considérer, la plupart des propositions qui font l'objet de nos pensées, de nos raisonnements, de nosdiscours, et même de nos actions, sont telles que nous ne pouvons pas avoir une connaissance indubitable de leurvérité.

Cependant il y en a quelques unes qui approchent si fort de la certitude, que nous n'avons aucun doute surleur sujet ; de sorte que nous leur donnons notre assentiment avec autant d'assurance, et que nous agissons avecautant de fermeté en vertu de cet assentiment, que si elles étaient démontrées d'une manière infaillible, et quenous en eussions une connaissance parfaite et certaine.

» LOCKE, Essai sur l'entendement humain, IV 15.2. La croyance scientifique nous permet de combler un manque de connaissance.

Elle suppose des raisons de croire fondées rationnellement. Transition : La science et la croyance ne sont pas si éloignées l'une de l'autre comme le prouvent ces deux passages de Hume et de Locke.

Pour autant la croyance dont il s'agit ici ne doit pas être confondue avec lacroyance religieuse qui, elle, dépasse le domaine de la raison.

Troisième partie : La frontière entre la science et la croyance religieuse.

3.1 La limitation du domaine scientifique rend possible l'expression de la foi.

« Il me fallait donc mettre de côté le savoir afin d'obtenir de la place pour la croyance.

» KANT, Critique de la raison pure , préface de la deuxième édition. 3.2 La dimension irrationnelle de la croyance religieuse.

« Mais Abraham crut et ne douta point ; il crut l'absurde.

S'il avait douté, il aurait agi autrement.

» KIERKEGAARD, Crainte et tremblement . La croyance religieuse, à la différence de la croyance scientifique, n'a pas de rapport avec la vérité.

Il y a une part d'irrationnel dans la foi ce qui la distingue essentiellement de la croyance scientifique. CONCLUSION. »

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