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Toutes les inégalités sont-elles injustes ?

Publié le 02/03/2004

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Dans le dialogue qu'il a intitulé Gorgias, Platon nous présente même le sophiste Calliclès soutenant, face à Socrate, la thèse suivante : la véritable justice est celle qui respecte les inégalités naturelles ; il est donc juste que les plus forts dominent les plus faibles et deviennent les chefs dans une cité puisqu'ils sont, par nature, les plus forts. Rousseau s'oppose totalement à cette idée et inverse la perspective précédente : l'inégalité civile ne peut être, selon lui, légitimée par une prétendue inégalité naturelle puisque, dans l'état de nature, « l'uniformité de la vie animale et sauvage, où tous se nourrissent des mêmes aliments, vivent de la même façon et font exactement les mêmes choses », rend minimes les différences d'homme à homme. L'auteur déduit de cette constatation la loi selon laquelle l'inégalité naturelle augmente, dans l'espèce humaine, en proportion de l'inégalité d'institution, c'est-à-dire à mesure que les différences culturelles augmentent entre les hommes. ■ Ce que défend ce texte: Ce n'est donc pas la nature qui produit de l'inégalité, mais bien la culture. En civilisant les hommes, la société crée de l'inégalité et, souvent, des différences qui passent pour naturelles « sont uniquement l'ouvrage de l'habitude et des divers genres de vie que les hommes adoptent dans la société ». Par cette affirmation, Rousseau accorde à l'éducation toute son importance, en montrant qu'elle n'influence pas uniquement l'épanouissement des esprits, mais aussi des corps. Un corps robuste ou délicat l'est moins en raison de sa constitution naturelle, donnée une fois pour toutes, qu'en fonction de la manière, dure ou délicate, selon laquelle il a été élevé. L'argumentation de Rousseau s'appuie ici sur le caractère le plus manifeste de la culture, à savoir l'extrême variété de ses manifestations, des comportements et des manières de vivre que les différentes sociétés humaines nous donnent à voir. Les inégalités qui en découlent se renforcent toujours davantage, au cours de l'existence, comme l'illustre l'image du géant qui, à chaque pas, augmente l'écart qui le sépare du nain. Cette image sert à nous faire comprendre que l'inégalité culturelle, qui prend sa source dans les différences d'éducation, non seulement ne peut jamais être comblée, mais s'accroît même au fur et à mesure que les existences individuelles se déroulent.

« choses, disent donc des pauvretés. [L'égalité est le fondement du droit et de la justice.

Les hommes sont par convention égaux.

Dès lors qu'un individu n'est pas traité de la même manière qu'un autre, il y a injustice.] L'égalité est l'oeuvre de la raisonC'est en vue d'avantages communs que les hommes se sont réunis en société.

Nulle société humaine n'estconcevable sans lois.

Les progrès de la raison ont permis de définir l'égalité comme étant le seul fondementpossible du droit et de la justice.

Les hommes naissent libres et égaux.

Il appartient à la raison de maintenircette liberté et cette égalité au sein de la société civile. L'égalité devant la loi est le principe du droitL'efficacité de la loi réside dans le fait qu'elle est la même pour tous.

C'est seulement en ce sens qu'elle peutgarantir les droits de chacun.

La notion même de loi est vidée de son contenu dès l'instant où son applicationvarie selon l'âge, le sexe, la fortune ou bien encore la naissance.

La loi traite également tous ceux à qui elles'applique.

C'est le principe d'isonomie, selon lequel la loi est la même pour tous, quelles que soient par ailleursles différences entre les individus, puissants ou humbles, riches ou pauvres, hommes ou femmes.

« Le juste,donc, est ce qui est conforme à la loi et ce qui respecte l'égalité », écrit Aristote (Éthique à Nicomaque, V,2). L'égalité est l'essence même de la justiceIl n'est pas moralement et juridiquement concevable qu'un homme, en tant que personne humaine, soit traitédifféremment parce que ses aptitudes physiques, intellectuelles sont supérieures ou inférieures à celles d'unautre.

L'ordre et la justice dépendent d'une parfaite égalité établie, non par la nature, mais par convention.Pour Rousseau, le lien social doit être fondé sur un « contrat ».

Seules des conventions sont susceptibles delier les hommes et de faire naître la société.

[Toutes les inégalités ne sont pas injustes.

Les hommes ne disposent pas tous des mêmes aptitudes naturelles.

L'injustice naît d'une égalisation des mérites et des talents.

Il est injuste de ne pas reconnaître aux meilleurs leur supériorité.] Il y a des inégalités naturellesRousseau, qui pourtant défend l'égalité parmi les hommes comme principe politique absolu, ne nie pas qu'ilexiste des inégalités naturelles: la différence d'âge, la santé, la force du corps, les capacités intellectuelles...Ces inégalités ne sont injustes que dans la mesure où elles concernent l'homme.

L'ordre naturel, quant à lui,n'est ni juste ni injuste.

Dire qu'il est injuste que mon voisin soit plus grand que moi est une ineptie.. »

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