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Analyse : "la mort des amants" de Baudelaire

Publié le 16/11/2013

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Ce poème de Charles Baudelaire, extrait des "Fleurs du Mal", marque la dernière étape dans la recherche des "remèdes" contre le mal de vivre. Nous verrons comment le poète associe et concilie deux thèmes antinomiques : l'amour et la mort, en quoi le monde "intermédiaire" évoqué par Baudelaire est semblable au monde sensible, en quoi il en diffère et en quoi le dernier tercet ouvre une perspective nouvelle. Comme dans "L'invitation au voyage", le poète s'adresse à la femme aimée. On remarquera l'emploi du futur tout au long du sonnet : "Nous aurons", "nos deux c?urs seront", "qui réfléchiront", "nous échangerons, "un ange... viendra" : si le bonheur amoureux est envisagé au futur, c'est qu'il ne peut s'incarner au présent. Baudelaire ne croit pas en la possibilité de connaître le bonheur dans l'amour en cette vie ; le bonheur amoureux ne peut être envisagé que sous la forme d'une utopie, hors du temps et de l'espace. Ces objets ont une dimension symbolique : les flambeaux par exemple représentent la vie (on rencontre parfois à l'entrée des cimetières des flambeaux éteints et retournés) et les miroirs font partie de la symbolique platonicienne et chrétienne . La volupté n'en est pas non plus absente : "des lits pleins d'odeurs légères", "des divans profonds". Le thème de la mort apparaît ... : "Des divans profonds comme des tombeaux" : nous sommes en présence d'une comparaison ("comme") entre ("divans") et ("le tombeau") . "étranges fleurs" ("étranges" = étrangères, inconnues) qui fait référence au titre du recueil "Les Fleurs du Mal", "cieux plus beaux", "bleu mystique". L'amour n'en est pas absent non plus. Il se présente comme une entente parfaite. "Nos deux c?urs seront deux vastes flambeaux, Qui réfléchiront leurs doubles lumières Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux." Le poète ne dit pas que les amants "ne font qu'un", mais évoque une harmonie parfaite, une entente privilégiée. Au dernier quatrain apparaît le thème de l'Ange, médiateur entre le ciel et la Terre, entre Dieu et les hommes, l'Ange symbolise l'homme parfaitement réalisé. "Entrouvrant les portes" suggère l'idée d'un nouveau séjour qui serait définitivement soustrait à la temporalité, un séjour éternel : il s'agit des portes du paradis. Le poème se clôt sur une note euphorique, après les notation dysphoriques du dernier quatrain : "Comme un long sanglot tout chargé d'adieux." L'Ange "fidèle et joyeux" vient ranimer le miroirs ternis et les flammes mortes. Nous sommes ici en présence du thème de la "résurrection des morts". Dans la dialectique de la "double postulation" qui traverse "Les Fleurs du Mal" (le ciel et l'enfer), "La mort des amants" représente une postulation vers le ciel. ------------------------------------------------------------------------------ I - Une vision paradoxalement positive de la mort - la mort n'est pas vraiment présente tout au long du poème : seuls le titre et le dernier vers en parlent. La mort est positive, même plus belle que la vie ("divans profonds comme des tombeaux") - idée de remplissage ("plein d'odeurs") opposée à celle du néant, du vide. Les amants ne seront pas séparés ' emploi du pronom "nous" : c la fusion des amants, le duo d'amour. - dans la mort, le poète conserve des sens et ses sensations alors que le corps est absent - idée de retour à la vie : "fidèle et joyeux" (dernier tercet), "plus tard" ' perception de futur et de certitude "ranimer les flammes mortes" - quelques indices montrent la différence de l'univers de la mort "étranges", et sa supériorité "des cieux plus beaux" II - Tradition : le sonnet (forme) et l'amour platonicien (thème)   1er mot "nous" emploi des pronoms et des possessifs de la première personne.   Présence du double :"nos deux c?urs", "réfléchiront leurs doubles lumières", "miroirs jumeaux". - l'objectif est l'unique (v.10) - opposition quatrains (double)/tercet (unique) - idée de la fusion a...

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« ­Profonde unité du couple en montrant l’ être aim é comme un double de soi « qui reflechiront leurs doubles lumieres » , « nos deux esprits , ces miroirs   jumeaux »    complicit é amoureuse à ­Lexique de la dualit é « nos deux cœurs », « nos deux esprits »    b­Parallelisme entre l’amour et la mort   ­La futur mort se deroule dans une atmosphere qui confond volupt é et sentiments amoureux « envi » , « chaleurs dernieres » et agoni « cieux » , «   tombeaux »   ­Association « des tombeaux » aux « divans » lieu d’etreinte charnelle   Transition : Le decors amoureux se mele au decors funeste fesant ainsi de la mort imminante des amants , une esperance et non pas une fin tragique et   douloureuse que l’on apprehende   Ainsi la Mort en elle­m ême n’est plus la fin mais devient un instrument de renaissance eternelle   2­Un amour eternel et immortel   ­Cette esperence prend tout son sens et se concr étise au dernier tercet, lors de la resurection des amants   ­L’esprit est alors detach é du corps et l’amour est comme « ranim é »   ­L’emploi du futur simple de l’indicatif « auront », « seront » evoque la certitude de l’action et la perspective d’un avenir sans fin   ­L’auteur, par la renaissance des amants , perenise leur amour et le rend eternel   Conclusion :   « La mort des amants » est un des rares poemes optimistes du recueil. Il traite du theme de la mort de facon original en contraste avec celui de l’amour. Il   ne represente alors qu’une epreuve pour le couple dont la passion est destin ée a se poursuivre au dela de la vie. La mort n’est alors presente que pour   sublimer le sentiment amoureux.

  Baudelaire comme tout les autres poetes du 19eme siecle introduisent dans leurs recueils des themes novateurs mais traitent aussi de themes   traditionnelles classiques dont ils detournent le fond et la forme ----------------------------------------------------- Charles Baudelaire, po ète fran çais de la seconde partie du 19eme si ècle, consid éré comme pr écurseur du mouvement symboliste, est en r éalité nourri de   romantisme, tourn é vers le classicisme,  à la crois ée entre le Parnasse et le Symbolisme, chantre de la « modernit é », il occupe ainsi une place qui lui est   propre dans l'histoire litt éraire du XIXe si ècle.

  Au fil de ses voyages et de sa vie de dandy parisien, il  écrit en 1857 Les Fleurs du Mal, œuvre majeur et unique recueil en vers du po ète alors  âgé de 36   ans. Ce Recueil lui valu le scandale d’un proc ès ainsi que la censure de 6 po èmes retir és pour cause « d’immoralit é ». Malgr é une seconde  édition,   Baudelaire se sent incompris par le public et rejet é par la soci été. Il faudra attendre la mort du po ète, en 1867, pour que le livre rencontre le succ ès et soit   reconnu comme un v éritable chef d’œuvre. Les Fleurs du Mal, tendent  à exprimer la tension entre l’exp érience am ère et m élancolique du Spleen et   l’exaltation du r êve et de la beaut é incarn ée par l’Id éal.

  Dans ce m ême recueil, Baudelaire nous offre une vision personnelle, exotique, de la « Mort des amants » dont il imagine le tr épas sans douleur. Il semble   en effet que leur disparition commune soit un moyen exceptionnel de parvenir  à un bonheur infini.

  Nous nous demanderons,  à cet effet, par quels moyens l’auteur sublime­t­il l’amour par la mort ?   Apres avoir montr é que l'amour est id éalis é, nous verrons que ce po ème cherche  à dépeindre l’image d’une passion spirituelle avant de terminer en   remarquant que le sentiment amoureux outrepasse les limites de la mortalit é et attend par ce biais l'id éal recherch é par Baudelaire.

  I. Id éalisation de l’amour.

  a­ Le Mythe de l’ âme sœur.

  ­ Le couple pr ésent é est id éal, parfait : le pronom « nous » ou les possessifs de 1ere personne du pluriel structure le po ème.

  ­ L’ être aim é est repr ésent é comme un miroir, un double « r éfléchiront leurs doubles lumi ères »   ­ L’auteur va m ême jusqu’ à sugg éré d’une r éelle g émellit é du couple « Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux »   ­ Par ailleurs, le deuxi ème quatrain est fond é sur la r épétition martel ée du chiffre symbolique « deux » pr ésentant deux  êtres qui fonctionnent en paires et   qui ne sont d ésign és que par deux synecdoques  évocatrices, r évélatrices de leur accord total  à savoir « cœurs »/ « esprits ».

  ­ Cette synecdoque lie relation amoureuse et passion platonique, accord sentimentale et compl émentarit é des esprits. Baudelaire retrouve ici le c élèbre   mythe de l’ âme sœur.. »

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