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Le théâtre de Molière (Exposé – Art & Littérature – Collège/Lycée)

Publié le 16/05/2016

Extrait du document

Recherche documentaire, Pistes de travail & Axes de recherches pour exposé scolaire (TPE – EPI)

Libéré après quelques jours, Molière et sa troupe partent en province. Durant treize ans, ils vont sillonner la France : Bordeaux, Toulouse, Albi, Carcassonne, Nantes, Narbonne, Agen, la Provence, Lyon, Grenoble puis

 

de nouveau Lyon. C’est durant cette période que Molière se forme et reçoit la protection successive de plusieurs grands personnages du royaume.

 

Dès 1650, à l'invitation du comte d'Aubijoux, lieutenant du roi pour le haut Languedoc et gouverneur de Montpellier, Molière et ses comédiens séjournent régulièrement à Montpellier, Pézenas ou Béziers durant les réunions des états du Languedoc. Ainsi protégée et assurée d'une gratification annuelle, la troupe ne quitte la région que pour se rendre épisodiquement à Lyon.

 

En 1653, le prince de Conti, frère cadet du Grand Condé, quatrième personnage du royaume, s'installe dans le Languedoc, accorde à son tour sa protection à la troupe de Molière.

 

Mais la belle période languedocienne se termine brutalement en 1656.

 

En novembre, d'Aubijoux meurt de la syphilis et Conti - atteint du même mal - se tourne vers la religion et les dévots. Privés de protection, Molière et ses comédiens retournent à Lyon (mai 1657) où ils préparent leur retour définitif à Paris après un séjour (printemps 1658) à Rouen. L'ère des pérégrinations est close, une autre destinée commence.

« • Tout l'art de Molière est d'enchaîner -sur un rythme endiab lé, sans temps mort -le gros comique (soufflets et coups debtiton ), les jeux mécaniques de répétition et de symétrie, comme les « gags » éculés et prévisibles -les prévoir constitua nt pour le public une partie du plaisir .

• Ces effets puissants ne sont pourtant que comp lémentaires, ils n'excluent ni la nuance ni la profondeur dans le portrait que Molière brosse de ses personnages et qu'il offre aux spectateurs dans d'autres scènes.

Maniant tous les styles, il trousse aussi des vers galants.

• Obligé de fournir sans cesse de nouveaux spectacles à la cour puisqu' il est chargé de la divertir, Molière est contrai nt d e travaille r dans la précipitation .

Faute de temps pour rimer ses textes , il fait appe l aux frères Thomas etPiel'l'll Corneille.

li lui arrive même de «piocher » dans ses œuv res antérieures.

• Hostile à l'impress ion de ses pièces , Molière pense que, contrairement à la tragédie -écrite pour la représentation et pour la lecture -la comédie ne donne sa pleine mesure que lorsqu'elle est jouée, qu'elle s'appauvr it quand on la prive du « jeu du théâtre » .

S ' il se résout pourtant à faire éditer ses œuvres, c'est pour éviter les contrefaçons.

• Les dons d 'acteur de Molière et surtout de mime -il a été l'élève du prestigieux Sct1rt1mouche , le meilleur des comédiens italiens - .:....=""''-Ir P.-- sont -..:::::t !l,.R.:;.

g indéniables.

Tous ses contemporains en témoignent : « Depuis les pieds jusq u'à la tête, tout parlait en lui et d'un pas, d'un sourire, d'un clin d'œil et d'un remuement de tête, il faisait concevoir plus de choses qu'un grand parleur n'aurait pu dire en une heure » (Donn eau de Visé, Oraison funèbre de Molière).

• Quant à son jeu comique, Molière l'a testé en province , sur les champs de foire , devant des foules bruyantes et grossières.

Il sait qu'il fait mouche avec sa démarche un peu bouffonne , ses pieds « en parenthèse », ses grimaces et ses tons « très aigus», « son hoquet » dont il parsème les tirades ...

• Par choix , Moli ère se réserve donc souvent, non pas le premier rôle d 'une pièce .

mais le rôle comiq ue : il est Arnolphe dans l'École des femmes , Orgon dans Tartuffe ou encore Sgt1n11relle dans Dom Juan .

• Pour ce qui est de la diction, Molière innove en prônant un parlé « natur el », au point de créer « la plus parfaite illusion »su r les spectateurs.

Son erreur aura été d'élargir trop vite cette conception du jeu à la tragédie, encore très attachée à la pompe déclamatoire .

• Enfin, comme dans la commedia dell'arte , Molière a parfois recours à l'emploi de masque s afin de mieu x montrer au public le caractère d'un personnage -à l'exe mple de Mascarille , le faux marqu is, dans les Précieuses ridicules .

LE METTEUR EN SCÈNE • On peut légitimement dire que Molière est l 'inventeur de l a mise en scène , dans la mesure où il est le premier à subordonner le jeu de chaq u e comédien à l'effet d 'ensemble de la représentation.

• Lorsqu 'il monte une pièce , Molière commence toujours par expliquer les rôles qu'il distribue à ses comédien s.

Et d 'insister sur la néce ssité d'entrer dans le caractère de son personna ge : la psychologie, la façon d'être, l'allure ...

Il s'attache à« faire coïncider l'effet moral avec l'effet physique >>.

Rien n'est laissé au hasard : « Chaque acteur sait combien il doit faire de pas, et toutes ses œillades sont comptées >>.

• D'autre part , Molière écrit ses pièces e n tenant compte des emp lois et de la distribution des rôles qu'il imagine , suivant les qualité s et particularités de chaque comédien .

La perfection qui en résulte et le naturel frappent ses contempo rains.

C'es t ainsi que La Flèche (l'Avare) boîte comme Louis Béjart, que Zerbinette (les Fourberies de Scapin) rit souvent, ce que faisait merveilleusement Mademoiselle Beauval, que Marinette (le Dépit amoureux) a l'humeur franche et vive de Madeleine Béjart.

LE DIREmUR DE TROUPE • Tout au long de sa carrière, Molière a toujours été l e chef de la troupe , qu'il s'agisse de l'Illustre -Théâtre de ses débuts, de celle du duc d'Épernon, dont Charles Dufr esn e lui confie la direction , ou, bien entendu, de celle de Monsieur qui devient ensuite Troupe Royale .

• Molière et ses coméd iens n e sont pas des gueux faméliques .

Ils louent de grandes maisons , placent en rentes des sommes importantes, sont propriétaires de leurs très riches costumes .

• Solidaire , la troupe témoigne sa fidélité à Molière dans les périod es difficiles.

Toutefois l'amitié qui les unis n 'empêche pas les inévitables rivalités , fléau de tout es les compagnies , qui oppo sent Madeleine Béjart, Marquise du Parc et Catherine de Brie et obligent Molière à intervenir.

• Outre les Béjart (Louis , Madeleine, Joseph , puis Armande ), La Grange et Gros -René , compagnons des premiers jours , on compte parmi les piliers d e la troupe de Molière : Marquise du Parc et son époux René Berthelot , du Croisy , La Thorillière , Hubert , I:Espy , Mademoiselle Beauva l, Mademoiselle de Brie et son mari Edme Villequin .

L'ŒUVRE THtllllAlf DE MOU ÈRE DE LA FARCE À LA SATIRE • L'Étourdi (Lyon, 1655 ) et / e Dépit amoureux (Bézie rs, 1656 ) appart iennent à la tradition italienne, celle de la commedia sostenuta.

Les intrigues y sont ingénieuse s, romane sques et les invra isemblances y abondent, c'est la loi du genr e .

Mais Molière ajoute sa touche personnelle : entrain scénique , verve, formules drôles .

• Quant à la Jalousie du barbouillé ou J e Médecin volant - « petits divertissements >> donnés en fin de séance -, ils relèvent davantage de la commedia dell'arte.

• Avec les Précieuses ridicules (Paris, Petit -Bourbon ; 1 8 nov.

1659 ), Molière signe ~.PYS ~ &NI son premier chef-d 'œuvre .

Dans sa forme , _...,.. ,,.,.,.la pièce se prése nte !Q.I.h'tl~•( ·,, comme une ~-;:..:::~~~ 1 farce .

Elle est en un acte et en prose ; il y a un mauvais tour rituel joué à deux sottes ; les personnage s sont des types tels Gorgibus , le vieux bourgeoi s plein de bon sens, ou Mascarille, le faux marquis à la mode.

• Au-delà de la farce, Molière sign e une satire fine et amusante d 'une mode en vogue dans les« salons parisiens >>.Il en accentue le ridicul e jusqu'à la caricature .

PEINTURE DE MŒURS ET RÉFLEXIONS • Poursuivant dans la voie de la satire et d e la caricat ure, Molière laisse apparaître son humani s m e.

Pour la première fois, dans l'École des maris (Paris, Palais ­ Royal; 24 juin 1661 ), il prOne par la voix d'Ariste, une éducation douc e et libérale pour les jeunes filles.

• Reprenant ce thème dans l'Éco le des femmes (Paris, Palais -Royal ; 26 déc.

1662 ) , il dénonce la subordination de la femme à son époux :Agnès, opprimée par les absurdes préceptes imposés par Arnolphe , son tuteur , s'en libère par l'amour qu'elle éprouve pour Horace .

• L'École des femmes m arque un aboutissement.

Dans la forme , c'est " une grande comédie >> (cinq actes avec emprunts au théâtre italien , éléments romanesques).

Sur le fond , la pièce est comique, mais incite à réfléchir et émeut.

C'es t là tout le génie de Moliè re.

• Par le biais de Jo Critique de l'École des femmes ( 1 " juin 1663) et de l'Impromptu de Versailles ( 18 ou 19 octobre 1663), Moli ère se d éfend contre les attaques , expose ses idées morales et esthétiques, et dresse une éblouissante caricature de ses ennemis .

• Faisant de la comédie « une peinture des caractères , une peinture des mœurs >>, Molière croquera toute sa vie la « nature humaine » : /e Médecin malgr é lui (6 août 1666 ), Amphitryon (13 janv .

1668 ) ,/'Avare (9 sept.

1668 ), HII'IJil'JJ:JII Ies Fourberies de Sc11pin (24 mai 1671 ), les Femmes sava ntes (11 mars 1672) ...

-~!ll~!lt:;..A Toutes ses .

œuvres sont « vraies >> sans être réalistes : elles ont la vérité et la force de la caricature, avec en plus l'human ité.

L'ENCAGEMENT MORAL • Franchissant un nouveau pas, Molière se sert de sa plume e t des tréteau x pour dénoncer l'intransigeance des dévots et des tenants de la morale .

À cela, il oppose des principes de tolérance et d 'ouverture d'esprit.

• Dans Tartuffe -qui connaît trois LE TARTVFFE.

ov L1MPO ST EVR .

COMEDIE.

fA1t.

1.1.

f'.

DE MOLitR.J, formes successives (1664 , 1667 , 1669), mais dont seule la dernière U•" moutur e est parvenue jusqu'à nous -, Molière s'en prend à la fausse dévotion , met en garde contre l'hypocrisie religieuse .

Il bross e deux portraits : celui d 'un sot (Orgon ), qui se laisse empoisonner par des balivernes et berner par un bandit , et celui d'un hypocrite (Tartuffe), maitre dans son art et aventurier de haut vol.

• Avec Dom Juan ou l e Festin de pierre (Paris , Palais -Royal ; 15 février 1665), Molière va plus loin encore .

Il crée un protagoniste révolt é, un libertin qui défie toute forme d'autorité.

Dom Juan est un incrédule qui prophétise de belles impiétés ; quant au valet Sganarelle , outr é par les blasphèmes de son maître, il est tout aussi impie en croyant au loup-garou et au« moin e bourru ».

• Quant au Misa nthr ope (Palais -Royal, 4 juin 1666 ), certe s prétexte à un défilé des ridicules de l'époque (des marquis , une coquette, une dévote ...

), il est avant tout l'expression d 'un constat amer : (( On n e peut dire ses quatre vérités en face à une société sans se couper d'elle.» C'est ce qui arrive à Alceste , droit et loyal jusqu 'au scrupu le et qui se heurte à tout le monde.

L'ART DE LA COMÊOIE·BALLET ·Avec les Fâcheux (château de Vaux­ le -Vicomte; 17 août 1661), Molière inaugure aussi un genre nouveau : la comédie-ballet.

La pièce , qui n'exclut ni la satire des caractères et des mœurs, n i les rouages de la farce , est entrecoupée d'intermèdes bouffons, chantés et dansés, plus o u moin s liés à l'intrigue .

Ainsi au théâtre est joint l'agrément d e la musique et de la danse.

• Le roi, très sensible à la danse , aime t out particuli èrement ce genre de s pectacle e t demande à Molière -fournisseur de ses plaisirs - de poursuivre dans cette voie , dans laquelle il excelle .

• On ne compte pas moins de huit autres comédies-ballets dans l'œuvre de Moli ère.

Outre l'Amour m édecin (15 sept.

1665 ),/e Bourgeois gentilhomme (14 oct.

1670 ) ou le Malade imaginaire (10 févr.

1673), qui sont les plus célèbres, son répertoire compte également le Mariage forcé (29 janv .

1664 ),/a Princesse d 'Élide (6 mai 1664),/e Sicilien ou J'amour peintre (14 janv .

1667 ), George Dandin (18 juill.

1668 ) et Monsieur de Pourceougnac (6 sept.

1669) .

• On peut mesurer toute l'importance de ce genre avec Psyché (17 janv.

1671 ), tragédie-ballet en trois actes et en vers , donnée dans la salle des Tuilleries spécialement amé nagée et jouée durant toute la période du carnaval avant d'être reprise au Palais -Royal.

Cette œuvre comportait de nombreux décors, un jeu de machine s jamais vu, 70 maîtres à danser et un orchestre de 300 musicien s dirigés par Lully : un faste extraordinaire .

L'INFLUENCE DE MOLIÈRE SUR LE THtATRE ET LA DRAMATURCIE • Les choses graves, c'est en riant que Moliè re les dit e~ en faisant rire, en donnant libre cour s à « cette mâle gaieté si trist e et si profonde que lorsqu'on vient d'en rire, on devrait en pleurer>> (Alfred de Musset) .

• Avec lui, la grandeur comique atteint la dimension tragique .

Poussé par sa passion de la vérité, Molière arrache sur le visage du bourg eois, du marquis , du dévot , du pédant ou du parvenu le masque sous lequel celui-ci dissimule son imposture .

• Devenus des archétypes, les personnages des pièces de Molière s'élève nt à l'universel, à l'image de Dom Juan, héros complexe qui se prête à des interprétations dramatiques sans cesse renouvelée s.

LE RAYONNEMENT • De son viva nt, Molière obtient un grand succès en Angleterre et en Allema gne, par le biais de trad uctions ou d'adaptation s.

• Dès la fin du XVI ' siècle, on dema nde du Molière aux troupe s françaises qui parcourent les pays Scandinaves, les Flandres , la Hollande et la Pologne .

Vers le milieu du XVIII' siècle, c'est au tour de l 'Espagne , du Portugal et de l'Italie-où un autre acteur et metteur en scène prestigieux , Carlo Goldoni, sera surnommé l e « Molière italien >> -de le découvrir .

• Aujourd 'hui, l'œuvre de Molière est traduite dans toutes les langues de la planète , y compri s en espéranto, et il est, bien entend u, le plus joué de tous nos auteurs , précédant la rgement Mus set, Marivaux , Ionesco et Labich e.

• Quant à la bibliographie qui lui est consacrée, elle attein~ si l'on compte les livres et les articles , le chiffre étonnant et sans cesse croissant d e 5 000 titres environ.. »

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