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Présentation générale du conte voltairien

Publié le 27/03/2015

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La carrière de Voltaire conteur commence à vingt ans avec les contes en vers et en prose : Le Crocheteur borgne (1714), récit d'un rêve érotique; Le Cocuage et Le Cade­nas (1716), contes en vers qui badinent sur la vertu des femmes, Cosi-Sancta (1716), qui met en scène une héroïne trois fois adultère par vertu. Ces divertissements d'un moment sont écrits pour la duchesse du Maine que Voltaire fréquente au château de Sceaux.

 

La retraite studieuse de Voltaire auprès de Madame du Châtelet, consacrée à l'étude de Newton, de Platon, de Leibniz et de la Bible, inspire La Mule du Pape (1734), qui conteste l'authenticité des Écritures saintes et transforme le Christ en dévot naïf, Le Songe de Platon (1737, éd. 1756), qui inaugure le conte philosophique, et Le Voyage du baron de Gangan (1739), qui deviendra en 1752 Micromégas.

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« Le conte au xvne siècle Au xvne siècle, alors que s'étiole la tradition du fabliau satirique méprisé par une société respectueuse des hiérarchies et de la religion, La Fontaine renoue avec la tra­ dition des contes libertins* et met en vers des récits tirés de Boccace, del' Arioste, de Rabelais ou de Marguerite de Navarre ; mais ses Contes et Nouvelles, jugés trop licencieux, et qui superposent plusieurs niveaux de signification, sont interdits par une sentence de police de 1675.

À la fin du siècle, la mode du merveilleux resurgit avec les contes de fées.

Perrault notamment, après avoir publié en 1694 des Contes en vers (Peau d'Ane, Grisélidis, Les Souhaits ridicules), rédige en prose trois ans plus tard les Contes de La mère /'Oye (Barbe-Bleue, La Belle au bois dormant, Cen­ drillon.

Le Chat botté, Les Fées, Le Petit Poucet, Riquet à la houppe) qui consti­ tuent peut-être l' œuvre la plus célèbre de la littérature française.

Ces récits, qui reprennent un vieux fonds encore vivant dans les campagnes, permettent au lecteur de s'émanciper par la fantaisie: Perrault y subvertit subtilement la féerie par le burlesque*, le trait galant, la référence à l'actualité, ou l'ironie* critique.

u~~~~!:e qui_~~_Een~v~-~.Y_!~~i~c1! Le genre se continue au xvme siècle en se renouvelant d'un apport exotique avec la traduction par Antoine Galland, en 1704, des Mille et Une Nuits : les his­ toires orientales et pseudo-orientales, illustrées par la splendeur sensuelle de Schéhérazade et par une profusion de métamorphoses ou de sortilèges, connaissent alors un véritable engouement, que Montesquieu utilise, en 1721, dans les Lettres persanes.

Elles stimulent les écrivains qui vont utiliser le merveilleux du conte et sa fantasmagorie de l'absurde pour exprimer la satire ou la confidence.

Elles ins­ pirent aussi des contes licencieux, depuis Le Temple de Cnide (1725) de Montes­ quieu, jusqu'aux Bijoux indiscrets (1748) de Diderot, en passant par L'Écumoire ou Le Sopha (1740) de Crébillon.

Ill -LES ORIGINES DU CONTE VOLTAIRIEN !-~~~~ûts de Voltaire Voltaire, conduit par son goût très classique, se méfie de la fantaisie des contes et la condamne au nom de la vraisemblance.

Amateur d'histoires gauloises, il aime la verve joyeuse de Pétrone, de Boccace, de Rabelais ou de La Fontaine.

Il apprécie les facéties romanesques à la manière du Voyage à la Lune de Cyrano de Bergerac, où l'on trouve une source de Micromégas, et les tableaux plaisants de Fougeret de Montbron, dont le Cosmopolite (1753) sera imité dans Scarmen­ tado et dans Candide.

Durant son séjour à Londres, il découvre dans les Mille et Une Nuits un Orient fabuleux, ainsi qu'un art des surprises et des rebondissements qui constitue une des qualités de Zadig ou de Candide.

À Londres également, il lit le Roland furieux de l' Arioste, riche en héros chevaleresques parcourant le monde en quête d'héroïnes vagabondes -c'est la structure de Candide.

Il voit aussi paraître le Gul­ liver de Swift qui l'enchante aussitôt et dont il vante les mérites en 1727 dans une lettre à Thiériot : «C'est le Rabelais del' Angleterre ...

le livre serait amusant par lui-même, par les imaginations singulières dont il est plein, par la légèreté de son style ...

quand il ne serait pas d'ailleurs la satire du genre humain.

»Tout le Voltaire des Contes est déjà là: le disciple de Locke ne saurait admettre qu'une histoire n'ait pas une portée idéologique; une histoire, qu'elle soit romanesque, burlesque ou gri­ voise, permet toujours une leçon d'esprit critique.. »

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