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Suggérer, persuader, convaincre.

Publié le 15/09/2014

Extrait du document

A.  Mais si nous prenons les cas bien tranchés nous ver­rons que ces termes correspondent à des attitudes caractéris­tiques.

La suggestion n'apporte qu'une amorce de l'activité d'au­trui et lui laisse l'indépendance de pensée. C'est pourquoi la suggestion n'agit guère que sur ceux qui n'ont pas de pensée personnelle.

Celui qui persuade, au contraire, tente de se substituer à autrui, pense en quelque sorte et décide pour lui.

Celui qui cherche à convaincre fait bien appel à l'activité personnelle de l'autre, mais il prend pour ainsi dire les devants et demande à être suivi.

De là la difficulté relative des différentes manières d'in­fluencer la pensée d'autrui. Le plus difficile est de convaincre : qui se laisse convaincre, en effet, permet à la pensée d'autrui de s'installer chez lui ; il renonce, dans une certaine mesure, à l'inviolabilité de sa pensée. On y renonce 

« Il.

- COMPARAISON A.

Sans doute, il n'y a pas de cloison étanche entre ces divers modes de procéder : dans la plupart des suggestions intervient un peu de l'autorité qui fait la persuasion ; et celui qui est persuadé est au moins convaincu qu'il doit se laisser persuader; enfin l'on ne se convainc, pour l'ordinaire, que grâce à une attention aux motifs qui n'est pas commandée par la seule force intellectuelle.

B.

Mais si nous prenons les cas bien tranchés nous ver­ rons que ces termes correspondent à des attitudes caractéris· tiques.

La suggestion n'apporte qu'une amorce de l'activité d'au­ trui et lui laisse l'indépendance de pensée.

C'est pourquoi la suggestion n'agit guère que sur ceux qui n'ont pas de pensée personnelle.

Celui qui persuade, au contraire, tente de se substituer à autrui, pense en quelque sorte et décide pour lui.

Celui qui cherche à convaincre fait bien appel à factivité personnelle de l'autre, mais il prend pour ainsi dire les devants et demande à être suivi.

C.

De là la difficulté relative des différentes manières d'in­ fluencer la pensée d'autrui.

Le plus difficile est de convaincre : qui se laisse convaincre, en effet, permet à la pensée d'autrui de s'installer chez lui ; il renonce, dans une certaine mesure, à l'inviolabilité de sa pensée.

On y renonce apparemment davan­ tage à se laisser persuader, puisqu'on accepte l'opinion ou la décision d'un autre sans bien voir la valeur de ses raisons ; mais qui agit par persuasion se contente d'adopter une attitude pratique : en cédant à la pression d'une personne chère, il réserve son jugement définitif et conserve son indépendance de pensée.

Mais c'est évidemment dans la suggestion qu'est sauvegardée, du moins apparemment, l'indépendance de la pensée personnelle.

Conclusion.

- Aussi, dans la société moderne imbue du droit de chacun à juger en dernier ressort de toutes choses, se sont multipliés les procédés de suggestion : slogans indéfi­ niment répétés, choix habile parmi les nouvelles ...

L'homme moderne a plus que tout autre l'impression de ne pas être endoctriné et de se faire lui-même ses convictions.

Il semble bien qu'il se fasse illusion et qu'il se contente de répéter l'idée qu'on lui suggère.. »

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