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Psychopathologie enfant

Publié le 21/09/2017

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Clinique de l'enfant dans la famille Introduction « Un enfant tout seul ça n'existe pas. » D. Winnicott On ne peut faire l'étude des symptômes et des pathologies de l'enfant en l'appréhendant en dehors de son système familial. La condition humaine fait qu'à la naissance, le petit humain est dans l'incapacité de vivre et de survivre si des adultes ne le prennent pas en charge ; néoténie de l'être humain : dépendance totale de l'enfant à la naissance. L'humain vient au monde dans des conditions d'inachèvement qui n'existent dans aucune autre espèce. La conséquence de cette absence de finition est une grande dépendance en terme de besoins (biologiques et physiologiques) à l'égard des adultes (la famille). Sans la présence des adultes, le nouveau né meurt. Aucun autre petit animal n'est dépendant à ce point. Cependant, cette dépendance est fondamentale, car elle limite les effets de la détermination génétique et donne plus d'importance à l'environnement. L'enfant sauvage, qui s'élève seul, est un mythe qui n'existe pas. Un nourrisson abandonné dans la nature ne peut survivre. Un enfant abandonné dit sauvage a été pris en charge à un moment donné par des adultes, sans quoi il n'aurait pas survécu. Cette néoténie est aussi psychologique, c'est à dire que pour grandir, le nourrisson est dépendant des adultes qui l'entourent et qui vont l'investir, placer en lui des espérances, attendre de lui qu'il les prolongent et avoir le souci de l'humaniser. En psychologie clinique de l'enfant, on ne peut comprendre ce qu'est en train de vivre un enfant (les symptômes éventuels qu'il présente) si on n'appréhende pas le contexte familial (l'enfant n'est jamais à la demande de la consultation, ce sont les adultes engagés ...

« PSYCHOPATHOLOGIE DE L'ENFANT ET IMAGE DU CORPS – M.

DUCOUSSO-LACAZE II.

L'enfant et l'enfance comme valeurs : l'enfant de la modernité Dans notre société, l'enfant et l'enfance ont un statut moral et éthique tout à fait particulier qui infiltre nos théories. Il existe une idéalisation de l'enfance.

Pour Julia Kristeva , psychanalyste française, « l'enfant est l'ultime valeur d'une société sans valeur ».

Nous vivons dans des sociétés qui ont tendance à remetre en question les valeurs qui les fondent, des sociétés à tendance nihilistes, sans valeurs.

Une valeur suprême n'est par contre jamais remise en question : l'enfant et l'enfance .

Nous avons tendance à n'atribuer que des qualités à la période de l'enfance.

Cete manière de considérer l'enfance serait selon certains philosophes une « façon de réenchanter le monde ».

Selon le sociologue et économiste Max Weber , les sociétés occidentales sont les sociétés du désenchantement du monde.

Ce processus de désenchantement se serait mis en place au cours du 16ème et 17ème siècles, lorsque le monde s'est laïcisé, que les références au divin sont devenues non obligatoires et que la magie et l'ordre non humain ne participent plus à son fonctionnement.

La référence au merveilleux a été expulsée de nos sociétés, prétendument fondées sur des éléments purement rationnels et scientifiques.

Selon certains philosophes, ce merveilleux nous manque et idéaliser l'enfance et l'enfant correspond à une manière de recréer du merveilleux et du magique. Cete enfance idéalisée construite pour réenchanter le monde est celle imaginée par les adultes. Les pays européens ont fait de l'enfance leur cause.

Nos sociétés modernes, prétendument rationnelles et scientifiques, sensées être évoluées et débarrassées des mythes propres aux sociétés archaïques vénèrent le temps de l'enfance.

Nous sommes donc dans un contexte d'idéalisation de l'enfance et de l'enfant comme référence ultime, accompagné de prises de positions idéologiques et morales.

Il existe dans nos sociétés un mythe moderne de l'enfance .

Le mythe suppose la présence d'un récit, d'un discours idéalisé sur l' origine .

La référence à l'enfance aurait donc quelque chose à voir avec nos références sur l'origine.

Ce mythe moderne de l'enfance nous impose trois modèles explicatifs de pensées : un modèle logique , un modèle moral et un modèle esthétique .

Nos sociétés expliquent ce que sont les adultes en fonction de l'enfance qu'ils ont vécue. Cete manière de penser n'a pas toujours existé.

Elle est apparue aux alentours des 18-19èmes siècles.

Avant le 18ème siècle, il n'y avait aucun écrit sur l'enfance, pas de biographie ni d'autobiographie.

La théorie de l'évolution de Darwin a insisté sur la transformation des espèces, selon laquelle ce que nous sommes aujourd'hui dépend des résultats de l'évolution et explique le présent par le passé.

Dans le même temps, est née l'idée nouvelle que nous sommes dans des sociétés en changement et que ce changement s'accélère.

Une manière de penser moderne s'est instaurée.

C'est dans ce contexte que l'enfant va devenir un objet de science digne d'intérêt et que la psychologie de l'enfant va naître.

L'enfance est en effet le passé de l'âge adulte et permet d'expliquer son présent, de la même façon que l'histoire passée de la société permet d'en expliquer le présent. p.

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