LE SITE D'AIDE A LA DISSERTATION ET AU COMMENTAIRE DE TEXTE EN PHILOSOPHIE

EXEMPLES DE RECHERCHE


POUR LE SUJET: L'homme est-il rellement libre ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: homme libre

POUR LE SUJET: En quel sens la socit libre-t-elle l'homme de la nature ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: homme nature ou homme nature socit
»Crer un compte Devoir-de-philo
»
»125895 inscrits

Voir aussi: Conseils mthodologiques de l'explication de texte.

 

CONSEILS METHODOLOGIQUES : la dissertation philosophique.

  1) L'objectif atteindre :

Comprendre une dissertation philosophique, c'est dfinir par l mme un objectif prcis atteindre, afin d'viter ce qui arrive trop souvent: un mlange des genres. Les dissertations sont trop frquemment conues comme des exposs (rcitation passive de connaissances toutes faites) ou, dfaut inverse, comme des improvisations. Dans les deux cas, l'objectif fondamental de toute dissertation est perdu de vue; savoir, le dveloppement d'une rflexion en acte dans le mouvement d'analyse d'un problme. Toute dissertation a ce point de vue le ct actif dune dmarche rflexive. Elle est processus et non rsultat. En tant que ralisation rflexive, elle dsignerait plutt le mouvement de ralisation active que le produit ralis. Nous dirons que la rflexion en elle doit toujours tre vivante, avoir le caractre d'une dmarche. Ainsi, vous serez not non sur ce que vous pensez mais sur ce qui vous amne penser ce que vous pensez !

La dissertation philosophique est un exercice de rflexion la fois personnelle et informe. Personnelle parce qu'il s'agit de rflchir par soi-mme dans le but de rpondre la question pose. Informe parce qu'il s'agit partir de sa rflexion de retrouver des auteurs de philosophie, de nourrir ses propos de rfrence des auteurs, c'est--dire des lments de doctrines. => La rgle du ni... ni... <=

 Que vous demande-t-on AU JUSTE ? Non pas d'apporter des solutions dfinitives aux problmes ternels de la philosophie, ni mme des vues originales, mais plus modestement de manifester un peu d'esprit philosophique. Qu'est-ce dire? Simplement de montrer que vous tes capable d'une part de faire preuve d'esprit critique (ce qui ne veut pas dire adopter une attitude forcment ngative ou polmique, mais poser et analyser les lments d'une question et les notions qu'elle met en jeu, dcouvrir les problmes qui se cachent derrire de fausses vidences, ainsi que dmasquer les faux problmes), et d'autre part de mener une rflexion logique et cohrente (la logique et la cohrence de votre dissertation doivent devenir chez vous une vritable obsession).

=> Nature de l'exercice de dissertation <=

 


 

  2) Comment organiser son temps ?

Travail prparatoire (au brouillon): une heure.

Conception et rdaction de l'introduction: dbut de la seconde heure.

Mise au point et rdaction de la premire partie du dveloppement: fin de la deuxime heure.

Mise au point et esquisse rdige des transitions.

Rdaction successive des parties suivantes du dveloppement (3 et 4ime heure).

Conception et rdaction de la conclusion: 20 dernires minutes.

Relecture finale de l'ensemble: 5 minutes (impratif...).


  3) Le traitement du sujet & le travail prparatoire et ses tapes ( effectuer au brouillon) :

Une fois, le sujet choisi (=> Lire et choisir le sujet <=), commence le travail prparatoire, effectuer au brouillon, et qui constitue, nous l'avons vu, un prologue capital la rdaction proprement dite. Chaque phase de travail peut tre dfinie et illustre la fois par une ou plusieurs questions, qui canalisent la recherche et lui fournissent des points de repre. On rpondra ces questions:

Dfinir le plus prcisment les termes du sujet: => Comment analyser les termes d'un sujet ? / Comment se comporter devant un sujet ? <=

Se demander s'il n'y a pas plusieurs lectures possibles, de manire ne pas laisser des aspects ou des problmes sans rponse (cf. sujets avec :  Peut-on  ,  Doit-on  ,  Faut-il  ) -

Chercher les prsupposs et implications du sujet :

Par exemple, pour le sujet  Lhistoire se rpte-t-elle ? 

  Prsuppos : une certaine conception du temps : soit cyclique, soit linaire. 

  Implications : soit ngation, soit affirmation de la libert humaine. Optimisme ou pessimisme anthropologique.

Noter les ides, rfrences, exemples (premier matriau de rflexion). Sur une feuille en orientation  paysage , faire un tableau avec autant de colonnes que de parties dans votre devoir et notez les lments, rfrences dans la bonne colonne.

 Il arrive qu'un nonc puisse tre lgitimement interprt de plusieurs faons diffrentes (par exemple, tel sujet sur la libert pourra tre trait d'un point de vue mtaphysique ou politique).

Dans ce cas il conviendra de ne pas mler les problmatiques et d'indiquer clairement dans l'introduction - quel qu'en soit le type - dans quel sens on entend le traiter.


  4) Concevoir et rdiger une introduction (=> SAVOIR FAIRE UNE INTRODUCTION <=)

Le rle rempli par l'introduction n'est pas celui d'une pure et simple prsentation du sujet. L'introduction comporter 3 moments :

Une entre en matire qui peut se faire partir :

- d'un fait remarquable emprunt l'histoire ou l'actualit. Ce fait peut tre un vnement historique important aussi bien qu'un fait divers, anodin en apparence, mais en ralit reprsentatif et significatif;

- d'une pense d'un auteur, d'un artiste, etc., ou de la sagesse populaire , d'un mythe (cf. exemple ci-dessous : Lhomme est-il la proie des passions ?);

- d'une situation concrte ordinaire (cf. exemple ci-dessous : Quels sont les obstacles essentiels la connaissance de notre pass ?) ;

- d'un lieu commun, d'un strotype, d'une ide toute faite , etc., pour le mettre en question (montrer que certaines vidences ne sont que de fausses vidences). Surtout, viter absolument les formules gnrales et creuses du genre  De tous temps, les hommes...  A l'issue de cette entre en matire le sujet doit tre expos en toute lettre et en totalit. Si vous ne trouvez rien qui vaille, commencez directement par le sujet.

Prsenter la problmatique, le plus rapidement possible, mais le plus clairement possible. Dgager les enjeux du problme, c'est--dire ce qu'il met en jeu, ce qu'il en coterait s'il n'tait pas rsolu. La problmatique se doit de prsenter le plan du devoir, ce qui peut se faire sous la forme de questions qui chacune leur manire prsente le problme ou un de ses aspects, mais de telle sorte que les parties ainsi annonces soient effectivement des rponses aux questions poses et telles qu'elles le sont.

 Veillez ce que les directions de recherches annonces dans l'introduction soient effectivement suivies dans le dveloppement. Pour cela il vaut mieux rdiger l'introduction aprs avoir tabli le plan dfinitif du devoir.

Annonce du plan du devoir : Facultative pour certains correcteurs, on pourra utiliser des formules du style :  Dans un premier temps/moment, il sagira de montrer que Ensuite, nous verrons que Pour finir/ En troisime lieu,  

Exemple dintroduction partant d'une citation.


Sujet
: L'homme est-il la proie des passions ?

Rien de grand ne s'est accompli dans le monde sans passion nous dit Hegel. Selon lui, ce sont les passions qui feraient avancer l'histoire du monde en se servant de l'homme. Ce qui semble assur, du moins, c'est que les passions emplissent le monde : elles sont partout, dans la vie publique comme dans la vie prive. Mais que doit-on mettre sous le mot de passion ? Que veut-on signifier lorsqu'on demande si l'homme est la proie des passions ? Le problme n'est-il pas de savoir si l'homme nourrit lui-mme ses passions, si donc d'une certaine manire il en est responsable, ou s'il est la victime de passions qui lui seraient en quelque sorte trangres, qui le dpasseraient ?


Exemple dintroduction partant d'une situation ordinaire.


Sujet
: Quels sont les obstacles essentiels la connaissance de notre pass ?

Lors de certaines runions familiales, il n'est pas rare que les parents, grands-parents et autres membres d'une famille voquent le pass, le  bon vieux temps . Chacun y va de sa petite histoire, ponctue des  Te souviens-tu? ,  Tu te rappelles? . Mais tous ne se rappellent pas, et quand bien mme tous se souviennent, les souvenirs diffrent et les polmiques font vite leur apparition. Pourtant ce pass objet de litige est commun : chacun l'a vcu, chacun devrait le connatre. D'o vient que cela n'est pas? Existe-t-il des obstacles essentiels la connaissance de notre pass ?

 

  5) La problmatique : =>ORGANISER LE PLAN ET FAIRE LA PROBLEMATIQUE <=

La problmatique d'une dissertation philosophique est le jeu de questions, lies entre elles et tires du sujet lui-mme, auxquelles le dveloppement va progressivement rpondre. La problmatique est donc un programme de questionnement labor partir de la question pose par le sujet. Problmatiser une question, c'est dployer cette question en questionnement.

En fait, le travail philosophique commence par le doute; et douter, c'est se poser des questions, les bonnes questions. Problmatiser une question, c'est se poser des questions auxquelles il faut rpondre afin de pouvoir conclure. La problmatique est donc un doute organis. (cf. le doute cartsien - cours sur la conscience).

En tant que programme de traitement du sujet, la problmatique fixe les grandes lignes du dveloppement de la dissertation. Problmatiser un sujet, c'est prparer le plan de progression de la rflexion.

Le pb est implicite dans le sujet. Il faut lexposer, lexpliciter.

Par  exemple: La culture peut-elle tre porteuse de valeurs universelles? ⇒ Comment ce qui est seulement particuliers pourrait-il contenir de luniversel?

 

  6) laborer un plan (=> LA RDACTION DU DVELOPPEMENT <=)

L'organisation et la structuration de la dissertation ne peuvent prexister une analyse approfondie du sujet, dont elles ne sont que la synthse dynamique. Il ne s'agit pas de plaquer sur des ides disparates, mais de dgager un principe d'ordre susceptible d'intgrer les lignes directrices au sein d'une dmarche cohrente. Ce travail n'est pas dissociable de la mise en place de la problmatique. Il s'agit de lier deux exigences pour "programmer" efficacement le cheminement de la dissertation.

Les grands types de plans et la manire dont les traiter. En aucun cas, il ne s'agit de proposer ici des plans "passe-partout". Chaque dissertation requiert un plan uniquement conu pour elle, et adquat de ce fait la spcificit de l'nonc sur lequel elle se dveloppe.

Un plan se compose de parties : deux au minimum. Rarement plus de trois. Chaque partie se subdivise son tour et sa structure interne doit tre elle aussi logique.

A) Le plan progressif et le plan analytique  + un exemple

=> Le plan progressif : Il s'agit qu'une structuration visant une progression par approfondissement de l'analyse des notions.

Ce plan peut tre trs frquemment utilis car il a l'avantage, comme le plan dialectique, de correspondre une progression naturelle et non artificielle de la pense et de la dmarche intellectuelle. Il consiste fournir plusieurs dfinitions successives de la notion considre, non point selon un plan de pur hasard, mais en progressant dans l'analyse des notions, en soulignant leur enrichissement. Il permet d'aller de l'immdiat l'universel selon un ordre progressif. C'est un plan qui met en valeur la richesse des notions.

Type de questions o il faut un plan progressif :  Quest-ce que 

Exemple: "Qu'est-ce que la transcendance ?"

La transcendance comme dpassement au sens psychologique du terme : Etymologiquement, transcender signifie "aller au-del", dpasser. Tel est le caractre de la conscience humaine. Elle se dpasse perptuellement (pour-soi), l'inverse des choses ou "en-soi", qui sont toujours gales elles-mmes. L'homme, au contraire, peut se faire autre qu'il n'est; il est transcendance (cf. l'existentialisme sartrien). Cette dernire est le caractre psychologique de la conscience en tant qu'activit de dpassement.

Activit de transcendance au sens moral du terme : L'homme est aussi un crateur de valeurs. A ce niveau, la transcendance apparat comme cette activit par laquelle l'homme se dpasse, tente d'aller au-del de lui-mme et cre des valeurs morales.

La transcendance mtaphysique et religieuse : Enfin, le moi individuel peut tenter de monter vers le Transcendant divin, peut s'efforcer d'atteindre l'existence d'un Etre autre que lui-mme. La transcendance devient ici le mouvement de dpassement mtaphysique et religieux (cf. cours sur la religion venir). Ainsi, de degr en degr, l'activit de transcendance s'enrichit en progressant de l'aspect psychologique simple vers les notions les plus idales, celles qui appartiennent la sphre mtaphysique et religieuse.

=> Le plan analytique : Les sujets o le plan analytique simpose exigent plusieurs rponses qui se compltent sans se contredire. Par exemple :  A quoi reconnait-on une uvre dart ? ,  A quelles conditions une loi est-elle juste ? . Pour ces sujets, la qualit premire attendue est lexhaustivit des rponses. Un plan analytique aura 2, 3 ou 4 parties ranges par ordre dimportance : il sagit de partir des ides les plus videntes aux moins connues.

Type de questions o il faut un plan analytique :  Pourquoi  ? ,  Quel(le)(s)  ? ,  En quoi  ? ,  Quest-ce qui  ? .

Exemple :  Pourquoi travailler ? 

Pour ce type de sujet, plusieurs rponses sont demandes. On partira du plus  concret  au plus  abstrait .

N.B. :Le  pourquoi  interroge : la causalit et la finalit (cf. ci-dessous) :

I) L'homme travaille avant tout pour des raisons purement conomiques et matrielles

o Le Travail, avant tout synonyme de mtier

o Le travail, activit ncessaire pour survivre

TRANSITION : Une telle conception du travail n'est-elle pas restrictive ?

II) Le travail comme activit humaine, appartenant l'essence mme de l'homme

o Le travail comme activit non pas seulement utile mais bonne en elle-mme, pour elle-mme : point de vue moral

o La justification religieuse du travail

TRANSITION : Mais le travail peut-il n'tre qu'une succession d'activit dans lesquelles l'homme ne trouverait aucun intrt ?

III) L'homme travaille parce qu'il y trouve l'occasion de s'amliorer

o Le travail comme effort pousse l'homme se dpasser. Le travail rend libre.

o Le travail comme moyen de se construire et s'imposer face l'autre. La dialectique du matre et de lesclave chez Hegel

o Le travail libr (#travail alin) confre une dignit.

B) Le plan dialectique + un exemple

PRECISION : Le terme de dialectique est un terme galvaud. Pour saisir la signification du plan dialectique, il faut revenir au sens fondamental de cette notion. On appelle dialectique (en particulier chez Hegel) une dmarche qui procde par contradictions surmontes, c'est--dire en allant de la thse l'antithse, puis la synthse. La mthode dialectique est un mouvement dans lequel la contradiction appelle un dpassement. Cela signifie que les contradictions sont intgres et dpasses dans le mouvement total, que toute contradiction va tendre se rsoudre dans la synthse de la thse et de l'antithse. Pensez la graine qui deviendra arbre et enfin fruit Il y a une part de vrit dans la thse. Il y a une part de vrit dans l  antithse . La  synthse  rconcilie lune avec lautre. La  synthse  ralise leur union et leur dpassement. Lamour ne rconcilie-t-il pas lme et le corps ? Le fruit nest-il pas  volution  et  rsultat  de la graine et de larbre ?

Exemple de plan dialectique pour le sujet :  Lhomme est-il mauvais par nature ?  (corrig distribu en classe)

La grande majorit des sujets actuels exigent un plan dialectique. Ces sujets invitent poser un  pour  ou un  oui  et un  contre  ou un  non  ! Lidal est de raliser ensuite une synthse.

La synthse se dfinit comme une dmarche visant recomposer ou reconstituer un nouvel ensemble partir d'lments: par consquent, vous ne devrez jamais la considrer comme le retour la thse antrieurement mise. Il ne s'agirait pas ici d'une synthse au sens fort et spcifique du terme. Enfin, la conciliation pure et simple de la thse et de l'antithse est galement proscrire. Ne dites pas, dans votre prtendue synthse:  il y a du vrai dans les deux opinions . Cet amalgame faussement conciliant n'est pas une synthse (plan caf au lait !).

Vous voyez que le plan dialectique ne doit pas verser dans la rponse de Normand! :  Petre bien que oui, petre bien que non !  ou  a dpend des cas / des personnes / du temps quil fait  ! Rien nest plus antiphilosophique quune argumentation platement relativiste. On ne vous demande pas, dans le cadre dune dissertation philosophique, dtre faussement conciliant ou mollement tolrant.

La synthse doit procder d'une ralit spirituelle plus haute. Elle doit dpasser lopposition entre la thse et lantithse. Elle doit trouver une solution qui rconcilie les deux points de vue et qui les dpasse.

Si vous ne parvenez pas trouver la synthse, reportez-vous la section  Trucs et Astuces  ci-dessous !

Type de questions o il faut un plan dialectique :  Peut-on  ? ,  Faut-il ? ,  Doit-on ? ,  Existe-t-il ? ,  Y a-t-il ? .

Exemple 1 : La raison peut-elle avoir raison du mythe ?

Introduction : le passage du mythe la raison a-t-il vraiment valeur de rupture pistmologique ?

I. Faiblesse explicative du mythe

a. Le mythe n'obit pas au principe de non-contradiction

b. Il pervertit la causalit en fatalisme ou miracle

c. Il introduit une finalit dans la nature

Transition : le mythe rvle l'impuissance de l'homme

II. Le triomphe de la raison

a. La science libre les hommes du mythe

b. La raison contraint dmontrer ce qu'on affirme

c. La religion reconnat le caractre allgorique de ses rcits

Transition : Ne pas surestimer le pouvoir de la raison

III. Limites du pouvoir de la raison

a. Le mythe relve de la croyance

b. Il ne suffit pas d'avoir raison pour convaincre

c. Le mythe rpond une fonction fabulatrice

Conclusion : Si les mythes persistent c'est qu'ils relvent moins de l'erreur que de l'illusion.

.../

 QUESTIONS OUVERTES ET QUESTIONS FERMEES

Les questions ouvertes nindiquent de rponses. Libre vous de trancher le problme. Par exemple de questions ouvertes : Suis-je le jouet de mon inconscient ? Lhistoire a-t-elle un sens ? La politique est-elle laffaire de tous ? Lart est-il une imitation de la nature ?

Les questions fermes attendent au contraire une rponse prcise. Voici les types de sujet qui appellent une rponse attendue :

1)    Les questions avec restriction ( ne que  ?  Seulement  ?) :  Le langage nest-il quun moyen de communication ? ,  Ne travaille-t-on que pour largent ?    Lhomme nest-il quun animal ?  : Dans ce type de sujet, la rponse attendue est NEGATIVE (NON). Donc, vous argumentez le  OUI  dans la premire partie.

Par exemple pour le sujet :  Lhomme nest-il quun animal ? . Premire partie (thse / OUI) : Lhomme est issu de lvolution naturelle. Il est un animal volu. Instincts, pulsions, passions : voil la racine animale de lhomme ! Deuxime partie (antithse / NON) : Lhomme est culture ! Lacquis prime sur linn. Lhomme est raison. Il nest plus tout fait animal car il est rationnel (V/F) et raisonnable (B/M). Ncessit de lducation, etc Troisime partie (synthse) : Lhomme est un animal mtaphysique. Lhomme est le seul animal qui pense ce quil pense. Le roseau pensant de Pascal, Ide de Dieu, dAbsolu, de transcendance, dUniversel. Angoisse de la mort, etc

2)    Les questions avec alternative ( ou   ou bien) :  Lart est-il imitation ou cration ? ,   Lhomme est-il bon ou mchant ? . Aprs lanalyse des 2 rponses contraires (alternative 1 et alternative 2), il faut essayer de sortir de cette opposition, dans une troisime partie de synthse ou en conclusion

 

Par exemple pour le sujet :  Lhomme est-il bon ou mchant ? . Premire partie/alternative : Lhomme est n bon mais la socit la corrompu ! Mythe du  bon sauvage . Le sentiment de piti inn. Altruisme, amour, etc. Deuxime alternative/partie : Homo homini lupus ! Lhomme est un loup pour lhomme. Ltat de nature chez Hobbes. La lutte des classes (Marx), les guerres (Machiavel), etc SYNTHESE : Pas de nature humaine. La perfectibilit morale de lhomme. Libert de lhomme face au choix du B ou du M. Lhomme sera ce quil dcidera dtre. Pas de destin, de fatalit, lhomme est condamn la libre ! Hegel : lhistoire nest que lavnement de la libert.

 

3)    Les questions avec adverbe ( toujours ,  jamais ,  tout/s ,  ncessairement ,  obligatoirement ,  absolument , etc) : Tout ce qui est naturel est-il normal ? Tout ce qui est techniquement possible est-il lgitime ? Il faudra traiter le OUI dans la premire partie.

Par exemple, pour le sujet :  Tout ce qui est possible techniquement ? . Premire partie  oui  : on narrte pas le progrs ! Lhomme est un "homo faber", le progrs est bnfique, etc. Seconde partie  NON  : Le progrs peut tre malfiques, il nest quun moyen et non une fin en soi, la technique moderne est promthenne, elle pose des problmes moraux (euthanasie, clonage), etc. Troisime partie  SYNTHESE  : Ncessit dune rglementation thique. Principe de prcaution et de responsabilit. CCNE (Comit Consultatif National d'thique), Hans Jonas, etc

C) Le plan notionnel + un exemple (trs rarement en terminale)

Ce plan est consacr l'analyse d'une notion. Il consiste poser successivement le problme de la nature de la notion envisage, puis celui de l'existence, enfin celui de la valeur de cette notion.

Ce plan a l'avantage de diriger l'esprit vers l'ide complexe de valeur, de permettre d'en envisager les diffrentes facettes (morale, esthtique).

Exemple: "L'ide de libert".

Nature: Libert = ngativit = pouvoir qu' l'esprit de pulvriser ou de nantiser toutes les donnes (Hegel)

Existence: La libert existe-t-elle? Oui, c'est le mode d'tre qui caractrise toute la conscience humaine. Lexistence prcde lessence.

Valeur: Non seulement elle existe, mais elle a une valeur sur le plan moral. Sans libert, nulle possibilit d'un acte moral (Kant).

D) La comparaison entre notions + un exemple (trs rarement en terminale)

Enfin, vous pouvez avoir tablir les relations, les ressemblances et les diffrences existant entre deux ou plusieurs notions. Il y a ici un cueil majeur viter: celui de juxtaposer deux dissertations, l'une consacre au premier concept, l'autre au second. Par exemple, on ne pourra pas transformer Savoir et pouvoir en Qu'est-ce que savoir et pouvoir? , mais en : Quels sont les rapports entre le savoir et le pouvoir? , ou : Faut-il savoir pour pouvoir? ou encore : Tout savoir est-il un pouvoir? .

Nous suggrons de procder ainsi :

caractriser et conceptualisation de chaque notion.

souligner, ventuellement, leur diffrence, voire leur opposition.

montrer l'unit de ces deux notions.

Remarque: l'tablissement de la diffrence ou de l'unit dpend profondment des notions envisages. Elle peut donc tre tablie selon le cas en deuxime ou troisime partie.

Exemple: "Orgueil et vanit".

Essai de caractrisation: La vanit est sociale. Elle se caractrise par l'importance que nous attribuons au jugement d'autrui. Elle est besoin d'approbation, dsir de paratre entirement relatif au jugement de l'autre.

L'orgueil isole; il se caractrise par l'importance que nous attachons notre propre jugement.

Opposition: La vanit s'appuie sur l'opinion, l'orgueil sur la force personnelle. La premire a rapport au social, le second a rapport la libert individuelle elle-mme.

Unit: Plus voisins qu'il n'y parait au premier abord, orgueil et vanit sont qute de soi, de cet tre que la conscience tente d'atteindre sans jamais y parvenir.

E) Les sujets-citations.

Dans tous les cas de figure, la dissertation devra comprendre une partie analyse (ou partie explication): la formule propose est alors l'quivalent d'un court texte commenter. De mme qu'on ne peut mener une rflexion critique judicieuse sur un commentaire que si l'on a d'abord bien compris le sens du texte, de mme une rflexion personnelle (originale) sur une citation ne sera pertinente si l'adage en question a t pralablement lucid.

Il s'agit d'adopter un plan en deux parties :

explication ou interprtation de la formule partir de l'analyse littrale; et justification par application/illustration sur quelques cas qui la concrtisent.

rflexion personnelle sur les problmes soulevs par la formule qui pourra aboutir soit un renforcement soit un critique prcise et bien argumente, conduisant la relativiser.

Par exemple, Paul KLEE disait :  Lart ne reproduit pas le visible, il rend visible . Quen pensez-vous ? ,  Dostoevski disait :  Si Dieu est mort, tout est permis . Quen pensez-vous ? .

Explication : Dieu est le garant du B et du M. 10 commandements. Si les hommes apprenaient que Dieu est mort, ils seraient comme des enfants livrs eux-mmes. Dieu institue des interdits, dicte des lois. Les hommes se conforment aux lois divines par peur du Chtiment.

Relativisation : Lathe nest pas forcment pcheur ! Lhomme peut grce son cur ou sa raison dicter des principes moraux valant pour tous (DDH). Raison morale : Impratif catgorique (Kant). Morale laque. Autonomie. Respect de la dignit humaine.

  7) La conclusion (=> COMMENT CONCLURE ? <=)

Fonction de la conclusion :

Nous avons dfini la dissertation comme une rflexion en acte, comme un cheminement o l'argumentation s'approfondit de faon progressive.

Le but et la finalit relle de la conclusion sont de faire le point, de dresser le bilan de la rflexion. Pour cela, on dgage les propositions tablies au long du devoir, en les formulant de faon concise au sein d'une synthse frappante articule sur une reprise allusive du sujet. De plus, ouvrir le devoir sur d'autres champs de la rflexion ou d'autres types d'approche.

Le bilan de la rflexion comporte donc deux aspects complmentaires :

recensement synthtique des conclusions partielles tablies au cours de la dissertation.

clairage diffrentiel de ce bilan-synthse par la mobilisation de rfrences qui relativisent le devoir et l'ouvrent sur d'autres perspectives.

 

La conclusion tant responsable de la dernire impression que vous laisserez sur le correcteur, il convient d'en soigner tout particulirement le style. En ce sens, efforcez-vous de la clore sur une formule heureuse, bien frappe ou potique, ou encore sur une belle citation, mais la condition expresse que celle-ci s'accorde exactement avec le sujet, qu'elle s'insre naturellement et harmonieusement dans le mouvement de votre pense. Veillez cependant ne pas sombrer dans un lyrisme de bazar, dans les formules grandiloquentes, mais creuses. Pour conclure, ne vous en rfrez pas au Jugement Dernier, lApocalypse ou la Rvolution !

vitez tout prix de faire de votre conclusion un fourre-tout dans lequel vous jetteriez toutes les ides qui vous viennent au dernier moment et que vous ne pouvez plus placer dans votre dveloppement.

 

/

 

 Les sujets de type  Faut-il ? ,   Peut-on ? ,  Pourquoi ? , etc.

A)  Faut-il ? ,  Doit-on ? 

"Faut-il ?" est une question qui peut se poser deux niveaux et donner lieu un plan en deux parties :

la ncessit logique/physique/matrielle/naturelle/conomique/sociale, c'est--dire la contrainte des choses.

Exemple:  Faut-il travailler ? 

1ire partie :  OUI  : Ncessit naturelle (satisfaire les besoins fondamentaux de l'espce), la ncessit conomique et sociale (satisfaire les besoins sociaux mais aussi les dsirs de l'individu vivant en socit et ncessit de faire fonctionner et de reproduire la machine conomique, le systme des moyens de production); et mme ncessit biologique (la nature de l'homme est de travailler).

2ime partie :  NON  : Exploitation et alination du travail. Le travail est une torture (tripalium). Les grecs et les romains mprisaient le travail pour lui prfrer le  loisir 

l'obligation morale, le devoir.

3ime partie : Que le travail soit ou non une ncessit naturelle, matrielle, il correspond une obligation morale (envers autrui mais envers soi-mme: le travail n'aline pas l'homme mais le ralise dans le monde, le fait exister ses propres yeux comme aux yeux d'autrui). Obligation morale qui peut s'articuler la ncessit: devoir moral d'agir, mais aussi parce que c'est un besoin psychologique: ne pas subir passivement la vie mais la vivre.

B)  Peut-on ? 

"Peut-on ?" est galement une question qui peut se poser deux niveaux et donner lieu un plan en deux parties :

la possibilit factuelle/pratique/technique ou la capacit, la facult : Est-ce possible de ?

Exemple: "Peut-on tre esclave de soi-mme?"

1ire partie : On cherchera une situation o l'homme serait esclave de lui-mme: la passion. On se demandera alors si cette ventualit correspond une possibilit relle: si l'homme est libre, comment peut-il s'aliner lui-mme? On verra que esclavage-alination de la passion est dpendance l'gard de l'objet de la passion, donc d'autre chose que de soi.

2ime partie : Mais, on verra aussi que, si on cde la passion, alors qu'on est en principe libre de disposer de soi, c'est qu'on est en quelque sorte capable de s'aliner soi-mme. Mais s'agit-il d'un esclavage? Etre son propre esclave signifie qu'on reste, au moins virtuellement, son propre matre, qu'on a pouvoir sur ce soi-esclave de sa passion. La question pose est d'abord une question ou un problme de possibilit.

La possibilit morale, ou le droit : A-t-on le droit de ?,  Est-il permis de ?

3ime partie : Ce que je fais n'engage pas que moi mais engage aussi l'homme, "l'humanit tout entire" (Sartre - cf. l'existentialisme- ). Mon acte se propose comme exemple-modle d'acte. Etre esclave de soi-mme, c'est alors prsenter auto-alination (l'abandon de soi aux passions) comme modle de conduite. Du reste, le passionn ne se fait pas faute de se justifier aux yeux des autres: s'il se justifie, c'est qu'il se pense comme coupable, alors je n'ai pas le droit de prsenter de moi-mme l'image d'un tre-esclave-de-soi. A supposer que je puisse tre esclave de moi-mme, il reste que je n'ai pas le droit de l'tre. Ce qui fait rebondir le problme. Car, si je n'ai pas le droit de l'tre, c'est que j'ai ou que j'avais la possibilit de ne pas l'tre, qu'il ne dpend ou ne dpendait que de moi de ne pas cder.

C) Pourquoi ? 

Pour ce type de sujet, plusieurs rponses sont demandes.

Attention : le terme  pourquoi  peut se poser deux niveaux :

        En amont cad la ou les causes

        En aval cad la ou les finalits

D)  Quel ? ,  Quest-ce qui/que ? En quoi ? 

Pour les sujets de ce type, on adopte un plan analytique.

Astuce : Si lon vous demande, par exemple,  quest-ce quune thorie scientifique ? , posez-vous la question de savoir ce quest une thorie non-scientifique ?  : thorie religieuse, psychanalytique, etc

/

 

  8) CONSEILS GNRAUX

   Assurez-vous constamment de la cohrence de votre devoir. Il est absolument ncessaire que vos ides soient regroupes et enchanes entre elles de manire logique. On ne saurait trop insister sur ce point : ce n'est pas d'un manque d'ides que souffrent la plupart des devoirs, mais de leur traitement incohrent et dsordonn, ce qui nuit videmment leur exploitation.

   vitez les affirmations gratuites et les ptitions de principe, c'est--dire de poser pour vrai ce qu'il s'agit prcisment de dmontrer.

Efforcez-vous donc de justifier ce que vous avancez.

Lorsque vous sentez que vos assertions sont contestables, n'hsitez pas (sans toutefois en abuser) employer la forme interrogative ou des tournures prudentes comme il semble(rait) que il n'est pas impossible que , peut-tre , en un sens , d'une certaine manire , etc.

Ainsi plutt que : Aujourd'hui l'homme a perdu le sens de la nature et oubli les vraies valeurs. Il est prisonnier d'une civilisation technique qui va le mener sa perte.

Il vaut mieux crire :

Aujourd'hui l'homme n'a-t-il pas perdu le sens de la nature et oubli les vraies valeurs? N'est-il pas prisonnier d'une civilisation technique qui risque de le mener sa perte ?

   Gardez un ton mesur dans vos jugements, aussi bien dans vos approbations que dans vos critiques. Dispensez-vous des apprciations du genre : Freud, ce penseur gnial, ou Bergson n'a rien compris la thorie de la relativit . Faites preuve de modestie voire de prudence. Evitez les professions de foi religieuses et politiques. On vous demande de penser par vous-mme, pas de rciter un brviaire ou dcrire un manifeste.

   Prenez garde aux banalits, aux lieux communs et aux strotypes.

Les banalits ne sont pas toujours vitables. On peut alors marquer que l'on est conscient du manque d'originalit de son propos en soulignant prcisment sa banalit.

Ainsi plutt que :

Le travail la chane transforme les hommes en robots.

On pourra crire :

C'est un lieu commun que de dire que le travail la chane transforme les hommes en robots. Mais pour tre commune, cette ide n'est reste pas moins vraie.

   N'hsitez pas vous rfrer aux grands auteurs, qu'ils soient ou non philosophes : Baudelaire ou Proust peuvent trs bien ctoyer Spinoza ou Kant. Faites appel toute votre culture, mais naturellement bon escient et sans en faire talage.

Prenez garde de ne renvoyer qu' des auteurs ou des doctrines que vous connaissez bien : il est toujours prfrable de se taire plutt que de montrer son ignorance ou des connaissances confuses. Une bonne connaissance des doctrines et des oeuvres des grands philosophes sera pour vous un atout important. Si l'on peut faire un excellent devoir sans se rfrer aucun auteur, des rfrences judicieuses, tmoignant d'une certaine culture philosophique seront toujours apprcies par le correcteur et pourront sauver un devoir mdiocre.

PS : vitez de vous rfrez aux 2H : Hitler, Hiroshima !

   Empruntez des exemples au patrimoine de l'humanit, c'est--dire l'histoire, la littrature, l'art, aux mythes, etc., plutt qu' votre vie personnelle. Mieux vaut parler des amours de Tristan et Yseult ou de Romo et Juliette que des vtres !

Rappelons qu'un exemple ne sert pas prouver une thse, mais l'illustrer. En revanche, mme isol, il peut suffire rfuter un argument.

    Adoptez un style simple, clair et classique : tre profond n'est pas tre obscur. L'usage souvent ncessaire du vocabulaire technique de la philosophie ne doit pas conduire un jargon incomprhensible. En outre, ce vocabulaire doit tre parfaitement matris pour tre employ. Evitez les nologismes.

    Soignez votre orthographe et, chose trop frquemment nglige, la ponctuation, dont dpend souvent l'intelligence du texte. Veillez crire correctement les noms propres, en particulier ceux des auteurs au programme (Nietzsche, par exemple !).

 

  9) PRSENTATION DE LA COPIE

 

On ne saurait trop rpter que la prsentation de votre copie a une grande importance : une copie bien prsente suscite d'emble chez le correcteur un prjug favorable.

    Soignez votre criture qui doit tre trs lisible. Evitez les pattes de mouche ou les calligraphie byzantine ! Au baccalaurat, chaque correcteur a environ 100 copies et une dizaine de jours pour les corriger

    Evitez les ratures (vous pouvez employer pour cela des stylos dont l'encre peut s'effacer).

    Matrialisez le plan de votre dissertation, et donc votre raisonnement, de la manire suivante :

Sautez deux lignes entre l'introduction et le dveloppement ainsi qu'entre ce dernier et la conclusion. l'intrieur du dveloppement, laissez une ligne entre chaque partie.

Pour l'introduction, la conclusion et les parties du dveloppement, commencez au milieu de la ligne.

Subdivisez vos parties en paragraphes, sans toutefois en
abuser (entre 2 et 4 sous-parties) : chaque paragraphe doit marquer une tape nouvelle de votre rflexion. Pour ces paragraphes, laisser un espace d'environ deux centimtres entre la marge et le premier mot.

  10) TRUCS ET ASTUCES :

 

        DU BON USAGE DES CITATIONS : En philosophie, une courte citation vient renforcer votre argumentation et donner du relief vos connaissances. il vous faut choisir un auteur qui fasse autorit en la matire, comme Hegel sur l'histoire, ou Kant sur la morale. Mais la citation ne se suffit pas elle-mme. Elle doit tre analyse et explique : il faut la reformuler avec vos mots pour montrer que vous l'avez bien comprise. Ensuite, il faut montrer o est son rapport avec la notion traite par le sujet : est-ce un paradoxe qui contredit un prjug ? S'oppose-t-elle la thse d'un autre philosophe? quelle question rpond-elle? Quelles en sont les consquences ? Comment peut-elle tre relie avec d'autres notions ou d'autres questions?

Une citation n'est pas un argument d'autorit; elle est un apport dans une discussion. Elle peut faire l'objet de rserves, de critiques ou d'objections. La citation d'un philosophe vous donne l'occasion d'entrer en conversation avec un grand esprit du pass. L'originalit de votre analyse ne fait pas table rase du pass, et l'exercice de la pense suppose ce dialogue avec ceux qui ont pens avant vous. => Du bon usage de la citation et de l'exemple <=

 

        DU BON USAGE DES AUTEURS (ET DU COURS !) : Une dissertation nest pas une rcitation passive de doctrines. Servez-vous des auteurs mais nen soyez pas servile ! Un auteur est un renfort votre argumentation, pas un paravent qui vous dispenserait de toute analyse. => La philosophie du bachotage ! <=

 

        EN MANQUE DE SYNTHESE : Vous avez beau chercher, vous creuser la tte, rien faire, la synthse de votre plan dialectique reste introuvable. Comment faire ? En premire partie, vous dveloppez et argumenter la thse avec laquelle vous ntes pas daccord, vous commencez par l   antithse . En deuxime partie, vous dressez les objections et rfutations de cette thse adverse. En troisime partie, vous dfendez VOTRE thse, savoir la thse qui vous parat tre rationnellement et /ou raisonnablement la meilleure.

 

 

/

 

CORRECTION ET NOTATION (=> Pour viter les mauvaises surprises <=)

Les dernires preuves crites termines, c'est une vritable course contre la montre qui s'engage. L'objectif : corriger et noter vos copies suffisamment vite pour vous convoquer, ventuellement, l'oral de rattrapage... ou vous envoyer en vacances.

n Premire tape : les concepteurs du sujet remettent tous leurs collgues, en plus de l'nonc de l'preuve, des indications de correction et des propositions de barmes si c'est ncessaire. Arme de ces indications-l, une centaine de milliers de correcteurs va s'attaquer aux quatre millions de copies noter...

n Problme : mme avec des indications prcises, les notes peuvent varier considrablement d'un correcteur l'autre. chaque fois que l'on a fait des tests, en faisant subir une mme copie une double correction par deux professeurs diffrents, on s'est rendu compte qu'il y avait des variations importantes... Depuis 1995, l'ducation nationale a donc mis en place un systme qui tente d'attribuer les notes de la faon la plus galitaire possible, tout en ne touchant pas au sacro-saint principe du jury souverain. Immdiatement aprs les preuves, une runion d'entente par discipline est convoque au sein de chaque centre d'examen. Objectif : rappeler les principes de notation, et tenter d'harmoniser par avance les critres de tous les correcteurs.

n Seconde tape : la commission d'harmonisation, qui se tient suffisamment tt pour rviser ventuellement les notes. On y compare les rsultats, les copies problme, etc. L'harmonisation des notes se fait en fonction des statistiques de chaque correcteur (moyenne des copies corriges)

 

 

 

DEUX EXEMPLES DE DISSERTATION :    

LHOMME EST-IL MAUVAIS PAR NATURE ?

"L'homme est un loup pour l'homme". Cette lycanthropie, reprise par Hobbes, indique une relation conflictuelle entre les hommes et qui aboutit la guerre et la violence. Cette guerre est la consquence de  la  peur de mourir  ( timor mortis ) qui fait que chacun va prendre les devants pour asservir tous les autres. Les dsirs humains sont donc en conflit permanent, voil pourquoi Hobbes pense que l'homme est naturellement mchant. Pourtant, il faut se demander si la socit est un tat naturel ou s'il n'est pas dj une volution par rapport un tat originel dans lequel on ne trouverait ni violence ni conflit. Alors peut-tre est-ce la socit qui rend l'homme mchant ? Lhomme est-il mauvais par nature ou le devient-il ?

THESE : LHOMME EST BON PAR NATURE

ANTITHESE : LHOMME EST NATURELLEMENT MAUVAIS

SYNTHESE : LHOMME NA NI NATURE, NI ESSENCE INNEE

ARGUMENT : C'est la socit qui pervertit les mes et les contraint la violence. Lhomme possde naturellement le sens du juste et de linjuste.

ARGUMENT : L'tat de nature est un tat de guerre de chacun

contre tous. L'homme est un loup pour l'homme. Homo homini lupus.

ARGUMENT : Si je suis mauvais par nature, je dois me corriger. Si je suis bon par nature, je dois cultiver cette bont. Lhomme nest que ce quil choisit dtre.

1a) L'homme est bon par nature, c'est la socit qui le corrompt. Rousseau fait de la violence humaine une consquence de la vie en socit. Il pose en effet que les hommes, l'tat de nature, connaissent cette solidarit mutuelle que fonde le sentiment de la piti. Par piti , Rousseau entend la capacit de se mettre la place de celui qui souffre, capacit qui amenait tout homme aider son prochain. Or l'tat de socit est venu rompre une telle solidarit en crant, avec l'invention de la proprit prive, les injustices, les ingalits.

2a) Dans l'tat de nature, la seule loi est la force. Dans l'tat de nature, le droit de chacun est mesur par sa puissance relle. Chacun a trs exactement autant de droit qu'il a de force, et tout le monde ne pense qu' sa conservation et son intrt personnel. L'homme n'a aucun instinct social, il est associable et violent par nature. L'homme, dou de raison, n'est pas pour autant raisonnable et est plus enclin suivre ses passions mortifres.

3a) L'homme, par nature, dsire persvrer dans son tre. La nature humaine dont il est ici question est celle d'avant la loi, et les notions de pch, de bien et de mal sont dnues de sens (le latin dit: les passions des hommes ne sont pas des pchs). C'est d'un point de vue logique, ou descriptif, et non moral que les passions et leurs consquences sont examines. Point de mchante nature, donc, contre laquelle l'homme devrait lutter. Lhomme ne peut tre dit bon ou mauvais par nature Il est amoral, simplement m par son instinct de conservation.

1b) Le mal a sa source dans la vie sociale de l'homme. Si le dsir de puissance et de domination devient prdominant dans l'tat de nature, et si la violence qui s'ensuit transforme les hommes en ennemis, ce n'est en aucune manire du fait de la nature de l'homme. Ce qui le rend mchant, c'est l'inquitude et l'inscurit de l'tat de nature. A ceux qui opposent la bont naturelle de l'homme les guerres, Rousseau rtorque que la guerre n'a lieu qu'entre Etats, et donc toujours dans une forme de socit avance. La civilisation, bien loin d'amliorer les rapports humains, les aggrave. Aucun sentiment naturel ne vient temprer l'ambition. La piti y est touffe par l'amour propre. Le mal na pas sa source en lhomme, mais provient  de l'ingalit parmi les hommes . Lhomme de la nature est la nature de lhomme. Le  sauvage  nest pas un barbare. Il a mme le sens inn du juste et de linjuste.

2b) Le mal a sa source dans la vie pulsionnelle de l'homme. Contrairement Rousseau, il faut inverser les perspectives que ce dernier avait tablies. On ne doit pas dire que l'homme est naturellement bon et que c'est la civilisation qui l'a perverti, mais affirmer au contraire que l'homme est naturellement agressif et que la civilisation est un remde provisoire et prcaire. Remde qui tente, tant bien que mal, d'adoucir les moeurs et de policer les pulsions. Solution fragile, qui ne doit pas nous enlever notre lucidit, voire notre pessimisme, car le caractre originaire de cette hostilit implique que, quelle que soit sa forme d'organisation politique, la socit civilise reste constamment menace de ruine.

3b) Ni bon, ni mauvais, lhomme est perfectible. L'homme diffre essentiellement des autres tres naturels et en particulier de l'animal par sa perfectibilit. L'homme naturel est capable de progresser, de se perfectionner. C'est mme ce qui va lui permettre de dvelopper des techniques, et d'inventer la socit. C'est prcisment cette perfectibilit qui pourrait tre la cause de tous les malheurs et de tous les progrs de l'homme. Ce qu'il est naturellement en puissance ne peut s'actualiser que dans la vie en commun. Ce n'est que parce qu'il vit en socit que l'homme peut devenir moral, substituer dans sa conduite la justice l'instinct. Il est donc le produit de l'homme, aussi bien par son ducation que par le systme de lgislation. Et le problme sera alors de trouver une forme de socit dans laquelle l'homme puisse prserver sa libert naturelle et assurer sa scurit.

1c) L'homme panoui n'a que faire du mal. Wilhelm Reich, dans La Psychologie de masse du fascisme, soutient la thse suivante: le noyau naturel de l'homme est, par nature, entirement bon. Ce sont les constantes pressions sociales qui empchent l'individu de raliser ses dsirs, d'avoir une vie sexuelle et affective panouies. La rpression sociale des pulsions est ce qui rend l'homme mauvais. Lhomme mauvais nest quun homme mal-heureux. Lhomme mchant nest pas un mchant homme.

 

2c) L'homme, par nature, est tyrannique. L'homme ne cherche pas seulement la satisfaction de ses besoins matriels, mais surtout les joies de la vanit. Le plus grand plaisir de l'homme est l'opinion flatteuse qu'il peut avoir de sa propre puissance. L'homme est mchant par orgueil. La plus grande souffrance est d'tre mpris. Aussi, l'offens cherche-t-il se venger, mais, remarque Hobbes, il ne dsire pas d'ordinaire la mort de l'adversaire. Il veut sa captivit, voire sa torture, afin de pouvoir lire, dans son regard soumis, la reconnaissance de sa propre supriorit. Matre et esclave dira Hegel

3c) Lhomme na pas dessence mais une histoire. Dire de lhomme quil est bon ou mauvais par nature, cest lessentialiser, cad le priver de sa libert ontologique, en faire une chose. Dfinir le mal ou le bien comme un caractre inn de lhomme revient au final le dresponsabiliser. Contre lide de nature humaine, lexistentialisme sartrien affirme la pleine libert de chacun face ses actes. Lorsque je nais, je ne suis rien, pure contingence. Cest mon existence, savoir mes choix qui vont me donner une essence. Lhomme nest pas dtermin par une nature bonne ou mauvaise, il est le pur projet de sa libert.  Saint  ou  salaud , lhomme se choisit en choisissant.

TRANSITION :

TRANSITION :

CONCLUSION :

Ce  mythe du bon sauvage  nest-il pas le rve dutopistes idalistes ? Rousseau na-t-il pas une vision anglique de lhomme ? Machiavel conseillait au Prince de prendre les hommes tels quils sont (btes et mchants !) et non tels quon voudrait quils soient

Faut-il dsesprer de lhomme ? Faut-il sabandonner ce  pessimisme anthropologique  ? Parler de nature humaine mauvaise, nest-ce pas oublier que lhomme est libert, transcendant tout dterminisme essentialisant ?

La bont ou la mchancet ne sont pas des donnes naturelles mais des conqutes culturelles. Dfinir le mal ou le bien comme des fatalits innes, cest priver lhomme de tout mrite et de tout dmrite. Disons que lhomme nest ni bon ni mauvais par nature. Seuls ses actes dcideront du sens de son existence.

 

 

 

Est-il raisonnable de critiquer le progrs technique ?

ANALYSE DU SUJET

 

                   raisonnable  : la raison dsigne la facult de distinguer le vrai du faux dans le domaine thorique, et le bien du mal dans le registre pratique. Contrairement au rationnel, purement thorique, le raisonnable renvoie la dimension pratique de la raison. Pourra donc tre considr comme raisonnable ce qui est la fois possible et, surtout, juste ou bon.

                   critiquer  en son sens purement ngatif, la critique dsigne une condamnation ou une dsapprobation. Mais en un sens plus positif, elle renvoie un jugement d'apprciation permettant, le cas chant, de proposer une amlioration. Critiquer le progrs technique peut peut-tre, en ce cas, dsigner la condition d'un progrs authentique.

                   le progrs technique  : la technique dsigne un ensemble de procds transmissibles permettant de reproduire des fins utiles, donc un savoir-faire orient vers un but. Le progrs dsigne un acheminement vers le mieux. Le progrs technique se dfinit donc comme la complexification ou l'amlioration (les deux ne cheminant pas ncessairement de pair) de ces procds transmissibles et de ces  savoir-faire  pratique, en vue de faciliter la vie des hommes.

 

PROBLEMATIQUE (On utilisera un plan dialectique)

 

Il semble que rien ne soit la fois plus humain et plus utile que le progrs des techniques. Mais il faut bien distinguer l'accroissement et la complexification de fait des techniques, de leur lgitimit ou de leur bon usage, en droit. Il convient dinterroger raisonnablement, cad thiquement le progrs technique. Ce qui est paradoxal, c'est de  critiquer  une amlioration. Il faut donc rechercher les raisons de cette dsapprobation, en se demandant pourquoi le devoir ou l'thique pourraient bien venir borner la technique. Pourquoi tout ce qui est techniquement possible (comme le clonage) ne doit-il pas tre tent ? La technique dans son dveloppement exponentiel doit-elle tre limite dans ses champs dapplication ? Par exemple, n'est-il pas bnfique, pour la gntique elle-mme, d'tre borne par des lois de biothique ?

 

THESE : Il est raisonnable de critiquer le progrs technique

ANTITHESE : Il est draisonnable de critiquer le progrs technique en tant que tel

 

SYNTHESE : L'usage de la technique doit tre rglement par l'thique

ARGUMENT 

ARGUMENT

ARGUMENT 

1a Lgende noire de la technique. Les Grecs de l'Antiquit se mfiaient de la technique. Dans leur mythologie, n'avaient-ils pas enchan le dmon Promthe coupable d'avoir vol aux dieux le feu et la puissance technique afin de les donner aux hommes? Comme Promthe, la technique leur semblait tre le symbole d'une dmesure entirement oppose leur idal d'une harmonie de l'homme avec la nature. C'est avec le tournant de la modernit, lorsque Copernic puis Galile remirent en cause le dogme du gocentrisme, que la nature cessa d'apparatre aux hommes comme le modle d'un ordre parfait pour devenir un vritable objet de conqute. Descartes, dans son  Discours de la mthode , imagina l'infinit d'artifices que les hommes pourraient fabriquer et par lesquels ils jouiraient sans aucune peine de tous les fruits de la Terre , se rendant ainsi comme matres et possesseurs de la nature . Ds lors, plus rien ne pouvait arrter le dferlement de la puissance technique. Pourtant un sicle plus tard, au moment o les encyclopdistes louaient l'avance des Lumires, Rousseau continuait se montrer mfiant l'gard des nouvelles commodits issues de leur progrs. N'allaient-elles pas, se demandait-il dans son Discours sur l'origine de l'ingalit, contribuer amollir le corps et l'esprit de l'homme et le rendre de plus en plus dpendant ? Certes, l'homme avec ses machines deviendra de plus en plus puissant, mais il en sera dans le mme temps de plus en plus dpendant. Et est-on bien sr qu'elles le rendront plus heureux? On sera, poursuit-il, malheureux de les perdre sans tre heureux de les possderLa Nouvelle Hlose ).

2aMagie banche de la technique. La technique est rvlatrice d'une intelligence spcifiquement humaine (Aristote, Bergson). Son progrs souligne la complexification de cette intelligence. Le condamner reviendrait ravaler l'homme au rang de la bte. L'intelligence, envisage dans ce qui en parat tre la dmarche originelle, est la facult de fabriquer des objets artificiels, en particulier des outils faire des outils, et d'en varier indfiniment la fabrication (Bergson,  L'volution cratrice ). La critique du progrs technique peut finalement tre interprte comme une critique de l'intelligence humaine. Lhomme est un  homo faber , un homme fabricateur doutils, comme le rappelle Bergson. La technique porte la marque du gnie humain. Elle implique l'intelligence des lois de la nature et de la matire, et de grandes capacits inventives. En tant qu'expression de la puissance de l'esprit de l'homme, elle est bonne et suscite souvent l'admiration. Chez ceux qui la pratiquent, elle dveloppe de nombreuses qualits intellectuelles : observation, exactitude, prcision, rigueur, probit. Elle est la base de tout progrs matriel, de toute production russie. Des inventions comme la roue, l'imprimerie marquent des tapes capitales dans l'volution de la civilisation. Les trains rapides, l'avion, l'automobile, le tlphone, la tlvision, l'informatique ont transform nos vies. On ne dira jamais assez que la technique a soulag la peine des hommes et leur a donn de la libert. La valeur positive de la technique et des techniques est donc incontestable. Ceux qui maugrent contre elles parce qu'ils ont quelque peine s'y adapter doivent se dire que l'usage des machines qui nous sont offertes ncessite quelques efforts personnels : observation, attention, ordre, soin.

 

3a) Technique et fins morales. L'intrt pour les moyens ou le progrs en lui-mme, supplante l'examen des fins, de la finalit et de l'usage possible de la technique (Kant et Ellul).

Il ne s'agit pas de savoir si le but qu'on se propose est raisonnable et bon, mais de dterminer ce qu'il faut faire pour l'atteindre c'est l' impratif de l'habilet (impratif hypothtique), critiqu par Kant dans les  Fondements de la mtaphysique des murs . C'est le culte de la technique pour la technique, sans souci pour ses implications thiques.

L'actualit nous fournit presque quotidiennement des exemples de dgts considrables et peut-tre irrversibles subis par la nature du fait du dveloppement non matris de nos techniques: pollution des ocans, grandes mtropoles devenues irrespirables, diminution de la couche d'ozone, risque de modifications climatiques... Michel Serres, dans  Le Contrat naturel , parle d'une nouvelle forme de violence moderne qui n'oppose plus seulement les individus entre eux, mais l'ensemble des hommes contre la nature. Le rapport des forces entre les hommes et la nature semble s'tre modifi: jadis, face la nature en dpit de toutes ses forces, l'homme restait toujours infiniment petit. C'est aujourd'hui la nature qui rvle les signes de sa vulnrabilit. Peut-on vouloir pour les hommes venir une existence invivable sur une plante dvaste ? Ne serait-il pas temps d'entendre l'avertissement d'Antoine de Saint-Exupry: Nous n'hritons pas la Terre de nos parents, nous l'empruntons nos enfants ? Le projet d'une destruction programme de la plante ne parat pas plus raisonnable que celui d'une mise en cause radicale du progrs technique. Entre ces deux projets draisonnables, est-il possible de trouver une voie mdiane ?

La technique est a priori un ensemble de moyens ; mais il semble qu'elle puisse devenir sa propre fin, comme parat en tmoigner la socit de consommation. Y a-t-il alors un bon et un mauvais usage de la technique ? Si la technique n'est ni totalement indpendante ni la cause directe de l'asservissement humain, comment peut-on la penser, c'est--dire en faire la critique ?

1b  La technique dtruit la plante. L'homme consomme des ressources naturelles non renouvelables notamment pour alimenter son industrie qui demande d'immenses ressources, mais il gnre galement de la pollution, qui a des impacts dans certaines rgions mais qui a aussi une influence non ngligeable sur le climat gnral. En effet, notre socit connat aujourd'hui des problmes de rchauffements climatiques dus une concentration de gaz effet de serre dans la couche d'ozone; cela cause de la pollution. La majorit de la population mondiale vivant aujourd'hui dans des pays en voie de dveloppement, leur accession aux modes de consommation des pays riches ne peut qu'entraner une dgradation massive de l'environnement, cette dgradation sera tellement importante et irrversible que mme s'ils dcidaient de protger leur environnement, ils ne pourraient plus revenir en arrire. Ainsi, le progrs technique et la recherche de l'abondance entrane la dtrioration du milieu naturel au risque de notre perte.

2b) Le retour aux  origines  na pas de sens. Le retour aux techniques ancestrales peut avoir un intrt historique ou exotique (se dpayser), mais en aucun cas conomique. Le progrs technique fait gagner l'homme du temps, des efforts et de l'argent, et le libre pour le loisir, notamment pour la pense.

Ainsi, les gains de productivit pour les entreprises favorisent la croissance, et, en ce qui concerne les mnages, ces gains se font au bnfice de bien tre ou de temps libres que l'on peut destiner des loisirs ou encore la pense telle qu'un retour sur soi-mme, une remise en question Ds lors, le progrs technique, librant du temps, permet de s'ouvrir la rflexion, ce qui est difficile lorsque l'essentiel de nos journes est destin au travail professionnel et aux tches mnagres.

Maintenant que le progrs technique est ancr dans notre re, on pourrait certes y renoncer pour retrouver les techniques ancestrale, cela aurait certainement un intrt historique tels que l'exotisme d'un dpaysement mais en revanche, l'conomie n'y trouverait que des inconvnients; celle-ci connatrait une srieuse dpression, et ce serait un rel retour en arrire pour la mdecine.

Avec le XXe sicle, nous sommes entrs dans l're de Promthe dchan pour reprendre la formule de Hans Jonas. Mais l'ouverture du procs de la technique est-il encore aujourd'hui concevable? Peut-on raisonnablement vouloir qu'on enchane nouveau Promthe ? Est-il encore possible de renoncer au projet cartsien de matrise et de possession de la nature ? La mise en cause de la technique impliquerait que l'on arrte son dveloppement, que l'on bride son progrs ou mme que l'on revienne carrment en arrire. Mais peut-on raisonnablement vouloir la rgression ? Le progrs n'est-il pas, comme l'a montr Kant, une Ide dont la raison humaine ne peut se passer ? Un esprit raisonnable ne peut pas vritablement souhaiter que l'on revienne un stade infrieur de dveloppement technique. Et d'ailleurs, quelle autorit serait habilite prendre semblable dcision ? Mme si l'ide d'un retour en arrire tait thoriquement concevable, comment serait-elle pratiquement possible ?

3b) Dun bon usage des techniques. L'histoire des techniques regorge d'exemples d'utilisations perverses d'inventions signalant en elles-mmes un progrs (la bombe atomique, le clonage...).

Le dveloppement acclr et envahissant de la technique dans le monde moderne oblige repenser les rapports que l'Homme entretient avec elle: primitivement instrument de l'Homme, la technique semble en effet en passe de faire de l'Homme son instrument (Heidegger,  La question de la technique ). D'aprs Heidegger, l'Homme ne matriserait plus le progrs technique, il en serait comme dpendant; ne pouvant plus se passer de la technique acquise, ni d'en crer encore pour subvenir ses besoins. L'Homme serait alors incapable de lutter contre le progrs technique. Ainsi, jusqu'o pourrait aller l'Homme ? Serait-il capable de dtruire les possibilits de la vie ? La puissance technique de l'Homme lui permettrait elle de dtruire son prochain, c'est dire, les gnrations futures ? Nous pouvons dire oui l'emploi indispensable des objets techniques et nous pouvons en mme temps lui dire non , en ce sens ou nous les empchions de nous accaparer et ainsi de nous fausser, brouiller, et finalement de vider notre tre (Heidegger,  La Question de la technique ).  Ainsi, il parat rationnel d'utiliser le progrs technique ds lors qu'il apporte bien tre et satisfaction, mais il faut cependant s'en mfier et en faire bon usage afin de ne pas s'y soumettre au dtriment de ses effets destructeurs. La rflexion porte alors sur la lgitimit de son utilisation.

1c)  La technique dtruit lhomme lui-mme. Si l'on persvre dans une logique de puissance technique, le progrs ne sera pas partag et les ingalits se creuseront toujours d'avantages entre les puissances et les pays les moins dvelopps. Cela car la recherche destine au progrs technique cote cher et que seul les pays riches peuvent se le permettre, mais aussi, en profiter pour exploiter les pays les moins dvelopps en dlocalisant pour obtenir une main d'uvre moins cher par exemple. Enfin, les guerres, cause du progrs technique provoquent des massacres inimaginables. Cela avec l'invention de l'arme nuclaire qui permet de dtruire une superficie et une population immense en quelques instants. Dans le pass, la science tait associe au bien tre, de nos jours, elle peut aussi tre destine la destruction. Ainsi le progrs technique est lui-mme associ la guerre, l'limination, l'ide de mort; il peut alors tre un danger pour l'Homme. Cette mme ide de danger pour l'Homme travers le progrs technique se retrouve dans la mdecine. En effet, depuis peu, certaines manipulations gntiques telles que le clonage sont apparues. Si ces clonages se dvelopps dans l'optique de reproduire un idal, une partie de l'tre humain disparatrait alors (eugnisme).

Dans la prface qu'il a crite pour le  Meilleur des Mondes , Aldous Huxley prvoit l'exaltation que l'homme de la fin du XXe sicle va prouver devant ses prouesses technologiques. Il prvoit aussi tout ce qui accompagnera inluctablement ces progrs : les bbs en flacon, la dgradation des moeurs, la consommation de drogue, le matrialisme, l'engourdissement spirituel, la perte de libert qui en rsulte. Ne prenons pas ces vues sinistres pour des prophties, mais lisons-les comme un avertissement.

2c) La technique accomplit la destine de lhomme. Les quelques rats du progrs technique, si rats il y a, sont ngligeables par rapport aux gains (cf. tout le domaine de la recherche scientifique, avec par exemple l'invention du scanner).

Un des progrs le plus fondamental, ax principalement sur ce dernier sicle, est la mdecine. En effet, l'apparition de nouveaux matriels de dtection de dysfonctionnements de l'organisme tels que la radiographie, l'chographie, le scanner, les analyses sanguines ou d'urine ont permis la dtection d'un grand nombre de maladies et ont pu ainsi tre traites grce l'apparition de nouveaux traitements tels que par exemple les rayons, la chimiothrapie, la trithrapie, ou plus couramment, les antibiotiques. Grce au progrs technique, les hommes deviennent  comme matres et possesseurs de la nature , Descartes n'inaugure pas seulement l're du mcanisme, mais aussi celle du machinisme, de la domination technicienne du monde. Comme , car Dieu seul est vritablement matre & possesseur. Cependant, l'homme est ici dcrit comme un sujet qui a tous les droits sur une nature qui lui appartient ( possesseur ), et qui peut en faire ce que bon lui semble dans son propre intrt ( matre ).

Pour qu'un tel projet soit possible, il faut avoir vid la nature de toute forme de vie qui pourrait limiter l'action de l'homme. C'est ce qu'a fait la mtaphysique cartsienne, en tablissant une diffrence radicale de nature entre corps & esprit. Ce qui relve du corps n'est qu'une matire inerte, rgie par les lois de la mcanique. De mme en assimilant les animaux des machines, Descartes vide la notion de vie de tout contenu. Prcisons enfin que l'poque de Descartes est celle o Harvey dcouvre la circulation sanguine, o le corps commence tre dsacralis, et les tabous touchant la dissection, tomber. La vritable libration des hommes ne viendrait pas selon Descartes de la politique, mais de la technique et de la mdecine. Nous deviendrons plus sages & plus habiles , nous vivrons mieux. La science n'a pas d'autre but.

 

3c) Technique et thique. Une critique des conditions de lgitimit du progrs technique est ncessaire pour rendre ce progrs pleinement humain (Jonas. Exemple de la biothique).

Dans  Le Principe Responsabilit , Hans Jonas propose ce sujet une analyse intressante des nouveaux rapports entre l'homme et la nature. Selon cet auteur, les progrs techniques accomplis par l'homme au cours de ces dernires dcennies ont considrablement largi le champ de la responsabilit humaine et nous obligent reformuler les termes de notre thique. Les morales du pass taient fondes sur la proximit et la rciprocit. Elles conseillaient l'homme de ne pas nuire son prochain ou de faire avec celui-ci comme on ferait envers soi-mme. Mais les pouvoirs accrus acquis par l'homme du fait de sa puissance technique lui donnent aujourd'hui la possibilit de faire du mal un tre qui est fort loign de lui et l'gard duquel ne peut se poser la question de la rciprocit: un homme qui n'existe pas encore, celui des gnrations venir. Ainsi, selon Hans Jonas, devrions-nous repenser notre thique de faon l'adapter aux conditions prsentes. Il propose ainsi un nouvel impratif catgorique qui prendrait en compte notre responsabilit l'gard des hommes venir. Un impratif adapt au nouveau type de l'agir humain et qui s'adresse au nouveau type de sujets de l'agir s'noncerait peu prs ainsi: Agis de faon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur Terre ; ou pour l'exprimer ngativement : Agis de faon que les effets de ton action ne soient pas destructeurs pour la possibilit future d'une telle vie. Sans doute est-ce dans ces termes que l'on pourrait raisonnablement limiter les effets de notre puissance technique.

               Le Promthe dfinitivement dchan [...] rclame une thique qui, par des entraves librement consenties, empche le pouvoir de l'homme de devenir une maldiction pour lui (Jonas). La technique ne progressera vraiment que lorsqu'elle sera limite par l'thique.

 

TRANSITION :

TRANSITION :

CONCLUSION :

Le progrs technique connat ici des limites, tant par ses consquences sur l'environnement que par son utilisation des fins dangereuses pour l'Homme et nocives lindividu. L'Homme, de nos jours, soumis et dpendant du progrs technique se risque sa fin s'il persvre dans sa cration destructrice .

Le progrs technique parat comme une volution rationnelle, le critiquer semble difficilement raisonnable. C'est d'abord l'opinion gnrale premire, mais c'est galement la pense de philosophes tels que Ren Descartes, Luc Ferry, Henri Bergson ou Aristote. Que ce soit sur le plan conomique, mdical, ou du simple bien tre quotidien, le progrs technique apparat comme une source positive toute en elle. Cependant, d'aprs Ferry  Aujourd'hui, la situation semble s'tre inverse, au point que le plus souvent, c'est la nature qui nous parat admirable et la science malfique . Le progrs technique connatrait-il donc des limites qui lui devraient une remise en question ?

Il semble draisonnable de dsapprouver le progrs technique en tant que tel. Car il n'est en lui-mme ni bon ni mauvais, et tmoigne dans tous les cas d'une crativit. C'est sur les conditions de son utilisation lgitime qu'il faut rflchir. En ce sens : L'observation de la civilisation technicienne, malgr tant de misres physiques et morales, d'checs et de dangers terrifiants, conduit dire rsolument : Oui ! la technique, mais la technique domine par l'homme (Friedmann). L'homme n'est jamais plus humain ou raisonnable que lorsqu'il dcide de limiter le pouvoir par le devoir, ses possibilits techniques par l'exigence thique.

 

 

 

 

150000 corrigs de dissertation en philosophie

 Maths
 Philosophie
 Littrature
 QCM de culture gnrale
 Histoire
 Gographie
 Droit