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Extrait du corrigé : C'est précisément contre ces deux présupposés que s'élève Platon dans la République : non seulement l'artiste ne détient pas le savoir de ce qu'il représente (il peut peindre la production d'un menuisier, sans rien connaître à l'art du menuisier) ; mais les produits de son activité ne délivrent aucune connaissance. En effet, l'oeuvre d'art est éloignée « de trois niveaux de ce qui est réellement » (La République, Livre X, 598b). Car Platon distingue entre trois niveaux de réalité : ce qui est réellement (la forme intelligible) ; le phénomène existant (celui que nous apercevons de manière sensible) ; et le simulacre (la copie artificielle du phénomène existant). Pour Platon, l'art n'a pas de valeur éducative, car il ne produit que des faux semblants. b. L'art possède une valeur éducative, car il nous permet d'accéder au général Dans La Poétique, Aristote écrit cette phrase célèbre « la poésie est une chose plus philosophique que l'histoire ». En effet, alors que l'histoire est le récit du particulier, d'une réalisation effective et passée des potentialités du monde, la poésie est du vrai en général. Faire de l'histoire consiste à connaître la réalité en acte, alors que faire de la poésie suppose une connaissance générale de la réalité au-delà de ses réalisations historiques. Par conséquent, l'art a une valeur éducative car il présuppose une connaissance chez l'artiste (celui-ci est capable de considérer la possibilité, la virtualité des réalisations potentielles du réel ; l'historien, lui, ne raconte jamais que le particulier) ; mais également parce qu'il délivre à l'amateur d'art une connaissance. Par exemple, en lisant « La marmite » de Plaute, le lecteur ne lira pas le portrait d'un avare singulier, mais de l'Avare dans sa généralité.
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Le terme « éduquer » vient du latin educare (ex-ducere) et signifie « prendre soin de », et désigne également l’action de « faire croître », « d'élever ». La difficulté pour définir ce terme provient de son important degré de généralité : l’éducation correspond à la formation d'un individu, à divers niveaux (on parle ainsi indifféremment d’éducation religieuse, morale, sociale, technique, scientifique…). En ce sens, il est malaisé de le distinguer d’un terme au signifié voisin : « enseigner », qui désigne un mode de transmission d’éducation précis : celui de la transmission de connaissances à l’aide de signes. Si l’enseignement est un mode d’éducation particulier, cela signifie que l’éducation est un enseignement, mais qu’elle est aussi plus que cela. L’éducation est par conséquent à la fois transmission de savoirs, mais elle est également formation du savoir être de l’individu, qui, par le moyen de l’éducation, acquiert la faculté de vivre en société, parmi les autres hommes. C’est ainsi qu’un homme « bien éduqué » est à la fois un homme qui a une instruction importante, mais aussi une capacité développée à vivre avec ses semblables. Enfin, nous pouvons dire que l’éducation est également formation du savoir faire de l’individu, c'est-à-dire de ses compétences et de ses habiletés pratiques Ainsi, se demander si l’art a une valeur éducative, c’est chercher à déterminer s’il est le moyen approprié pour parvenir à la formation des savoirs, du savoir-être et du savoir faire de l’individu.
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