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Sujet : En quel sens peut-on parler de la gratuité de l'art?

Définitions des termes :
  • sens : Du latin sensus, organe des sens, façon de sentir ou de penser . (a) Faculté d'éprouver des sensations d'un certain ordre (exemple : le sens du toucher). (b) Intelligence intuitive ou immédiate (exemple : le sens du commerce). (c) Intention de celui qui parle ou agit, signification des mots qu'on emploie. (d) Direction ou orientation d'un mouvement. (e) Bon sens : faculté de bien juger, de distinguer le vrai d'avec le faux (synonyme de raison chez Descartes). (f) Sens commun : ensemble d'opinions et de jugements reçus dans un milieu déterminé.
  • peut : Est-il possible, est-il légitime.
  • parler : Faire usage d'une langue. Exprimer sa pensée.
  • art : 1) Au sens ancien, tout savoir-faire humain, toute pratique produisant un résultat non naturel (artificiel). 2) Au sens esthétique moderne, production ou création d'oeuvres destinées à plaire (beaux-arts), c'est-à-dire à susciter par leur aspect, une appréciation esthétique positive.

Extrait du corrigé : La couleur est la touche. L'oeil est le marteau. L'âme est le piano aux cordes nombreuses. L'artiste est la main qui, par l'usage convenable de telle ou telle touche, met l'âme humaine en vibration. Il est donc clair que l'harmonie des couleurs doit reposer uniquement sur le principe de l'entrée en contact efficace avec l'âme humaine. Cette base sera définie comme le principe de la nécessité intérieure. »   3) la gratuité de l'oeuvre d'art à l'épreuve.    Il évidemment facile de critiquer cet idée d'un art gratuit et formel qui finalement se dédouane de réfléchir sur l'évolution de la société, de prendre parti dans des débats et qui par conséquent se réduirait à une sorte de décoration, de fantaisie sans but. En vérité seule la part décorative de l'art, certains aspects de l'art seraient gratuits. Mais la vérité est plus compliquée.

	En quel sens peut-on parler de la gratuité de l'art?

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Définitions

  • sens : Du latin sensus, organe des sens, façon de sentir ou de penser . (a) Faculté d'éprouver des sensations d'un certain ordre (exemple : le sens du toucher). (b) Intelligence intuitive ou immédiate (exemple : le sens du commerce). (c) Intention de celui qui parle ou agit, signification des mots qu'on emploie. (d) Direction ou orientation d'un mouvement. (e) Bon sens : faculté de bien juger, de distinguer le vrai d'avec le faux (synonyme de raison chez Descartes). (f) Sens commun : ensemble d'opinions et de jugements reçus dans un milieu déterminé.
  • peut : Est-il possible, est-il légitime.
  • parler : Faire usage d'une langue. Exprimer sa pensée.
  • art : 1) Au sens ancien, tout savoir-faire humain, toute pratique produisant un résultat non naturel (artificiel). 2) Au sens esthétique moderne, production ou création d'oeuvres destinées à plaire (beaux-arts), c'est-à-dire à susciter par leur aspect, une appréciation esthétique positive.

Problématique

Que faut-il comprendre par gratuité en ce qui concerne les œuvres d’art ? En somme, les œuvres d’art n’aurait aucune raison d’exister, elles seraient là pour l’ornement, pour la décoration, elles seraient de l’ordre du superflu, de l’inutile, elles seraient comme un corps étranger au monde habituel des objets de la vie quotidienne, elles ne serviraient qu’au plaisir des sens, qu’à la satisfaction esthétique. Il faudra donc observer ce qui est à l’origine de ce sentiment de gratuité.

Textes / Ouvrages de référence

 

« Est beau l'objet d'une satisfaction désintéressée ».

 

La satisfaction est désintéressée, ce qui signifie que nous ne pouvons l'éprouver que si nous sommes dans un certain état d’esprit par rapport à l'objet. Kant ne veut pas dire que la beauté ne nous intéresse pas, que nous sommes indifférents mais que le plaisir esthétique naît lorsque nous n'avons pas le souci de l’utilité (celui qui va en mer dans le seul but de pêcher, qui porte sur elle un regard de technicien, n'éprouvera pas de plaisir esthétique), de l'agréable ( celui qui porte un regard lubrique sur un Nu, éprouve une satisfaction charnelle qui est d'un autre ordre que la satisfaction esthétique), du bien ( celui qui apprécie une œuvre engagée en raison de son caractère moral, éprouve une satisfaction morale qui n'est pas esthétique). Le beau n'est ni l'agréable ni le Bien. Certes une satisfaction peut être morale et esthétique, les deux ne s'excluent pas mais en tant qu'esthétique, elle n'est pas morale.  A l’encontre de Platon, Boileau, Hegel, Kant affirme que le beau n'est pas le vrai.  Mais il n'est pas non plus le pur sensible puisque le beau ne se réduit pas à l'agréable bien que satisfaction esthétique et sensuelle ne s'excluent pas.  Et de cela Hume ne peut rendre compte. De même qu'une œuvre d'art immorale peut être belle, de même, peut l'être une œuvre désagréable, qui nous déchire et bouleverse. Et inversement, une musique agréable (par les sonorités, le passé qu'elle évoque) n'est pas belle pour autant bien que nous ayons tendance à confondre beauté et agrément.  Par conséquent, le plaisir esthétique est le seul plaisir libre. Il n'est pas l'effet de la satisfaction de quelque chose, du besoin du corps ou d'une impératif de la raison.  Libre parce que désintéressé.

 



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